Au Portugal, les équipes médicales d'urgence sont prêtes à décoller à tout moment. Selon Euronews FR, les hélicoptères de l'Institut national d'urgence médicale (INEM) interviennent en moyenne en trois minutes après une alerte, un délai qui fait la différence dans les zones isolées où chaque seconde compte.

Ce qu'il faut retenir

  • Les hélicoptères de l'INEM décollent en moins de trois minutes après une alerte, contre cinq minutes en moyenne.
  • Le dispositif est réparti sur quatre bases permanentes (Loulé, Évora, Viseu et Macedo de Cavaleiros) et couvre presque tout le territoire.
  • Depuis avril 2026, un cinquième hélicoptère a été intégré pour renforcer la flotte, portant l'investissement total à près de 50 millions d'euros.
  • Les appareils utilisés, des Airbus H145 D3, peuvent atterrir sur presque tous les types de terrain grâce à leurs patins.
  • En 2026, l'Heli Sul à Évora a déjà réalisé 230 missions, dont 160 interventions primaires.

Un système opérationnel 24h/24 pour des interventions rapides

Dès l'aube, les équipes de l'INEM et de Gulf Med Aviation Services, filiale de Medilink, sont en alerte sur les quatre bases permanentes du pays. Ces bases, situées à Loulé, Évora, Viseu et Macedo de Cavaleiros, permettent une couverture quasi totale du territoire portugais. Dès qu'une alerte est déclenchée, les hélicoptères décollent en un temps record, souvent avant même que les secours terrestres n'aient pu se mettre en route.

« Le temps de réponse en urgence médicale est le facteur déterminant du succès », souligne Hugo Chambel, directeur de Gulf Med Aviation Services pour la péninsule Ibérique. Selon ses propos rapportés par Euronews FR, le délai moyen entre l'alerte et le décollage est de trois minutes, un temps que l'équipe parvient même à réduire dans certains cas. Ce dispositif, opérationnel depuis juillet 2025, repose sur un partenariat entre Gulf Med et l'INEM.

Un contrat de 77,5 millions d'euros pour cinq ans de service

Initialement lancé dans le cadre d'une procédure de gré à gré pour un montant de quatre millions d'euros jusqu'en octobre 2025, le service a depuis été intégré à un contrat plus large issu d'un appel d'offres international. Ce contrat, d'une valeur de 77,5 millions d'euros sur cinq ans, est valable jusqu'à la mi-2030 et prévoit la disponibilité de quatre hélicoptères 24 heures sur 24. En avril 2026, un cinquième appareil a été ajouté pour renforcer la flotte, portant l'investissement global à près de 50 millions d'euros.

Cet hélicoptère supplémentaire joue un rôle de réserve, garantissant la continuité des opérations sur les quatre bases principales, notamment pendant les périodes de maintenance ou en cas de remplacement technique. « Nous avons voulu changer le paradigme des missions », explique Hugo Chambel. Désormais, plus de 70 % des missions réalisées sont des interventions primaires, contre des transports secondaires entre hôpitaux auparavant.

Des appareils polyvalents pour des interventions critiques

Les hélicoptères utilisés, des Airbus H145 D3, sont spécialement conçus pour les missions d'urgence médicale. Leur design, équipé de patins plutôt que de roues, leur permet de se poser sur presque tous les types de terrains : routes, exploitations agricoles ou zones côtières. « Ce sont des appareils excellents et équilibrés pour notre type de territoire », commente Hugo Chambel. Leur poids et leur capacité de charge sont parfaitement dimensionnés pour répondre aux besoins spécifiques des régions portugaises.

À l'intérieur, la cabine spacieuse et l'équipement médical de pointe permettent aux médecins et infirmiers d'intervenir immédiatement. « La mission se compose de plusieurs étapes », explique Leila Duarte, médecin de médecine interne et d'urgence à l'INEM. « Dès les premières informations, nous anticipons les scénarios possibles et préparons les interventions. Ensuite, nous évaluons, stabilisons le patient et décidons de l'hôpital de destination. Pendant le vol, nous assurons une surveillance constante et transmettons toutes les informations à l'établissement concerné. »

Des missions variées, des défis constants

Les missions des hélicoptères de l'INEM se divisent en deux catégories : les missions primaires, envoyées directement sur les lieux d'un incident, et les missions secondaires, programmées entre unités hospitalières. Le service assure également des transports d'organes et des transferts sous ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle) pour les patients critiques dépendants d'un support cardiopulmonaire mécanique avancé.

Cependant, la majorité des interventions restent des missions primaires, dont le nombre ne cesse d'augmenter. Depuis le début de l'année 2026, l'Heli Sul à Évora a déjà réalisé 230 missions, dont 160 interventions primaires. Ce chiffre illustre l'importance croissante du transport aérien dans la réponse aux urgences médicales, en particulier dans les régions intérieures du Portugal.

« Nous vérifions systématiquement les conditions météorologiques pour réagir rapidement. La nuit, c'est plus exigeant, mais nous parvenons en général à décoller en moins de cinq minutes. »
Craig Dewar, pilote au Service d'hélicoptères d'urgence médicale de l'INEM

Et maintenant ?

D'ici à la mi-2030, date de fin du contrat actuel, les équipes de Gulf Med et de l'INEM devraient continuer à optimiser leurs réponses. Un prochain appel d'offres pourrait être lancé pour renouveler le dispositif, avec une possible augmentation du nombre d'appareils ou une extension des zones couvertes. Par ailleurs, l'intégration de nouvelles technologies, comme des systèmes de navigation avancés ou des équipements médicaux encore plus performants, pourrait être envisagée pour réduire encore les temps de réponse. Reste à voir si ce modèle, salué pour son efficacité, sera étendu à d'autres régions d'Europe.

Si le Portugal sert aujourd'hui de référence en matière de secours médical aérien, l'enjeu reste de maintenir cette performance dans un contexte de contraintes budgétaires et opérationnelles. Pour l'instant, l'objectif reste inchangé : arriver vite et sauver des vies.

Les missions primaires sont déclenchées en réponse à des urgences vitales, comme des accidents de la route, des arrêts cardiaques en zone isolée ou des traumatismes graves. La décision est prise en coordination avec les centres de régulation médicale, qui évaluent la gravité de la situation avant d'envoyer les hélicoptères.

Les pilotes vérifient en temps réel les conditions météorologiques et adaptent leurs trajectoires en conséquence. La nuit, des facteurs comme l'éclairage des zones d'atterrissage ou la visibilité sont pris en compte pour garantir une intervention sécurisée, tout en maintenant un délai de réaction inférieur à cinq minutes.