À la tête de l’Institut Imagine, à Paris, depuis janvier 2025, la médecin-chercheuse Bana Jabri mène un combat scientifique et médical pour intégrer le dépistage préconceptionnel en population générale dans la prochaine loi sur la bioéthique. Une initiative que Le Monde a détaillée dans son édition du 6 juin 2026, soulignant l’urgence de cette mesure pour prévenir les maladies génétiques chez les nouveau-nés.

Ce qu'il faut retenir

  • Bana Jabri, immunologiste franco-américaine, dirige l’Institut Imagine depuis janvier 2025.
  • Elle plaide pour l’autorisation du dépistage préconceptionnel en population générale dans le cadre de la prochaine loi sur la bioéthique.
  • Le dépistage préconceptionnel permettrait de détecter des risques de maladies génétiques avant la conception d’un enfant.
  • Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention primaire, visant à réduire l’incidence de certaines pathologies héréditaires.
  • L’Institut Imagine, basé à Paris, est un centre de référence en recherche génétique et en maladies rares.

Après une carrière académique et clinique aux États-Unis, où elle a enseigné et mené des recherches en immunologie, Bana Jabri a choisi de s’installer en France pour prendre la direction d’Institut Imagine. Fondé en 2014, cet institut se consacre à la recherche sur les maladies génétiques et au développement de thérapies innovantes. Son arrivée à sa tête marque un tournant stratégique pour l’établissement, désormais engagé dans une démarche proactive de prévention.

Le dépistage préconceptionnel, que la chercheuse souhaite voir généralisé, consiste à analyser les gènes des futurs parents avant même la grossesse. L’objectif ? Identifier d’éventuels risques de transmission de maladies génétiques graves, comme la mucoviscidose, la drépanocytose ou certaines formes de myopathie. « Cette approche permet d’envisager des options pour les couples, qu’il s’agisse de conseil génétique, de procréation médicalement assistée avec diagnostic préimplantatoire, ou simplement de préparation psychologique », a déclaré Bana Jabri à Le Monde. Selon elle, cette mesure pourrait éviter des drames familiaux et réduire la charge des systèmes de santé dédiés aux maladies chroniques.

Pour l’immunologiste, l’intégration de ce dépistage dans la loi sur la bioéthique, dont la révision est prévue pour 2026, représenterait une avancée majeure. La France, qui a déjà adopté des mesures ciblées comme le dépistage néonatal étendu, pourrait ainsi franchir une nouvelle étape en matière de santé publique. « Nous ne parlons pas ici de sélection des embryons, mais de donner aux futurs parents les moyens d’anticiper et de choisir en connaissance de cause », a-t-elle précisé. Une position qui s’inscrit dans le débat plus large sur l’éthique médicale et l’accès aux technologies génétiques.

Et maintenant ?

La proposition de Bana Jabri devra être examinée dans le cadre des travaux législatifs sur la bioéthique, dont les conclusions sont attendues d’ici la fin de l’année 2026. Si le dépistage préconceptionnel généralisé est adopté, sa mise en œuvre nécessitera des infrastructures adaptées et une formation des professionnels de santé. Reste à voir si les pouvoirs publics et les instances éthiques donneront leur feu vert à cette mesure, qui pourrait inspirer d’autres pays européens.

En attendant, l’Institut Imagine continue de développer ses programmes de recherche, avec un accent particulier sur les thérapies géniques et l’édition du génome. Les avancées réalisées dans ces domaines pourraient, à terme, offrir des solutions thérapeutiques là où la prévention ne suffit pas. Pour Bana Jabri, l’enjeu est double : « Prévenir les maladies quand c’est possible, et soigner quand c’est nécessaire », a-t-elle résumé.

La mobilisation de l’immunologiste s’inscrit donc dans une vision globale de la médecine, où la prévention et l’innovation se complètent. Une approche qui, si elle est validée par la loi, pourrait transformer durablement la prise en charge des maladies génétiques en France.

Le dépistage préconceptionnel pourrait concerner des maladies génétiques graves et fréquentes, telles que la mucoviscidose, la drépanocytose, certaines formes de myopathie ou encore la maladie de Huntington. L’objectif est d’identifier les risques de transmission avant la conception, afin d’éclairer les choix des futurs parents.