Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, a reconnu jeudi son propre désarroi face à l'évolution de l'arbitrage vidéo dans le football, lors d'une intervention publique à Madrid. Selon RMC Sport, il a concédé : « Moi non plus je n’y comprends plus rien » concernant les interprétations divergentes des règles d'un match à l'autre depuis l'introduction de la VAR.
Ce qu'il faut retenir
- Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, a reconnu publiquement son incompréhension face aux incohérences de l'arbitrage vidéo (VAR).
- Il a pointé du doigt les interprétations variables des règles, notamment pour les fautes de main, jugées incompréhensibles par les supporters comme par lui-même.
- Ceferin a rappelé que la VAR doit uniquement intervenir en cas d'erreur « claire et manifeste », avec des vérifications rapides.
- Il a critiqué les arrêts de jeu prolongés en Liga ou en Premier League, évoquant des durées allant jusqu'à 10-15 minutes.
- Le dirigeant a souligné que les clubs européens sollicitent l'UEFA davantage pour contester des décisions que pour reconnaître ses erreurs.
L'arbitrage vidéo, un sujet toujours aussi clivant
Lors de la conférence « The Forum », organisée à Madrid par Apollo Sports Capital — nouvel actionnaire majoritaire de l’Atlético de Madrid — Aleksander Ceferin a livré une critique sans détour sur l'utilisation de la VAR. Selon ses propos rapportés par RMC Sport, les supporters ne sont pas les seuls à être perdus : « Parfois, les supporters ne peuvent pas comprendre les interprétations différentes des règles d’un match à l’autre, et je les comprends : moi non plus je n’y comprends plus rien. » Il a illustré son propos en prenant l’exemple des fautes de main, devenues un casse-tête pour les arbitres comme pour les observateurs.
Ceferin a également évoqué l’intentionnalité dans ces situations, soulignant l’absurdité de devoir déterminer si un joueur a délibérément touché le ballon : « Comment le savoir, tu n’es pas un psychiatre ! » a-t-il lancé, résumant ainsi l’absurdité perçue des critères actuels.
La VAR doit rester un outil d'appui, pas de substitution
Le président de l'UEFA a rappelé avec force que la VAR doit jouer un rôle strictement limité. « Ce que nous essayons d’expliquer aux arbitres, c’est que c’est l’arbitre sur le terrain qui décide. La VAR ne doit intervenir qu’en cas d’erreur claire et manifeste. » a-t-il indiqué. Il a dénoncé les dérives observées dans certains championnats, comme la Liga ou la Premier League, où les vérifications peuvent s’étendre sur des durées excessives, allant jusqu’à 10 ou 15 minutes. Pour Ceferin, ces excès nuisent au rythme du jeu et à la fluidité des rencontres.
Cette position s’inscrit dans une volonté affichée de recentrer l’arbitrage sur le jugement humain, tout en encadrant strictement l’intervention technologique. — L’UEFA cherche ainsi à éviter que la VAR ne devienne un outil de contestation permanente, transformant chaque décision en un débat sans fin.
Un appel à la responsabilité des clubs
Aleksander Ceferin a également pointé du doigt le comportement des clubs européens, qu’il accuse de solliciter l’instance dirigeante davantage pour contester des décisions que pour reconnaître les justesse des arbitres. « Les clubs européens ne nous appellent que pour se plaindre et jamais pour reconnaître une décision en leur faveur » a-t-il déploré. Pour le président de l'UEFA, cette attitude reflète une tendance à instrumentaliser les erreurs arbitrales plutôt qu’à accepter les aléas du sport.
Cette critique s’inscrit dans un contexte où la VAR, initialement présentée comme un progrès pour réduire les injustices, est désormais souvent perçue comme une source de nouvelles polémiques. Les exemples de décisions controversées — qu’il s’agisse de buts refusés, de penalties accordés ou non — alimentent régulièrement les débats parmi les supporters, les joueurs et les dirigeants.
Entre attentes des supporters et réalités techniques
Les attentes des supporters envers une technologie censée garantir une justice absolue se heurtent à la complexité des règles et à leur interprétation variable. Ceferin a reconnu que même les instances dirigeantes peinent à suivre l’évolution des critères, notamment pour les fautes de main, où la notion d’intentionnalité reste floue. — « Si c’est penalty ou pas, si c’est intentionnel ou pas… Personne n’y comprend rien », a-t-il résumé, illustrant l’ampleur du défi.
Cette situation pose la question plus large de la formation des arbitres et de la standardisation des critères d’intervention de la VAR. Pour l’UEFA, la solution passe par un strict respect des directives de l’IFAB, l’organisme qui définit les lois du jeu. Pourtant, malgré ces consignes, les écarts persistent entre les compétitions, selon les championnats et même les rencontres.
En attendant, les clubs et les supporters devront composer avec un système d’arbitrage vidéo toujours aussi imprévisible, où chaque décision continue de faire débat. Pour Aleksander Ceferin, une chose est sûre : la VAR doit rester un outil d’aide, pas une source de confusion supplémentaire.
La VAR a été introduite pour réduire les erreurs d’arbitrage, mais son utilisation a révélé des problèmes d’interprétation des règles et de durée des vérifications. Les critères, comme l’intentionnalité dans les fautes de main, restent flous et varient selon les compétitions, ce qui génère des décisions perçues comme injustes par les supporters et les acteurs du football.