Près de 10 millions de Français souffrent d’arthrose, une pathologie dégénérative des articulations souvent aggravée par certains aliments. Selon Top Santé, l’alimentation joue un rôle clé dans l’intensité des douleurs, et certains produits, malgré leur apparente innocuité, pourraient accentuer les symptômes.

Ce qu'il faut retenir

  • 10 millions de Français sont concernés par l’arthrose, une maladie qui touche principalement les articulations des genoux, des hanches et des mains.
  • Les spécialistes de Top Santé identifient plusieurs catégories d’aliments à limiter pour éviter une aggravation des douleurs articulaires.
  • Les produits transformés, les viandes rouges et certains acides gras saturés figurent parmi les principaux ennemis des articulations.

Les aliments ultra-transformés, ennemis silencieux des articulations

D’après Top Santé, les produits ultra-transformés — plats préparés, viennoiseries, biscuits industriels — sont particulièrement pointés du doigt. Ces denrées, riches en additifs, en sucres raffinés et en graisses hydrogénées, favorisent l’inflammation des tissus articulaires. « Leur consommation régulière peut exacerber les douleurs chez les personnes arthrosiques », explique le Dr Jean-Martin Wendling, rhumatologue interrogé par Top Santé.

Une étude publiée dans la revue *Annals of the Rheumatic Diseases* avait déjà mis en évidence un lien entre une alimentation riche en produits transformés et une augmentation des marqueurs inflammatoires dans le sang. Autant dire que pour les patients souffrant d’arthrose, la réduction de ces produits pourrait s’avérer bénéfique.

Viandes rouges et acides gras saturés : un duo à surveiller

Top Santé souligne également le rôle néfaste des viandes rouges — bœuf, agneau, porc — et des charcuteries. Ces aliments, riches en acides gras saturés, contribuent à la production de molécules pro-inflammatoires dans l’organisme. « Une consommation excessive de viandes rouges peut accélérer la dégradation du cartilage », précise le nutritionniste interrogé par le média.

Les graisses saturées, présentes dans les produits laitiers entiers ou les fritures, sont également à limiter. Une méta-analyse de 2023, relayée par Top Santé, avait montré que les personnes réduisant leur apport en acides gras saturés voyaient une amélioration de leurs symptômes arthrosiques après seulement trois mois.

Les sucres ajoutés et les édulcorants artificiels dans le collimateur

Les sucres ajoutés, omniprésents dans les sodas, les bonbons ou les céréales du petit-déjeuner, sont une autre cible des spécialistes. « Ils favorisent la prise de poids, un facteur aggravant pour l’arthrose, notamment au niveau des genoux », indique Top Santé. Les édulcorants artificiels, bien que moins caloriques, pourraient aussi perturber le microbiote intestinal et indirectement influencer l’inflammation.

Une enquête de l’Inserm avait révélé que les personnes consommant plus de 50 grammes de sucres ajoutés par jour avaient un risque accru de développer une arthrose symptomatique. Un chiffre qui incite à la prudence, surtout pour les patients déjà diagnostiqués.

Les aliments à privilégier pour un soulagement naturel

À l’inverse, Top Santé rappelle que certains aliments peuvent aider à atténuer les douleurs. Les poissons gras — saumon, maquereau, sardines — riches en oméga-3, sont reconnus pour leurs propriétés anti-inflammatoires. « Une portion de poisson gras deux fois par semaine peut réduire significativement les douleurs articulaires », précise le média. Les légumes verts, les noix et les huiles végétales non raffinées (colza, olive) sont également recommandés.

Un régime méditerranéen, combinant ces aliments, est souvent cité comme une piste sérieuse pour limiter la progression de l’arthrose. Une étude clinique menée en 2024 avait confirmé une baisse de 30 % des douleurs chez les patients suivant ce type d’alimentation pendant six mois.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient concerner le développement de guides nutritionnels spécifiques pour les patients arthrosiques. La Société française de rhumatologie (SFR) devrait publier d’ici fin 2026 des recommandations actualisées sur l’alimentation et l’arthrose. En attendant, les spécialistes conseillent de consulter un nutritionniste pour un suivi personnalisé, surtout en cas de douleurs persistantes.

Pour ceux qui souhaitent agir dès maintenant, Top Santé suggère de tenir un journal alimentaire pendant deux semaines afin d’identifier d’éventuels liens entre certains aliments et l’aggravation des symptômes.

Non, il n’est pas nécessaire d’éliminer complètement les viandes rouges, mais une réduction de la consommation à une à deux fois par semaine est recommandée. L’objectif est de limiter les apports en acides gras saturés, tout en maintenant un équilibre alimentaire.