Alors que le thermomètre s’affole en Île-de-France, les lycéens de Seine-Saint-Denis subissent des conditions de travail intenables pour passer leur baccalauréat. « On n’en peut plus », lance Lina, 18 ans, élève en terminale au lycée Eugène Hénaff à Bagnolet, où l’un des examens s’est tenu mardi 17 juin. Selon Reporterre, qui a recueilli leur témoignage, les salles de classe, souvent dépourvues de ventilateurs, atteignent des températures insoutenables, aggravant le stress inhérent aux épreuves.

Ce qu'il faut retenir

  • Les lycéens de Seine-Saint-Denis ont passé le baccalauréat 2026 dans des salles surchauffées, sans ventilation adéquate.
  • L’épreuve du 17 juin au lycée Eugène Hénaff à Bagnolet s’est déroulée sous une chaleur étouffante, selon les élèves interrogés par Reporterre.
  • Les témoignages recueillis soulignent un épuisement physique et mental face aux conditions climatiques.

Dans cet établissement de Bagnolet, comme dans bien d’autres de la région, les élèves doivent composer avec des salles de classe transformées en fournaises. « Nous, on souffre de cette chaleur », a témoigné Lina à Reporterre. Les relevés de température dans certaines salles ont confirmé leurs craintes, avec des thermomètres affichant des valeurs proches de 35°C, un niveau bien au-delà du confort minimal requis pour une épreuve d’examen.

La situation n’est pas isolée. Plusieurs lycées de Seine-Saint-Denis, département particulièrement touché par les vagues de chaleur, rapportent des problèmes récurrents liés aux infrastructures inadaptées. « Des classes en surchauffe, des ventilateurs parfois absents », détaillent les élèves. Certains établissements, comme le lycée Eugène Hénaff, tentent de limiter les dégâts en organisant les épreuves aux heures les plus fraîches de la journée, mais les marges de manœuvre restent étroites face à l’ampleur du phénomène.

« On joue notre avenir et tout le monde s’en fiche. » — Lina, élève en terminale au lycée Eugène Hénaff, selon Reporterre.

Au-delà des discomforts physiques, c’est le sentiment d’injustice qui domine chez ces jeunes. Beaucoup estiment que les autorités n’ont pas pris la mesure des enjeux, alors que les alertes canicule se multiplient chaque année. « C’est comme si on nous demandait de courir un marathon sans eau », résume un autre élève, anonyme, cité par Reporterre. Les conséquences sur la concentration et la performance sont évidentes, mais restent difficiles à quantifier.

Et maintenant ?

Alors que la France enchaîne les épisodes de canicule, la question des infrastructures scolaires adaptées devrait revenir sur le devant de la scène. Une réunion des rectorats concernés est prévue pour la fin juin afin d’évaluer les solutions d’urgence, comme l’installation de climatiseurs mobiles ou la réorganisation des emplois du temps. Pour autant, les solutions structurelles — comme la rénovation des bâtiments — prendront des années. Reste à savoir si les leçons de cette édition 2026 du baccalauréat seront tirées à temps pour l’an prochain.

Contacté par Reporterre, le rectorat de Créteil n’a pas répondu à nos demandes d’interview dans les délais impartis. De son côté, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures compensatoires pour les candidats affectés par ces conditions extrêmes.

Ce drame silencieux rappelle, une fois de plus, l’urgence d’agir face au réchauffement climatique — un sujet qui, manifestement, ne préoccupe pas assez ceux qui ont le pouvoir de changer les choses.

Pour l’instant, seules des mesures ponctuelles sont évoquées, comme l’installation de ventilateurs ou la modification des horaires d’épreuves. Aucune annonce officielle n’a été faite concernant des aménagements structurels, bien que le rectorat de Créteil promette un bilan après les examens.