La mission habitée Artémis II a marqué un nouveau chapitre de l’exploration lunaire dans la nuit du 1er au 2 avril 2026. Selon Numerama, le lanceur SLS (Space Launch System), qui transportait la capsule Orion, a quitté le sol américain depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, plus de cinquante ans après les dernières missions Apollo. Mais c’est depuis l’orbite géostationnaire, à près de 36 000 km d’altitude, qu’un satellite météorologique a capturé une vue inédite de ce décollage historique.

Ce qu'il faut retenir

  • Lancement historique : la fusée SLS a décollé dans la nuit du 1er au 2 avril 2026 pour lancer la mission Artémis II, première mission habitée vers la Lune depuis 1972.
  • Capture spatiale : le satellite GOES-19, positionné en orbite géostationnaire, a enregistré la traînée de vapeur d’eau générée par les moteurs RS-25 de la fusée.
  • Technologie GOES-19 : l’instrument Advanced Baseline Imager du satellite permet de balayer la Terre en haute résolution, avec une cadence pouvant atteindre une image toutes les 30 secondes pour suivre des événements rapides.
  • Signature hydrique : la combustion hydrogène-oxygène des moteurs a produit un panache de vapeur d’eau visible depuis l’espace, mis en évidence par le NWS Seattle en fausses couleurs.
  • Point de vue de l’ISS : l’équipage de la Station spatiale internationale, située au-dessus du Pacifique Nord au moment du décollage, n’a pu observer directement l’événement mais a repéré plus tard les vestiges de la traînée dans l’atmosphère.

Si les photographes au sol et les caméras embarquées sur la fusée ont fourni des images spectaculaires du décollage, c’est depuis l’espace que le spectacle prend une dimension particulière. Le satellite GOES-19, conçu initialement pour surveiller les phénomènes météorologiques extrêmes sur la côte est des États-Unis, a saisi une séquence rare : l’ascension fulgurante de la fusée SLS, visible sous la forme d’un long panache blanc se détachant dans le ciel.

Sur le réseau social X, le météorologiste Jonathan Belles, travaillant pour The Weather Channel, a partagé un clip montrant cette trace fugace. À 35 786 km de distance, le lanceur lui-même n’est pas identifiable, mais l’empreinte de son passage reste nette. L’instrumentation du satellite GOES-19, contrairement à une caméra classique, ne filme pas en continu mais balaie la surface terrestre. Son objectif principal, l’Advanced Baseline Imager, fonctionne en mode balayage, prenant des images par intervalles pour une haute résolution.

En temps normal, GOES-19 met entre 10 et 15 minutes pour scanner l’intégralité du disque terrestre. Cependant, un mode spécifique permet de cibler une zone restreinte — un carré de 1 000 km de côté — avec une cadence accélérée. Ce mode, habituellement utilisé pour suivre des ouragans ou des tornades, offre une image toutes les 60 ou 30 secondes, idéal pour capter un événement aussi bref qu’un décollage de fusée.

Malgré cette fréquence élevée, la vitesse d’ascension de la fusée SLS est telle que GOES-19 ne parvient à figer que quelques instants de ce vol historique. Assemblées, ces images composent un timelapse saccadé, mais spectaculaire, qui témoigne de l’ampleur de l’exploit technique. Le NWS Seattle a également partagé une visualisation en fausses couleurs, mettant en lumière la présence de vapeur d’eau. « Ne clignez pas des yeux », a-t-il indiqué en commentant la séquence, avant d’expliquer que la trace visible n’est pas un éclair mais bien le résultat de la combustion des moteurs RS-25.

« Ne clignez pas des yeux. »
NWS Seattle

L’étage principal de la fusée SLS utilise en effet un mélange d’hydrogène et d’oxygène liquides. Lors de la combustion, ces éléments produisent de la vapeur d’eau surchauffée, expulsée en quantité massive dans l’atmosphère. C’est cette signature hydrique, visible depuis l’espace, qui a permis aux satellites d’enregistrer le passage du lanceur.

Côté observation depuis l’orbite basse, l’équipage de la Station spatiale internationale (ISS) n’a pas pu assister directement au décollage. Comme l’a précisé Christopher Williams, astronaute et photographe présent à bord, l’ISS survolait alors l’océan Pacifique Nord. « Environ une demi-heure plus tard, alors que nous orbitions à quelques centaines de kilomètres de la Floride, j’ai pu apercevoir les vestiges de la traînée laissée par la fusée en traversant l’atmosphère ! Vous pouvez voir l’effet du vent à différentes altitudes. »

Cette mission Artémis II s’inscrit dans le cadre du programme lunaire de la NASA, qui vise à renvoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2026. Le décollage de la fusée SLS, le plus puissant lanceur jamais construit par l’agence spatiale américaine, marque une étape clé vers cet objectif. La mission doit permettre de tester les systèmes de navigation, de communication et de survie en vue des futures expéditions habitées, dont le retour sur la surface lunaire prévu avec Artémis III.

Les images capturées par GOES-19 illustrent ainsi non seulement l’exploit technologique du lancement, mais aussi l’importance des satellites d’observation dans le suivi des missions spatiales. Leur capacité à fournir des données en temps quasi réel, même depuis des orbites éloignées, ouvre de nouvelles perspectives pour le suivi des activités aérospatiales.

Et maintenant ?

La mission Artémis II doit durer environ dix jours, au cours desquels l’équipage — composé de quatre astronautes — effectuera un survol de la Lune avant de revenir sur Terre. Si le décollage s’est déroulé sans encombre, les prochaines étapes consisteront à valider les systèmes de la capsule Orion et à préparer les prochaines missions habitées. Le programme lunaire de la NASA pourrait ainsi entrer dans une phase opérationnelle d’ici la fin de la décennie, avec un retour d’astronautes sur le sol lunaire dès 2026 ou 2027. En attendant, les données collectées lors de ce vol, y compris les observations des satellites comme GOES-19, contribueront à affiner les préparatifs des missions futures.

Quant aux images du décollage, elles devraient être analysées par les équipes scientifiques pour améliorer les modèles de prévision des panaches de vapeur d’eau générés par les lanceurs. Une avancée qui pourrait également servir aux études environnementales, en permettant de mieux comprendre l’impact des activités spatiales sur l’atmosphère terrestre.

Pour ne rien manquer des prochaines étapes de la mission Artémis II, les observateurs pourront suivre les communications de la NASA et des partenaires internationaux, ainsi que les analyses des images satellites qui devraient continuer à alimenter les débats sur l’avenir de l’exploration spatiale.

La traînée visible depuis les satellites GOES-19 et NWS Seattle est composée de vapeur d’eau. Celle-ci est produite par la combustion des moteurs RS-25 de la fusée SLS, qui utilisent un mélange d’hydrogène et d’oxygène liquides. Cette vapeur d’eau, expulsée à haute altitude, crée une signature hydrique distincte, observable en imagerie météo et en fausses couleurs.

GOES-19 est principalement conçu pour surveiller les phénomènes météorologiques extrêmes sur la côte est des États-Unis. Cependant, ses instruments permettent également de suivre des événements ponctuels, comme un décollage de fusée, grâce à un mode de balayage rapide. Ce satellite fournit des images toutes les 30 à 60 secondes dans une zone ciblée, offrant une couverture en temps quasi réel.