La mairie de Besançon a décidé d’effacer dans les prochaines heures une fresque inachevée réalisée par l’artiste Nacle en hommage à Lyhanna, 11 ans, victime de violences, ainsi qu’à tous les enfants de victimes. Selon BFM - Faits Divers, l’œuvre, qui devait symboliser la justice à travers une représentation féminine tenant un bébé et un enfant, n’aura jamais été finalisée en raison de cette décision municipale.

Ce qu'il faut retenir

  • La fresque de l’artiste Nacle, rendant hommage à Lyhanna et aux enfants victimes de violences, sera effacée par la mairie de Besançon dans les prochaines heures.
  • L’artiste n’avait pas obtenu d’autorisation préalable pour peindre sur le mur, ce qui justifie la décision municipale.
  • Nacle, en « incompréhension totale », dénonce une mesure disproportionnée face à d’autres dégradations urbaines.
  • La fresque représente une femme aux yeux bandés, symbole de la justice, tenant un bébé et un enfant à ses côtés.
  • L’œuvre a été réalisée en moins de 24 heures, principalement le dimanche 14 juin.

Selon BFM - Faits Divers, l’artiste Nacle a découvert via une capture d’écran partagée sur les réseaux sociaux que sa fresque serait supprimée « cet après-midi ou demain ». L’œuvre, toujours inachevée, devait rester un hommage à Lyhanna Mahmoudi, disparue en 2023 dans des circonstances dramatiques, et dont le procès de son agresseur présumé, Jérôme Barella, a récemment suscité l’émotion en raison des lenteurs judiciaires.

Sur son compte Instagram, Nacle avait partagé une story accompagnant une photo de sa fresque, accompagnée d’un émoji triste et d’un message annonçant son retrait imminent. « Je ne suis pas là pour imposer un dogme ou une idéologie, je suis juste là pour interpeller les gens et les faire réagir à travers leurs émotions », a-t-il expliqué à Ici Besançon, tout en soulignant que son intention était avant tout de « mettre des enfants aux côtés de la justice ». L’artiste a précisé que l’interprétation de son œuvre resterait libre : « Certains y verront une justice aveugle face à ces enfants, d’autres une figure plus protectrice ou maternelle. »

Une œuvre réalisée en un temps record, sans autorisation

La fresque représente une allégorie de la justice sous les traits d’une femme aux yeux bandés, tenant dans ses bras un bébé tandis qu’un enfant se tient à ses côtés. Réalisée en moins de vingt heures, principalement le dimanche 14 juin, cette création éphémère devait rester un hommage durable aux victimes de violences infantiles. Pourtant, son destin a basculé dès lundi 15 juin, lorsque la mairie de Besançon a annoncé son effacement pour défaut d’autorisation.

« On ne peut pas tolérer que des artistes, quelles que soient leurs bonnes intentions, utilisent des murs qui ne sont pas destinés à cet effet », a justifié le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, auprès d’Ici Besançon. « Après, on sort d’un cadre de fonctionnement. » Le premier édile a rappelé que la réglementation municipale interdit strictement les peintures murales non autorisées, afin de préserver l’espace public et d’éviter toute dérive.

L’artiste face à une décision « incompréhensible »

Contacté par BFM - Faits Divers, Nacle s’est dit « dans l’incompréhension totale » face à cette décision. « Il y a des tags et des graffitis sur des murs dans la rue qui dérangent plus les gens que ça », a-t-il déploré, estimant que la priorité municipale devrait se concentrer sur des dégradations plus problématiques. L’artiste, connu sous le pseudonyme NaCle Lcg Lzi, a également souligné que son œuvre avait été réalisée avec l’aval implicite de certains riverains, même si aucune autorisation formelle n’avait été délivrée.

Pour Nacle, cette fresque devait avant tout « faire réagir » et susciter une prise de conscience collective sur la protection des enfants. « Le message que je veux transmettre est clair : placer les enfants au cœur de la justice », a-t-il résumé. Son initiative s’inscrit dans un contexte de forte émotion autour de l’affaire Lyhanna, dont le procès a mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire et les lenteurs ayant entouré l’enquête.

Contexte judiciaire et émotion collective

Le drame de Lyhanna Mahmoudi, 11 ans, a profondément marqué l’opinion publique en 2023. Sa disparition, suivie de l’arrestation de Jérôme Barella, a révélé des failles dans l’enquête et des retards dans la procédure judiciaire. Ces dysfonctionnements ont provoqué une vague d’indignation, notamment sur les réseaux sociaux, où des milliers d’internautes ont réclamé une justice plus rapide pour les victimes d’infractions graves.

C’est dans ce climat de tension et de mobilisation citoyenne que Nacle a choisi de rendre hommage à Lyhanna à travers son art urbain. Son œuvre, bien que temporaire, devait servir de rappel visuel aux passants, tout en symbolisant l’espoir d’une justice plus protectrice. Pourtant, son effacement imminent soulève une question : comment concilier liberté artistique, hommage aux victimes et respect de la réglementation municipale ?

Et maintenant ?

La mairie de Besançon n’a pas précisé de date exacte pour l’effacement de la fresque, indiquant simplement qu’il interviendrait « très prochainement ». L’artiste Nacle, de son côté, n’a pas encore annoncé de nouvelle initiative, mais son message sur les réseaux sociaux suggère qu’il pourrait tenter de documenter cette expérience ou de proposer une autre forme d’hommage. Reste à savoir si cette affaire relancera le débat sur la place de l’art urbain dans l’espace public à Besançon.

Contacté par BFM - Faits Divers, la mairie n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire, se retranchant derrière la nécessité de faire respecter les règles d’urbanisme. Du côté de l’artiste, l’incompréhension persiste, tout comme l’espoir que son message puisse, malgré tout, continuer à circuler.

La mairie justifie cette décision par l’absence d’autorisation préalable pour peindre sur ce mur. Selon Ludovic Fagaut, maire de Besançon, cette règle vise à préserver l’espace public et à éviter les dégradations non contrôlées, même si l’intention de l’artiste était louable.

La fresque représente une allégorie de la justice, symbolisée par une femme aux yeux bandés tenant dans ses bras un bébé et un enfant. Nacle a expliqué que cette œuvre devait « mettre des enfants aux côtés de la justice » et susciter une réflexion sur la protection des mineurs.