Le géant pétrolier saoudien Aramco a enregistré une hausse de **25,5 %** de son bénéfice net au premier trimestre 2026, selon BFM Business. Cette performance exceptionnelle s’explique principalement par la forte augmentation des prix du brut, elle-même liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent, référence mondiale, a dépassé les **100 dollars** en moyenne en mars, contre environ **70 dollars** avant le déclenchement du conflit, avec des pics à **120 dollars**.

Ce qu'il faut retenir

  • Bénéfice net en hausse de 25,5 % : passage de **95,68 milliards de rials** (25,51 milliards de dollars) au T1 2025 à **120,13 milliards de rials** (32,04 milliards de dollars) au T1 2026.
  • Prix du baril en forte hausse : moyenne de **100 dollars** en mars 2026 contre **70 dollars** avant la guerre, avec des pointes à **120 dollars**.
  • Blocage du détroit d’Ormuz : l’Iran a restreint le passage, perturbant **20 %** de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
  • Résilience d’Aramco : malgré les attaques, l’entreprise a maintenu ses livraisons grâce à son oléoduc est-ouest, limitant l’impact du choc énergétique.
  • Premier trimestre positif après douze consécutifs de recul : une inversion de tendance pour le groupe, l’un des plus valorisés au monde.

Dans un communiqué publié ce dimanche 10 mai 2026 à la Bourse saoudienne, Aramco précise que cette progression s’explique par « une augmentation des revenus et autres produits liés aux ventes, compensant partiellement la hausse des coûts d’exploitation ». Le groupe souligne également sa « forte résilience opérationnelle et une grande capacité d’adaptation dans un environnement géopolitique complexe ». Amin Nasser, PDG d’Aramco, se félicite de ces résultats dans un message adressé aux investisseurs.

Cette embellie intervient dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient. Depuis fin février 2026, les États-Unis et Israël mènent une guerre contre l’Iran, qui a riposté en bloquant le détroit d’Ormuz — une voie maritime par laquelle transite près d’un cinquième de la consommation mondiale d’hydrocarbures. Résultat : une chute brutale des approvisionnements et une flambée des prix. Le baril de Brent, qui valait en moyenne **70 dollars** avant le conflit, a atteint **100 dollars** en mars, avec des pics à **120 dollars**.

Aramco, fleuron de l’économie saoudienne et première entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière, a pu maintenir ses livraisons grâce à son oléoduc est-ouest. Cet oléoduc, qui relie les installations pétrolières du Golfe aux terminaux d’exportation sur la mer Rouge, s’est révélé « une artère vitale pour garantir la continuité de l’approvisionnement », selon Amin Nasser. Il a permis d’atténuer les effets du choc énergétique en évitant une rupture totale des exportations saoudiennes.

Cette performance marque un tournant après **douze trimestres consécutifs de recul** pour Aramco. Le groupe, détenu à plus de **98 %** par l’État saoudien, joue un rôle central dans le financement du programme de réformes Vision 2030, lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane pour diversifier l’économie saoudienne. Pourtant, malgré cette hausse de bénéfices, le royaume fait face à un déficit budgétaire de **126 milliards de rials** (33,6 milliards de dollars) pour le premier trimestre, selon le ministère saoudien des Finances. Les recettes du pays restent en effet largement dépendantes des exportations pétrolières, dont Aramco est le principal acteur.

La guerre a également touché d’autres infrastructures pétrolières dans la région. En Arabie saoudite, des installations ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles aux frappes américano-israéliennes. Le ministère saoudien de l’Énergie a indiqué en avril que l’oléoduc est-ouest avait été remis en service après les attaques, permettant de rétablir rapidement les exportations.

« Plus la perturbation se prolongera, plus les conséquences seront catastrophiques pour les marchés pétroliers mondiaux. Il est absolument crucial que le transport maritime reprenne dans le détroit d’Ormuz. »

Amin Nasser, PDG d’Aramco, début mars 2026

Depuis le **8 avril 2026**, un cessez-le-feu fragile est en vigueur, mais l’Arabie saoudite n’a signalé aucune nouvelle attaque depuis. Les États du Golfe, riches en hydrocarbures, restent sous haute tension en raison de la volatilité des prix et des risques géopolitiques persistants.

La hausse des bénéfices d’Aramco s’inscrit dans un contexte plus large de flambée des profits pour les compagnies pétrolières. En Europe, TotalEnergies a ainsi annoncé fin avril une augmentation de **51 %** de son bénéfice net au premier trimestre 2026, profitant de la volatilité des cours. De son côté, l’Opep+ — composée de l’Arabie saoudite, de la Russie et cinq autres pays — a décidé début mai d’augmenter ses quotas de production de **188 000 barils par jour** pour juin, une mesure visant à stabiliser le marché malgré les perturbations.

Et maintenant ?

La situation reste incertaine. La réouverture du détroit d’Ormuz et la stabilisation des prix du pétrole dépendront de l’évolution des négociations entre les parties en conflit. Si les tensions persistent, les prix pourraient continuer à fluctuer, avec des répercussions sur les économies mondiales. Les prochaines réunions de l’Opep+ et les annonces des pays producteurs seront à suivre de près, notamment pour évaluer l’impact sur les quotas de production et les volumes d’exportation.

En Arabie saoudite, le gouvernement pourrait ajuster ses dépenses publiques en fonction de l’évolution des recettes pétrolières. Le programme Vision 2030, qui vise à réduire la dépendance au pétrole, reste un objectif clé, mais sa mise en œuvre pourrait être ralentie par les tensions actuelles.

Dans ce contexte, les observateurs s’interrogent sur la capacité des marchés à absorber un nouveau choc énergétique. La résilience d’Aramco et de ses infrastructures sera un facteur déterminant pour éviter une crise d’approvisionnement à grande échelle.

Le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran a entraîné le blocage du détroit d’Ormuz, une route maritime stratégique pour le transport des hydrocarbures. Ce détroit voit transiter près de **20 %** de la consommation mondiale de pétrole. Son obstruction a provoqué une pénurie d’approvisionnement et une flambée des prix, le baril de Brent passant de **70 dollars** en moyenne avant la guerre à **100 dollars** en mars 2026, avec des pics à **120 dollars**. Les craintes d’une interruption durable des exportations ont amplifié la volatilité des marchés.

Aramco est le principal contributeur aux recettes de l’État saoudien, qui dépend encore à **plus de 70 %** de ses exportations pétrolières. Une hausse des bénéfices permet de financer une partie des dépenses publiques et le programme Vision 2030, visant à diversifier l’économie. Cependant, malgré cette performance, le royaume a enregistré un déficit de **33,6 milliards de dollars** au premier trimestre 2026, en raison notamment des dépenses liées au conflit et à la baisse des revenus non pétroliers.