Le tribunal de Senlis a condamné, ce lundi 31 août 2026, Azim Epsirkhanov à un an de prison ferme pour non-respect de son assignation à résidence. Selon Franceinfo – Faits divers, le jeune homme de 25 ans, originaire de Tchétchénie, avait été contrôlé vendredi 29 août sur le parking du parc d’attractions Astérix à Plailly (Oise), en violation des obligations qui lui étaient imposées.
Ce qu’il faut retenir
- Azim Epsirkhanov, 25 ans, a été condamné à un an de prison ferme pour avoir quitté les Hauts-de-Seine sans autorisation.
- Il avait fourni le couteau utilisé par Abdoullakh Anzorov pour assassiner Samuel Paty en octobre 2020.
- Condamné en mars 2026 à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, il purgeait une assignation à résidence dans l’attente de son expulsion du territoire.
- Il a été contrôlé sur le parking du Parc Astérix à Plailly (Oise), un lieu situé en dehors de la zone autorisée.
- Le parquet a souligné que le prévenu avait quitté à huit reprises le département des Hauts-de-Seine, « même la nuit ».
- Epsirkhanov a toujours nié connaître les projets d’Anzorov concernant Samuel Paty.
Un parcours judiciaire déjà lourd
Azim Epsirkhanov n’en est pas à sa première condamnation dans cette affaire. En première instance, en 2024, il avait écopé de 16 ans d’emprisonnement pour complicité d’assassinat terroriste. Sa peine avait ensuite été réduite et requalifiée en mars 2026 en sept ans de prison pour association de malfaiteurs, à l’issue de son procès en appel. Libéré en avril 2026 après avoir purgé une partie de sa peine, il était alors soumis à une assignation à résidence dans les Hauts-de-Seine, dans l’attente de son expulsion du territoire français.
Cette mesure lui interdisait de quitter le département. Pourtant, selon les éléments présentés par le parquet, il a été contrôlé à huit reprises en dehors des Hauts-de-Seine, y compris la nuit. Une mobilité qui a interrogé les magistrats, d’autant que les motifs de ses déplacements restaient flous.
Une version contestée par le prévenu
Lors de l’audience, Azim Epsirkhanov a assuré qu’il n’avait « jamais cherché à se soustraire » à son assignation. Il a invoqué une « incompréhension » et une « mauvaise lecture » de la décision préfectorale, affirmant n’avoir jamais compris que ses déplacements étaient limités au seul département des Hauts-de-Seine. « Je n’ai jamais cherché à me soustraire à cette mesure », a-t-il martelé, ajoutant qu’il aspirait « à reprendre une vie familiale et professionnelle ».
Pourtant, le substitut du procureur a rétorqué que ces déplacements répétés, y compris en pleine nuit, révélaient un « manque de sérieux » dans son respect des obligations. « Ce qui nous inquiète, au regard de la personnalité du prévenu, c’est de savoir ce qu’il pouvait bien faire au parc Astérix », a-t-il insisté, rappelant l’ancienneté de son casier judiciaire et la gravité des faits pour lesquels il avait été condamné.
« J’avais l’espoir qu’on allait traiter ce dossier comme n’importe quel dossier de non-respect d’assignation à résidence. »
Figen Aydin, avocate d’Azim Epsirkhanov
L’avocate a également exprimé son agacement face à la sévérité de la procédure, soulignant que son client n’avait jamais été impliqué dans les projets funestes d’Abdoullakh Anzorov concernant Samuel Paty.
Un contrôle qui relance les interrogations
Le contrôle d’Azim Epsirkhanov sur le parking du Parc Astérix a été effectué vendredi 29 août vers 15h30. Ce lieu, situé dans l’Oise, se trouve à plus de 50 kilomètres des Hauts-de-Seine, bien au-delà de la zone autorisée par son assignation à résidence. Les circonstances exactes de sa présence sur place restent floues, tout comme les motifs de ce déplacement.
Pour le parquet, cette infraction confirme un « comportement à risque » de la part du prévenu. « On ne peut exclure que ces déplacements aient servi à préparer une action ou à entrer en contact avec des individus dangereux », a laissé entendre le substitut du procureur, sans pour autant avancer d’éléments concrets étayant cette hypothèse. Le tribunal a finalement retenu la violation de l’assignation à résidence comme seule infraction, sans élargir à d’éventuelles nouvelles charges.
Une expulsion toujours en suspens
Parallèlement à cette condamnation, Azim Epsirkhanov a déposé une requête devant le tribunal administratif pour contester l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui lui avait été notifiée. Cette procédure, toujours en cours, pourrait retarder ou remettre en cause son expulsion, prévue initialement après la fin de sa peine.
En attendant, le jeune homme reste sous le coup d’une assignation à résidence, bien que cette mesure soit désormais assortie d’une peine de prison ferme. La question de son expulsion pourrait, à terme, être réexaminée par les autorités préfectorales, en fonction de l’évolution de sa situation judiciaire et administrative.
Cette affaire rappelle les tensions persistantes autour de la prise en charge des individus condamnés pour des faits liés au terrorisme, notamment lorsqu’ils sont en attente d’expulsion. Les autorités devront évaluer si cette condamnation renforce ou, au contraire, affaiblit les mesures de contrôle à leur égard. Dans tous les cas, la vigilance reste de mise, tant pour la sécurité publique que pour le respect des obligations judiciaires imposées aux prévenus.