L’agence spatiale américaine a officiellement présenté ce mardi 9 juin 2026 les quatre astronautes qui prendront part à la mission Artémis III, prévue pour 2027. Selon Numerama, cet équipage, composé de trois Américains et d’un Italien de l’Agence spatiale européenne (ESA), aura pour mission principale de valider en conditions réelles les systèmes d’alunissage développés par les partenaires privés, avant leur utilisation effective lors des futures missions lunaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre astronautes ont été sélectionnés pour Artémis III : trois Américains et un Européen (ESA), dont le premier astronaute non américain à piloter une mission du programme lunaire de la NASA.
  • Contrairement aux objectifs initiaux, Artémis III ne se rendra pas sur la Lune, mais testera en orbite terrestre basse les véhicules d’alunissage comme le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin.
  • Le décollage est prévu pour 2027, sous réserve de l’achèvement des tests et de l’absence de retard dans le programme.
  • Cette mission rappelle la stratégie prudente adoptée lors d’Apollo 9, qui avait servi de répétition générale avant l’alunissage d’Apollo 11 en 1969.
  • L’équipage ne compte aucune femme, une première dans le cadre du programme Artémis, après la parité observée lors d’Artémis II en 2026.

Un équipage expérimenté pour une mission inédite

Le commandant de bord est Randolph J. Bresnik, un colonel à la retraite du Corps des Marines américain, âgé de 59 ans. Ce vétéran de la NASA, déjà deux fois dans l’espace — notamment à bord de la navette Atlantis en 2009 et comme commandant de l’ISS en 2017 — apportera son expertise en matière de pilotage et de gestion de missions complexes. Selon les informations de Numerama, Bresnik a été choisi pour sa capacité à diriger une équipe dans un environnement où chaque manœuvre, comme l’amarrage avec les futurs atterrisseurs, sera cruciale.

Le pilote de la mission, Luca Parmitano, est le premier astronaute européen à intégrer le programme Artémis. Ce colonel de l’armée de l’air italienne, vétéran de deux missions à bord de l’ISS (2013 et 2019), totalise 366 jours en orbite et six sorties extravéhiculaires. Son profil, marqué par une expérience opérationnelle et technique, en fait un atout majeur pour cette mission de test. « C’est un choix doublement historique, a souligné Numerama, car il est le premier non-Américain à piloter un véhicule du programme lunaire de la NASA. »

Deux spécialistes de mission aux profils complémentaires

Les deux autres membres de l’équipage sont Andre Douglas et Frank Rubio. Douglas, ingénieur en systèmes maritimes et ancien officier de l’US Coast Guard, n’a encore jamais volé dans l’espace. Cependant, il a été la doublure officielle de l’équipage d’Artémis II, une tradition spatiale qui lui a valu sa titularisation pour Artémis III. Son rôle consistera à participer aux tests des systèmes de survie et des nouvelles combinaisons spatiales.

Frank Rubio, médecin et pilote d’hélicoptère de combat de l’US Army, détient quant à lui le record américain du plus long vol spatial consécutif, avec 371 jours passés à bord de l’ISS en 2022-2023. Cette expérience sera déterminante pour évaluer la résistance du corps humain dans les futurs modules d’alunissage, où les conditions de vie seront exigeantes. « Son expertise en médecine spatiale et en endurance physique sera un atout inestimable », a indiqué Numerama.

Une mission repensée pour tester les technologies avant l’alunissage

Artémis III marque un tournant dans la stratégie de la NASA. Initialement prévue pour un alunissage direct, la mission a été recentrée sur une répétition générale en orbite terrestre basse, à environ 450 km d’altitude. L’objectif ? Valider les systèmes d’amarrage et de transfert entre le vaisseau Orion et les atterrisseurs lunaires développés par SpaceX (Starship HLS) et Blue Origin (Blue Moon). Ces tests incluront également les procédures de communication, les combinaisons spatiales et les systèmes de survie, autant d’éléments critiques pour les futures missions lunaires.

Selon Numerama, cette approche s’inspire directement d’Apollo 9, qui avait servi de banc d’essai pour le module lunaire avant la mission historique d’Apollo 11. « Artémis III applique la même règle de prudence : mieux vaut tester les technologies en conditions réelles avant de s’engager dans une mission plus risquée », a expliqué un porte-parole de la NASA cité par Numerama. Le décollage est programmé pour 2027, mais son succès dépendra de la disponibilité des atterrisseurs et de l’absence de nouveaux retards dans le programme.

Un signal fort en faveur de la coopération internationale

La présence de Luca Parmitano au sein de l’équipage d’Artémis III envoie un message politique et technique fort. Elle confirme le rôle croissant de l’Europe dans l’exploration spatiale, notamment à travers son implication dans le développement des modules de descente et de la capsule Orion. « L’ESA est désormais un partenaire incontournable du programme lunaire américain, a souligné Numerama. Ce choix marque une étape symbolique, alors que l’Europe renforce sa position dans le secteur spatial, en parallèle des ambitions chinoises et russes. »

Cette coopération s’étend également aux acteurs privés, comme SpaceX et Blue Origin, dont les véhicules seront testés lors de la mission. Numerama rappelle que la NASA a dû revoir ses plans initiaux en raison de retards accumulés, tant du côté des partenaires institutionnels que des industriels. « Artémis III est le reflet d’une architecture spatiale en pleine mutation, où les frontières entre public et privé s’estompent », a commenté un expert cité par Numerama.

Et maintenant ?

Si Artémis III se déroule comme prévu, la NASA pourrait se tourner vers son objectif suivant : Artémis IV, actuellement annoncée pour 2028. Cette mission devrait enfin permettre à des astronautes de fouler à nouveau le sol lunaire, plus de cinquante ans après Apollo 11. En attendant, l’agence spatiale et ses partenaires devront finaliser les préparatifs, notamment les tests des atterrisseurs et la certification des nouveaux équipements. Le calendrier reste serré, mais les enjeux — technologiques, scientifiques et géopolitiques — sont immenses.

Pour l’heure, la communauté spatiale internationale attend avec impatience les résultats des tests en orbite, qui conditionneront la suite du programme. Comme le rappelle Numerama, « chaque détail compte, car Artémis III pourrait bien être le dernier rempart avant le grand saut vers la Lune. »

La mission a été recentrée sur une répétition générale en orbite terrestre basse pour valider les technologies des atterrisseurs lunaires développés par SpaceX et Blue Origin. Cette approche prudente, similaire à celle d’Apollo 9, permet de tester les systèmes en conditions réelles avant un alunissage, prévu à partir d’Artémis IV en 2028.