Avec près de 56 millions de contrats d’assurance vie détenus par seulement 19 millions d’épargnants en France, cet outil d’épargne séduit par sa flexibilité. Selon Capital, cette popularité s’explique notamment par la possibilité d’ouvrir plusieurs contrats, contrairement au Plan d’Épargne en Actions (PEA), limité à un seul par personne. Une liberté qui permet aux Français de diversifier leurs placements, d’optimiser leur fiscalité et de mieux préparer leur succession.
Ce qu'il faut retenir
- 56 millions de contrats pour 19 millions de détenteurs en France, selon Capital.
- Contrairement au PEA, l’assurance vie n’a aucune limite légale sur le nombre de contrats par personne.
- Les rendements des fonds en euros varient de moins de 2 % à plus de 3 % en 2024.
- Plusieurs contrats facilitent la transmission du patrimoine et réduisent les conflits successoraux.
- La fiscalité avantageuse des retraits et la protection des fonds en cas de faillite d’assureur sont des atouts majeurs.
Une liberté sans équivalent : plusieurs contrats pour une gestion sur mesure
Contrairement au PEA, encadré par la loi à un seul contrat par épargnant, l’assurance vie offre une latitude totale. « On peut ouvrir autant de contrats que l’on souhaite, chez un même assureur ou auprès de plusieurs compagnies », rappelle Capital. Cette souplesse répond à une logique de diversification : certains épargnants préfèrent répartir leur épargne pour éviter de dépendre d’un seul établissement ou d’une stratégie d’investissement unique. Une approche qui s’est imposée avec le temps, comme en témoignent les chiffres : 56 millions de contrats pour 19 millions de détenteurs, selon les données du site spécialisé Le Revenu.
Cette multiplication des contrats répond aussi à des objectifs variés. Certains y voient un moyen d’accéder à des rendements plus élevés, tandis que d’autres cherchent à simplifier la transmission de leur patrimoine. « J’ai tout misé sur un seul contrat pourtant réputé à l’époque. Aujourd’hui, je le regrette. Le rendement du fonds en euros est décevant », confie un épargnant cité par Capital. Un témoignage qui illustre les limites d’une concentration des placements sur un seul support.
Diversifier les rendements et les supports d’investissement
Les fonds en euros, piliers de l’assurance vie, affichent des performances inégales. En 2024, leur rendement moyen s’établissait à 2,6 % nets de frais de gestion, mais certains contrats dépassaient 3 %, tandis que d’autres restaient sous la barre des 2 %. « Détenir plusieurs assurances vie permet de répartir les risques et de profiter des opportunités offertes par chaque contrat », explique Capital. Par exemple, un contrat peut se spécialiser dans les actions via des ETF, tandis qu’un autre privilégiera l’immobilier via des SCPI ou des fonds dédiés.
Cette stratégie de diversification ne se limite pas aux fonds en euros. Les unités de compte, plus risquées mais potentiellement plus rentables, deviennent accessibles selon les spécificités de chaque contrat. Une façon de ne pas mettre « tous ses œufs dans le même panier », comme le soulignent les conseillers en gestion de patrimoine. Autant dire que la multiplication des contrats s’inscrit dans une logique de gestion active et adaptée à chaque profil d’épargnant.
Une gestion successorale simplifiée et moins conflictuelle
L’assurance vie est souvent plébiscitée pour sa fiscalité avantageuse en cas de transmission. Elle permet aussi une organisation plus claire de la succession. « Certains épargnants choisissent de dédier un contrat à leur conjoint, un autre à leurs enfants et un troisième à leurs petits-enfants », détaille Capital. Cette répartition a plusieurs avantages : elle simplifie la rédaction des clauses bénéficiaires et évite que les héritiers ne découvrent par hasard les montants transmis aux autres bénéficiaires.
Bref, en séparant les contrats selon les bénéficiaires, on limite les risques de contentieux familial. Un atout non négligeable dans un contexte où les conflits successoraux peuvent rapidement s’envenimer. Selon les notaires, cette pratique gagne en popularité, notamment parmi les familles soucieuses de préserver l’harmonie après leur décès. Une approche qui s’ajoute aux avantages fiscaux de l’assurance vie, déjà bien connus des épargnants.
Optimiser sa fiscalité en jouant sur les retraits et les âges de versement
La fiscalité de l’assurance vie est l’un de ses principaux attraits. Contrairement à d’autres placements, seuls les gains contenus dans les sommes retirées sont imposés. « Avec plusieurs contrats, l’épargnant peut choisir de piocher dans celui qui a le moins progressé pour limiter l’impôt », précise Capital. Une stratégie qui permet de réduire l’assiette taxable en étalant les retraits sur plusieurs années ou en ciblant les contrats les moins performants.
Autre levier fiscal : l’ouverture d’un nouveau contrat après 70 ans. « Cela permet de clarifier la distinction entre les versements effectués avant et après cet âge, soumis à des règles successorales différentes », indique Capital. Après 70 ans, les versements bénéficient d’un abattement de 30 500 € par bénéficiaire, tandis que les gains sont taxés à 20 % ou 31,25 % selon les cas. Une nuance qui peut faire la différence pour les gros patrimoines. Enfin, répartir son épargne entre plusieurs assureurs renforce sa protection : le Fonds de garantie des assurances couvre jusqu’à 70 000 € par compagnie et par personne en cas de défaillance, une sécurité jugée rassurante malgré la rareté des faillites en France.
Un outil polyvalent, mais à manier avec précaution
Malgré ses nombreux atouts, l’assurance vie n’est pas un placement anodin. Sa complexité, notamment en matière de gestion et de fiscalité, exige une bonne compréhension des mécanismes en jeu. Capital rappelle que « certains épargnants sous-estiment les frais de gestion ou les différences de rendement entre les contrats ». Une vigilance accrue s’impose donc, surtout pour les néophytes.
Les assureurs et les banques multiplient les offres, avec des contrats aux frais variables et des supports d’investissement de plus en plus sophistiqués. Dans ce paysage, comparer les propositions devient une étape incontournable. Les comparateurs en ligne, comme celui proposé par notre partenaire Panorabanque, permettent d’évaluer les performances, les frais et les garanties de chaque contrat en quelques clics. Une démarche essentielle pour éviter les mauvaises surprises et tirer pleinement profit des avantages de l’assurance vie.
Enfin, l’assurance vie reste un pilier de la préparation à la retraite et de la transmission du patrimoine. Avec l’allongement de l’espérance de vie et la complexité des règles successorales, sa flexibilité en fait un outil adapté aux enjeux actuels. Reste à chaque épargnant à définir une stratégie sur mesure, en fonction de ses objectifs et de sa situation familiale.
À l’heure où les Français cherchent à sécuriser leur épargne tout en la faisant fructifier, l’assurance vie confirme son statut de valeur sûre. Une certitude qui explique pourquoi, malgré les évolutions législatives et économiques, elle continue de séduire autant de ménages.
Non. Le PEA est strictement limité à un seul contrat par personne, tandis que l’assurance vie n’a aucune restriction légale. Cependant, ouvrir trop de contrats peut complexifier la gestion et augmenter les frais, ce qui doit être évalué au cas par cas.
Le Fonds de garantie des assurances couvre jusqu’à 70 000 € par compagnie et par personne en cas de défaillance de l’assureur. Cette protection s’applique à l’ensemble des contrats détenus chez un même assureur.