Alors que le film Backrooms, réalisé par le jeune cinéaste Kane Parsons, sortira en salles ce mercredi 17 juin 2026, il s’impose déjà comme un phénomène culturel et commercial. Selon Franceinfo - Culture, cette adaptation d’une série de vidéos virales et d’une mythologie internet a permis au studio A24 d’enregistrer son meilleur démarrage au box-office mondial, avec plus de 118 millions de dollars de recettes à l’international, pour un budget initial de 10 millions.
Ce qu'il faut retenir
- Kane Parsons, créateur original des Backrooms, passe du format YouTube au grand écran avec une première réalisation pour A24.
- Le film, sorti aux États-Unis le 29 mai 2026, cumule déjà 118 millions de dollars de recettes pour un budget de 10 millions.
- Avec Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve dans les rôles principaux, Backrooms explore un univers inspiré des légendes urbaines en ligne.
- Le concept des Backrooms repose sur des espaces liminaux — couloirs jaunes infinis et anxiogènes — popularisés sur des forums comme 4chan.
Des origines internet à l’adaptation cinématographique
L’histoire des Backrooms remonte à 2019, lorsqu’un utilisateur anonyme de 4chan publie une photographie d’une pièce aux murs jaunes et à la moquette beige, éclairée par une lumière de néons blafarde. L’image, accompagnée de la légende « Backrooms », décrit un espace parallèle à notre réalité — un labyrinthe infini de couloirs désaffectés échappant aux lois physiques habituelles. Selon Franceinfo - Culture, ce concept a rapidement gagné en popularité sur les forums et les réseaux sociaux, devenant une véritable légende urbaine numérique.
En 2022, Kane Pixels — de son vrai nom Kane Parsons, alors âgé de 17 ans — reprend cette idée pour créer une série de vingt-deux vidéos en found footage. Présentées comme des enregistrements retrouvés, ces séquences montrent des personnages explorant les Backrooms, où les règles du réel semblent s’effacer progressivement. La série cumule des millions de vues et attire l’attention du studio A24, qui propose à Parsons d’écrire et de réaliser une version cinématographique de son univers.
Un univers cinématographique entre nostalgie et angoisse
Dans Backrooms, le personnage principal, interprété par Chiwetel Ejiofor — connu pour ses rôles dans Twelve Years a Slave (2013) ou Eleonor the Great (2025) —, incarne Clark, un architecte manqué et propriétaire d’un magasin de meubles au bord de la faillite. Après une séparation douloureuse, il se retrouve contraint de dormir sur place et découvre, un soir, une porte cachée dans son sous-sol. Cette porte le transporte dans un espace étrange, composé de couloirs jaunes infinis où chaque pas semble aggraver les anomalies du lieu.
Comme le rapporte Franceinfo - Culture, Kane Parsons s’est inspiré des espaces liminaux — ces endroits qui paraissent familiers mais génèrent une sensation de malaise inexplicable. Le réalisateur a expliqué vouloir capturer cette nostalgie particulière des zones commerciales américaines des années 1990, une époque qui, bien qu’antérieure à sa naissance, exerce sur lui une fascination évidente. Les décors du film, minutieusement conçus, s’appuient sur une abondante curation d’images réalisées par les internautes, ainsi que sur des références à des œuvres comme les jeux vidéo Pools ou Anemoiapolis.
Une réalisation prometteuse mais inégale
Avec un casting composé de Renate Reinsve — récompensée au Festival de Cannes en 2021 pour Julie en 12 chapitres et également vue dans Fjord (2026) — et de Mark Duplass, Backrooms mise sur une atmosphère anxiogène et hypnotique. Les performances des acteurs sont saluées pour leur précision, notamment dans leur interprétation de personnages en quête de résilience face à leurs traumatismes. « Décrire cet endroit, c’est comme décrire un chien à quelqu’un qui n’en a jamais vu et lui demander de le dessiner », explique Clark à sa psychologue dans une scène clé du film, soulignant l’impossibilité de traduire en mots la nature de ces lieux.
Cependant, malgré une direction artistique soignée et une immersion réussie dans l’univers des Backrooms, le scénario peine à maintenir un équilibre entre exploration de cet espace et développement des personnages. Selon Franceinfo - Culture, le film s’essouffle dans son dernier tiers, où l’intrigue devient plus prévisible et moins innovante. Certains passages, comme une séquence en found footage particulièrement glaçante, rappellent pourtant tout le potentiel du jeune réalisateur, qui ne manque pas d’idées visuelles.
Un succès commercial et culturel immédiat
Dès sa sortie aux États-Unis le 29 mai 2026, Backrooms a enregistré un démarrage exceptionnel au box-office, dépassant les attentes du studio A24. Avec un budget modeste de 10 millions de dollars, le film a engrangé 118 millions à l’international, établissant ainsi le meilleur score pour une production du célèbre distributeur. Ce succès confirme l’engouement du public pour les adaptations de légendes internet, un phénomène qui a également profité à des titres comme Smile ou Five Nights at Freddy’s ces dernières années.
Pour Kane Parsons, ce projet marque une transition notable : après avoir conquis une audience sur YouTube, il se retrouve désormais à la tête d’une production cinématographique ambitieuse. Selon Franceinfo - Culture, le réalisateur a été séduit par l’idée de diriger lui-même l’adaptation de sa création, une opportunité rare pour un premier film. Le film, classé interdit aux moins de 12 ans, est distribué en France par A24 et sortira officiellement le 17 juin 2026.
En attendant, les spectateurs français pourront découvrir Backrooms en salles dès le 17 juin 2026. Entre hommage aux légendes du web et expérience cinématographique immersive, le film se présente comme un objet culturel hybride, à mi-chemin entre hommage et innovation.
Le film a été réalisé avec un budget de 10 millions de dollars, selon les informations communiquées par le studio A24.
Le film met en vedette Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve et Mark Duplass, avec une réalisation signée Kane Parsons.