C’est à Khartoum, capitale du Soudan, que les combats entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) ont éclaté en avril 2023, marquant le début d’un conflit qui vient d’entrer dans sa quatrième année. Comme le rapporte RFI, cette guerre pour le pouvoir a plongé la ville dans une crise humanitaire persistante, malgré le retrait des FSR il y a un an. Aujourd’hui, près de 1,5 million de déplacés sont rentrés à Khartoum, mais la capitale reste dévastée, privée d’eau, d’électricité et de médicaments. Dans ce contexte, certains habitants se tournent vers la musique et la poésie pour préserver leur équilibre mental.

Ce qu'il faut retenir

  • Les combats ont débuté à Khartoum en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR).
  • Les FSR ont occupé la capitale pendant deux ans avant d’être chassés en 2025 par l’armée régulière.
  • Près de 1,5 million de déplacés sont rentrés à Khartoum depuis leur départ, mais les conditions de vie restent précaires.
  • La ville souffre de pénuries d’eau, d’électricité et de médicaments, aggravant une crise humanitaire déjà profonde.
  • La musique et la poésie émergent comme des moyens pour les habitants de « rester sains d’esprit » face à l’adversité.

Une guerre qui a bouleversé la capitale soudanaise

Le conflit qui déchire le Soudan depuis trois ans a pris naissance dans les rues de Khartoum en avril 2023. L’affrontement opposait alors l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire dirigé par Mohamed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Ces deux factions se disputent le contrôle du pays, plongeant la nation dans une spirale de violences et de destructions.

Après deux années d’occupation par les FSR, les forces gouvernementales ont repris le contrôle de Khartoum en 2025, mettant fin à leur emprise sur la capitale. Pourtant, le retour à la normale reste hypothétique. Les infrastructures de la ville, déjà fragilisées, peinent à se relever. Les habitants, traumatisés par des années de combats urbains, doivent désormais composer avec des services publics défaillants.

Une crise humanitaire qui persiste malgré le départ des FSR

Malgré le retrait des Forces de soutien rapide, Khartoum n’a pas retrouvé son visage d’avant-guerre. Selon RFI, près de 1,5 million de déplacés ont choisi de revenir dans la capitale, mais les conditions de vie y sont toujours extrêmement difficiles. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins médicaux reste limité, voire inexistant dans certains quartiers. Les pénuries alimentaires et la dégradation des réseaux d’assainissement aggravent une situation déjà précaire.

Les infrastructures, endommagées par les combats, n’ont pas encore été entièrement reconstruites. Les hôpitaux, en particulier, manquent cruellement de médicaments et de personnel soignant, obligeant les habitants à se tourner vers des solutions alternatives pour se soigner. Dans ce contexte, les organisations humanitaires alertent sur le risque d’une aggravation de la crise sanitaire, notamment avec l’arrivée de la saison des pluies, propice aux épidémies.

La culture comme échappatoire face à la détresse

Face à l’ampleur des défis, certains habitants de Khartoum trouvent dans la musique et la poésie un moyen de préserver leur santé mentale. « La poésie est un de nos ressorts pour rester sains d’esprit », confie un poète local à RFI. Dans les ruelles dévastées ou les maisons encore debout, des ateliers culturels émergent, proposant des lectures de poèmes ou des concerts improvisés. Ces initiatives, bien que modestes, offrent un espace de respiration dans un quotidien marqué par la violence et la précarité.

Les associations locales, souvent soutenues par des ONG internationales, jouent un rôle clé dans la promotion de ces activités. Elles organisent des rencontres littéraires ou musicales, parfois dans des lieux inattendus, comme des écoles ou des centres communautaires encore debout. Ces initiatives, bien que limitées, montrent que la résilience culturelle peut être un outil de reconstruction, au même titre que les aides humanitaires.

Et maintenant ?

Alors que le Soudan entre dans sa quatrième année de guerre, la question de la reconstruction de Khartoum reste entière. Les autorités soudanaises, soutenues par des partenaires internationaux, promettent un plan de relance, mais son financement et son calendrier restent flous. Pour les habitants, la priorité est désormais de rétablir des services essentiels, comme l’accès à l’eau ou à l’électricité, avant de songer à une quelconque normalisation. Par ailleurs, la situation sécuritaire dans les régions voisines, notamment au Darfour, où les combats persistent, continue de peser sur la stabilité du pays.

La communauté internationale, notamment l’ONU et l’Union africaine, appelle à un cessez-le-feu durable et à une solution politique négociée. Cependant, les divisions entre les factions belligérantes rendent toute avancée incertaine. Dans l’immédiat, les habitants de Khartoum devront donc continuer à faire preuve de résilience, entre pénuries et espoirs ténus de reconstruction.

Selon les dernières estimations de l’ONU, plus de 15 000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre en avril 2023, et plus de 10 millions ont été déplacées à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. À Khartoum, les combats ont fait des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés, tout en détruisant une grande partie des infrastructures urbaines.