Dans un environnement de marchés volatils et de normalisation attendue des taux, les épargnants cherchent à concilier sécurité et performance pour leurs contrats d’assurance vie. Selon Capital, les contrats les plus récents proposent désormais des outils adaptés pour y parvenir, combinant fonds en euros, ETF et actifs non cotés.

Ce qu'il faut retenir

  • Une stratégie en trois volets – fonds en euros, ETF et actifs non cotés – permet de sécuriser le capital tout en boostant les rendements.
  • Les ETF offrent des frais réduits et une performance supérieure aux fonds actifs sur le long terme.
  • Certains assureurs bonifient le rendement du fonds en euros jusqu’à 5 % nets selon la part d’unités de compte détenues.
  • Les actifs non cotés (private equity, dette privée) apportent une diversification et une résilience accrues face aux incertitudes géopolitiques.
  • La diversification dans le temps par versements programmés et rééquilibrages réguliers limite les risques.

Une allocation tripartite pour allier sécurité et performance

Benjamin Prod’homme, associé gérant chez Cézembre Capital, recommande une approche structurée en trois briques pour optimiser un contrat d’assurance vie. « La bonne stratégie consiste à articuler trois leviers : un socle de fonds en euros renforcé par un taux d’unités de compte suffisant, une poche d’ETF diversifiés pour capter la performance des marchés cotés à moindre coût, et une exposition aux actifs non cotés afin de dégager un rendement supplémentaire », explique-t-il. Cette combinaison permet de sécuriser le capital tout en dynamisant la performance globale du contrat sur la durée.

Cette méthode repose sur l’équilibre entre stabilité et croissance. Le fonds en euros sert de filet de sécurité, tandis que les ETF et les actifs alternatifs apportent un potentiel de rendement supérieur, surtout en période de taux bas ou de volatilité élevée. « Autant dire que cette répartition réduit la dépendance aux fluctuations des marchés actions et obligations », précise l’expert.

Les ETF, un outil incontournable pour des rendements optimisés

Les ETF (fonds indiciels cotés) occupent une place centrale dans cette stratégie. « Avec des frais de gestion souvent dix fois inférieurs à ceux des fonds actifs et des performances qui, sur le long terme, surpassent la majorité des gérants traditionnels, les ETF sont devenus un pilier pour construire un portefeuille efficient », souligne Benjamin Prod’homme. Leur atout principal réside dans leur transparence, leur liquidité et leur capacité à répliquer fidèlement un indice de référence.

Pour en tirer pleinement profit, il est conseillé de privilégier des ETF larges, liquides et répliqués physiquement. « Moduler les poches actions et obligations selon sa tolérance au risque et son horizon d’investissement permet d’adapter le portefeuille à son profil », ajoute-t-il. Cette flexibilité est essentielle pour lisser les à-coups des marchés et éviter les décisions impulsives en période de turbulence.

Les actifs non cotés, un levier de diversification et de résilience

Côté private equity, dette privée ou infrastructures, ces classes d’actifs non cotés offrent une exposition à des rendements décorrélés des marchés financiers traditionnels. « Ces contrats permettent à l’épargnant de capter des sources de performance moins sensibles aux aléas des marchés cotés », indique Benjamin Prod’homme. Dans un contexte géopolitique incertain, où les tensions commerciales et les crises économiques se succèdent, cette diversification s’avère un atout majeur pour préserver son capital.

Cependant, leur liquidité réduite impose une sélection rigoureuse et une approche progressive. « Il est préférable de choisir des fonds éligibles assurance vie, échelonnés dans le temps, et d’accepter une illiquidité temporaire en contrepartie d’un rendement potentiellement supérieur », recommande l’associé gérant. Ces actifs, bien que volatils à court terme, peuvent générer des performances attractives sur des horizons de cinq à dix ans.

Quand les unités de compte boostent le rendement du fonds en euros

Une particularité souvent méconnue des épargnants mérite d’être soulignée : la part d’unités de compte dans un contrat peut directement améliorer le rendement du fonds en euros. « Beaucoup ignorent que la part d’UC dans leur contrat n’améliore pas seulement la performance globale, elle dope également le taux servi par le fonds en euros », observe Benjamin Prod’homme. Certains assureurs appliquent en effet un système de bonification de rendement supplémentaire, pouvant aller jusqu’à doubler la rémunération du fonds en euros selon le niveau d’UC détenues.

« Certains contrats proposent des bonifications pouvant atteindre 5 % nets par an pour les épargnants détenant une part significative d’unités de compte », précise-t-il. Il est donc stratégique de viser le seuil déclenchant la meilleure bonification, tout en restant cohérent avec son profil de risque. Cette mécanique incentive les épargnants à diversifier leur allocation sans renoncer à la sécurité du fonds en euros.

Les bonnes pratiques pour limiter les risques et maximiser les gains

Pour finaliser cette stratégie, plusieurs vérifications s’imposent avant toute souscription ou arbitrage. Capital rappelle l’importance de comparer les frais, qu’ils soient liés à la gestion du contrat, aux ETF ou aux fonds non cotés. « Les coûts annexes peuvent grignoter une partie des rendements, d’où l’intérêt de privilégier les supports aux frais maîtrisés », insiste Benjamin Prod’homme.

Autre point clé : comprendre les conditions de bonification propres à son contrat. Chaque assureur applique des règles spécifiques, et il est essentiel de bien les identifier pour en tirer parti. Enfin, la diversification dans le temps – via des versements programmés et des rééquilibrages réguliers – permet de lisser les risques liés aux fluctuations des marchés. « C’est une façon de profiter des baisses pour acheter à bon prix, tout en réduisant l’impact émotionnel des variations de marché », conclut-il.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une normalisation progressive des taux d’intérêt, ce qui modifiera l’équilibre entre fonds en euros et unités de compte. Les épargnants devraient surveiller les annonces des assureurs concernant les bonifications et les nouvelles opportunités d’investissement dans les actifs non cotés. Une réévaluation semestrielle de son allocation pourrait s’avérer judicieuse pour s’adapter à l’évolution des marchés et des réglementations.

Cette stratégie en trois volets – fonds en euros, ETF et actifs non cotés – offre un cadre robuste pour concilier sécurité et performance. Reste à chaque épargnant à l’adapter à son profil de risque et à ses objectifs financiers.

La part minimale varie selon les assureurs, mais elle se situe généralement entre 20 % et 30 % des encours. Certains contrats proposent des seuils progressifs, avec des bonifications croissantes en fonction de l’augmentation de la part d’UC. Il est recommandé de consulter les conditions générales de son contrat ou de s’adresser à son conseiller pour connaître le seuil exact applicable.

Les ETF conviennent particulièrement aux épargnants recherchant une gestion passive, des frais réduits et une diversification large. Cependant, leur performance dépend de l’indice répliqué, et ils ne sont pas à l’abri des krachs boursiers. Pour les profils prudents, une allocation majoritaire en obligations via des ETF obligataires peut être une alternative. Il est conseillé de diversifier les classes d’actifs et de s’assurer que l’horizon d’investissement correspond à celui des marchés ciblés.