Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé, vendredi 3 juillet 2026, la création prochaine de son propre parti politique. L’annonce a été faite devant plus de 300 maires de sa coalition, réunis au Palais de la République à Dakar, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président Bassirou Diomaye Faye a confirmé la création d’un nouveau parti politique, devant 300 maires de sa coalition.
  • Cette décision officialise une rupture avec Ousmane Sonko et le Pastef, entamée depuis plusieurs mois.
  • L’annonce intervient après le vote des députés d’une réforme constitutionnelle pouvant empêcher le président de diriger un parti.
  • La réforme constitutionnelle adoptée pourrait restreindre l’engagement politique du chef de l’État.

Lors de cette réunion avec les élus locaux, Bassirou Diomaye Faye a précisé que ce nouveau parti refléterait une « vision politique claire et indépendante ». Selon ses termes, cette structure permettra de « consolider les acquis de la transition » et de « répondre aux attentes des Sénégalais ». La création du parti intervient dans un contexte marqué par des tensions au sein de la coalition présidentielle, le Pastef, parti historique de Faye et de son mentor Ousmane Sonko.

La rupture avec le Pastef n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs mois, des signes avant-coureurs laissaient présager cette séparation. Faye avait déjà commencé à distancier son action politique de celle de Sonko, notamment sur la gestion des affaires publiques et les orientations économiques du pays. « Le moment est venu de tracer notre propre voie », a-t-il souligné devant les maires réunis, sans pour autant entrer dans les détails des divergences avec son ancien allié.

Cette annonce coïncide avec l’adoption, par l’Assemblée nationale, d’une réforme constitutionnelle susceptible de limiter les activités politiques du président. Les députés ont en effet modifié un article clé du texte fondamental, qui pourrait désormais interdire au chef de l’État de diriger un parti politique. Une mesure qui vise, selon ses promoteurs, à garantir une stricte séparation des pouvoirs. Pour Faye, cette réforme représente un obstacle à contourner pour mener à bien son projet politique.

« Nous allons créer notre propre parti, car c’est le seul moyen de poursuivre notre mission dans les meilleures conditions. »
— Bassirou Diomaye Faye, président de la République du Sénégal

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à finaliser les statuts du nouveau parti et à lancer officiellement ses activités. Les observateurs s’interrogent déjà sur l’impact que cette scission pourrait avoir sur la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. Reste à voir si les députés soutenant Faye rejoindront massivement ce nouveau mouvement, ou si des tensions internes émergeront dans les semaines à venir.

Les réactions de l’opposition et des partenaires internationaux ne devraient pas tarder. Certains analystes estiment que cette initiative pourrait fragiliser la stabilité politique du pays, tandis que d’autres y voient une opportunité de clarifier le paysage politique sénégalais. Une chose est sûre : la création de ce parti redessine les équilibres au sein de la majorité et ouvre une nouvelle phase dans la gouvernance du pays.

Selon les informations disponibles, cette séparation s’inscrit dans une divergence croissante entre Faye et son ancien mentor, Ousmane Sonko, sur la stratégie politique et la gestion du pouvoir. Faye souhaite désormais tracer sa propre voie, indépendamment du parti historique.