Depuis plusieurs semaines, l’offensive israélienne s’intensifie au Liban, malgré l’existence d’un cessez-le-feu censé être en vigueur. Selon RFI, le sud du pays, notamment les villes de Tyr et de Nabatiyeh, subit des pilonnages aériens répétés, provoquant un nouvel exode massif de la population civile. Pour la première fois depuis le début de ce conflit, les trois camps palestiniens de Tyr, abritant quelque 30 000 personnes, sont directement visés. Leur unique échappatoire réside désormais dans une seule structure : l’école de Sibline, gérée par l’UNRWA, l’agence de l’ONU dédiée aux réfugiés palestiniens.
Ce qu'il faut retenir
- L’aviation israélienne bombarde sans relâche le sud du Liban, malgré un cessez-le-feu en théorie en vigueur.
- Les villes de Tyr et Nabatiyeh sont particulièrement touchées, entraînant des déplacements massifs de populations.
- Pour la première fois, les trois camps palestiniens de Tyr sont la cible des frappes, poussant 30 000 personnes à fuir.
- L’école de Sibline, tenue par l’UNRWA, sert de refuge aux déplacés palestiniens, syriens et libanais.
- Cette situation illustre l’aggravation de la crise humanitaire dans la région.
Une escalade militaire qui force des milliers de personnes à quitter leur foyer
L’intensification des frappes israéliennes sur le sud du Liban, y compris sur des zones jusqu’alors épargnées, a plongé la région dans une nouvelle phase de crise. Selon des observateurs locaux cités par RFI, les raids aériens, particulièrement violents ces derniers jours, visent désormais des quartiers résidentiels densément peuplés. Les villes de Tyr et de Nabatiyeh, déjà meurtries par des années de tensions, subissent un exode sans précédent. « Les habitants n’ont plus d’autre choix que de fuir vers des zones moins exposées », explique un responsable municipal de Tyr, sous couvert d’anonymat.
L’école de Sibline, un havre de survie malgré des conditions précaires
Face à l’afflux massif de déplacés, l’école publique de Sibline, située dans la région du Chouf, est devenue le dernier recours pour des familles palestiniennes, syriennes et libanaises. Gérée par l’UNRWA, cette structure, initialement conçue pour accueillir des élèves, s’est transformée en un centre d’hébergement d’urgence. « Nous n’avions pas prévu d’accueillir autant de monde, mais les familles arrivent jour et nuit, souvent sans rien d’autre que les vêtements qu’elles portent », témoigne une enseignante de l’UNRWA. « On dort par terre, mais au moins, on est en sécurité. »
Selon les dernières estimations de l’UNRWA, plus de 1 500 personnes ont trouvé refuge dans l’établissement, qui ne dispose que de ressources limitées. Les stocks de nourriture et d’eau potable s’épuisent rapidement, tandis que les conditions sanitaires se dégradent. « Les enfants sont particulièrement vulnérables. Beaucoup souffrent de stress post-traumatique après avoir été témoins de scènes de violence », précise un volontaire de l’agence onusienne.
Un conflit qui dépasse les frontières traditionnelles des camps palestiniens
Jusqu’à présent, les camps palestiniens de Tyr, comme ceux de Bourj el-Barajneh ou de Rashidieh, étaient relativement épargnés par les frappes directes. Pourtant, depuis une semaine, l’aviation israélienne a ciblé à plusieurs reprises ces zones, officiellement pour « neutraliser des infrastructures utilisées par des groupes armés ». Un argument contesté par les autorités locales, qui dénoncent une escalade disproportionnée. « Ces frappes visent délibérément des zones civiles. Il n’y a plus de distinction entre un campement et une zone stratégique », s’insurge un militant des droits de l’homme basé à Beyrouth.
Le Liban, déjà en proie à une crise économique sans précédent, voit sa situation humanitaire se dégrader encore davantage. Selon les Nations unies, près de 200 000 personnes ont été déplacées depuis le début de l’année, en raison des combats et des frappes israéliennes. « On assiste à une fragmentation totale de la société libanaise. Les déplacés syriens, palestiniens et libanais se retrouvent mélangés, sans distinction », observe un analyste politique libanais.
De son côté, le gouvernement libanais, déjà en difficulté pour gérer la crise des déplacés syriens, appelle à une intervention rapide de la communauté internationale. « Le Liban ne peut pas porter seul le poids de cette crise », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous avons besoin d’une réponse coordonnée, sinon le pays risque l’effondrement social. »
L’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, est historiquement chargée de la gestion des camps de réfugiés palestiniens au Liban. Depuis des décennies, elle assure des services de base comme l’éducation, la santé et l’aide humanitaire. Avec l’aggravation du conflit, l’agence a vu son rôle évoluer : elle gère désormais des centres d’hébergement d’urgence pour tous les déplacés, quelle que soit leur origine.