Plus de deux semaines après les tremblements de terre dévastateurs qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, provoquant près de 3 000 morts et laissant plus de 16 000 personnes sans logement, une armada de chiens de sauvetage est intervenue dans les zones sinistrées. Selon Le Figaro, plus de 120 animaux issus d’une douzaine de pays ont été déployés pour localiser d’éventuels survivants parmi les décombres de La Guaira, la région côtière la plus touchée par la catastrophe.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 120 chiens de recherche et sauvetage, issus de 12 pays différents, ont participé aux opérations à La Guaira au Venezuela.
- Ces animaux ont travaillé dans des conditions extrêmes, avec des températures élevées et des risques constants de blessures.
- Parmi les races représentées : labradors retriever, border collies, golden retrievers, bergers belges malinois et bergers allemands.
- Les chiens utilisent leur flair pour détecter les signes de présence humaine, comme la température corporelle ou le dioxyde de carbone expiré.
- Les opérations de secours se poursuivent dix jours après le séisme, avec des équipes brésiliennes et espagnoles encore actives.
Des chiens, outils indispensables dans les opérations de secours
Parmi les intervenants, Sisu, un labrador retriever marron, incarne le dévouement de ces animaux. Arrivé sur place avec son harnais noir, il a arpenté les ruines des immeubles effondrés avec une détermination sans faille. Comme l’explique Alexander Parada, membre du Florida Task Force 2 et guide de Sisu, « leur travail consiste à détecter où se trouvent des humains », en identifiant des indices comme la température, l’odeur corporelle ou encore le dioxyde de carbone exhalé par les victimes. « Ils font un travail que nous ne pouvons pas faire », ajoute-t-il.
Les chiens sont les premiers à intervenir dans les zones suspectées d’abriter des survivants. Leur rôle est crucial : une fois qu’un animal signale la présence d’un humain, un deuxième chien est envoyé pour confirmer la découverte. Ensuite, des outils technologiques comme les radars ou les caméras prennent le relais pour affiner la localisation. Cette méthode accélère considérablement les recherches, d’autant plus que les chances de retrouver des personnes en vie diminuent rapidement après les premières 72 heures.
Des héros à quatre pattes sous haute tension
Les chiens de sauvetage, habitués à travailler en équipes de 12 heures, ont dû faire face à des conditions particulièrement difficiles. À La Guaira, les températures élevées ont mis leur endurance à rude épreuve, certains animaux souffrant de déshydratation ou de lésions cutanées, comme des abrasions visibles sur le pelage de Sisu. Les décombres, formés par des murs effondrés, des colonnes brisées et des poutres tordues, ont représenté un terrain semé d’embûches. Certains chiens ont subi des blessures, des fractures, voire des séquelles émotionnelles après ces missions périlleuses.
Pour Sylvia Arango, responsable de Sisu et guide canine depuis 1998, « le risque fait partie du travail. Quand nous grimpons sur ces monceaux de décombres, nous ne sommes jamais sûrs de nous en tirer ». Pourtant, malgré ces dangers, ces animaux ont permis de sauver des vies. Piper, un autre labrador, a notamment contribué à sauver deux personnes au Venezuela. Autant dire que leur contribution est inestimable dans un contexte où l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise.
Des parcours inspirants et une présence réconfortante
Certains chiens ont marqué les esprits par leur histoire personnelle. C’est le cas de Tsunami, un border collie aux yeux vairons (un bleu et un marron), qui a su transformer son passé de victime de mauvais traitements en une mission de sauvetage. Son parcours a ému les Vénézuéliens, rappelant que ces animaux, souvent issus de refuges, deviennent des héros au service de l’humanité.
Au-delà de leur rôle opérationnel, ces chiens ont aussi apporté une lueur de réconfort dans l’épreuve. « C’est une situation tragique. Mais lorsqu’une personne qui souffre s’approche, nos chiens peuvent la faire sourire, et les enfants ont la possibilité de venir vers eux et de les caresser », confie Sylvia Arango. Elle ajoute : « C’est aussi l’occasion d’essayer, pendant un moment, de ne pas penser aux horreurs qu’ils sont en train de vivre, et simplement de recevoir l’amour d’un toutou heureux ».
Des races variées, toutes adaptées à la mission
Si la majorité des chiens déployés au Venezuela étaient des labradors retriever, d’autres races ont également été mobilisées. On a ainsi vu des golden retrievers, des bergers belges malinois, des bergers allemands et des border collies œuvrer aux côtés de leurs homologues. Selon Sylvia Arango, les qualités requises pour ces missions sont claires : « Beaucoup d’énergie, mais aussi la capacité d’évoluer sans peur dans des environnements instables ». Elle précise que « la force de caractère est essentielle. C’est comme quand on les emmène voir quelque chose d’étrange et qu’ils disent : oh !, puis qu’ils veulent aller l’examiner ». Pour elle, le sexe de l’animal n’a aucune importance dans ce travail.
Ces chiens, formés pour repérer des signes de vie humaine, représentent un atout majeur dans les opérations de secours. Leur flair et leur agilité leur permettent de couvrir rapidement de vastes zones, un avantage crucial lorsque chaque minute compte pour sauver des vies.
Ces animaux, véritables héros discrets, ont marqué l’histoire des secours au Venezuela. Leur intervention rappelle l’importance de la collaboration entre humains et animaux dans les situations de crise, un modèle qui pourrait inspirer d’autres pays confrontés à des catastrophes naturelles.
Les races les plus couramment utilisées sont les labradors retriever, les golden retrievers, les bergers belges malinois, les bergers allemands et les border collies. Ces chiens sont choisis pour leur flair, leur endurance, leur capacité à travailler dans des environnements instables et leur tempérament adapté aux situations stressantes.