Alors que l’Europe applique depuis le 1er juillet 2026 le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), les plateformes de cryptomonnaies, dont Binance, doivent désormais se conformer à des exigences strictes pour continuer à opérer dans l’Union européenne. Ce lundi 6 juillet, l’émission BFM Crypto, le Club sur BFM Business a analysé les conséquences de cette régulation, notamment l’exode des utilisateurs, la disparition du statut PSAN et l’impact des nouvelles règles sur les acteurs du secteur. L’émission, diffusée quotidiennement du lundi au jeudi, a reçu plusieurs experts pour décrypter ces enjeux majeurs.
Ce qu'il faut retenir
- L’exode des utilisateurs de Binance en Europe, lié à la non-conformité de la plateforme avec le règlement MiCA avant le 1er juillet 2026.
- La disparition du statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) en Europe, remplacé par l’agrément MiCA.
- L’impact du règlement MiCA sur les plateformes, avec des acteurs comme Paymium ou Meria ayant obtenu leur agrément, tandis que d’autres, dont Binance, risquent une exclusion du marché européen.
- L’offre de cryptomonnaies d’Hexarq, présentée comme une alternative pour les utilisateurs en quête de plateformes conformes.
- Les 77 actes criminels liés aux cryptos enregistrés en 2026, selon le ministre de l’Intérieur, avec 200 interpellations déjà réalisées.
- Le Bitcoin en baisse sous les 65 000 dollars début juillet 2026, dans un contexte de forte volatilité estivale.
Une régulation européenne qui bouleverse le paysage des cryptos
Depuis l’entrée en vigueur du règlement MiCA le 1er juillet 2026, les plateformes de cryptomonnaies doivent obtenir un agrément pour continuer à opérer en Europe. Selon BFM Business, cette régulation marque la fin du statut PSAN, remplacé par des exigences plus strictes en matière de transparence, de protection des investisseurs et de lutte contre le blanchiment d’argent. Les acteurs comme Paymium, qui a obtenu son agrément, se trouvent désormais en position de force, tandis que des géants comme Binance, toujours en cours d’adaptation, risquent une exclusion du marché européen. « Côté conformité, les plateformes doivent désormais prouver leur solidité financière et leur capacité à gérer les risques », a précisé un expert comptable lors de l’émission.
L’exode des utilisateurs et les alternatives disponibles
L’un des sujets centraux de l’émission a été l’exode des utilisateurs de Binance vers des plateformes conformes au MiCA. Tangi Le Calvez, fondateur de Goin, a souligné que de nombreux utilisateurs européens se tournent vers des acteurs locaux ou des plateformes déjà agréées, comme Hexarq, qui a présenté une offre alternative lors de l’émission. « Les utilisateurs recherchent avant tout la sécurité juridique et la stabilité », a-t-il déclaré. Stéphanie Nemarq-Attias, avocate fiscaliste, a rappelé que les utilisateurs doivent désormais vérifier la conformité des plateformes avant d’y déposer leurs fonds, sous peine de perdre leur accès aux services.
Criminalité et sécurité : les cryptos dans le viseur
Un volet de l’émission a été consacré à la montée de la criminalité liée aux cryptomonnaies en 2026. D’après les chiffres du ministre de l’Intérieur, 77 actes criminels (séquestrations, enlèvements, extorsions) ont été recensés depuis le début de l’année, avec 200 interpellations réalisées. Les intervenants ont insisté sur l’importance de l’hygiène numérique et des bonnes pratiques pour éviter les arnaques. « La sécurité des actifs numériques passe aussi par une vigilance accrue des utilisateurs », a rappelé Tony Largeaud, directeur des opérations chez BlackEyes France. L’émission a également mis en lumière le rôle des entreprises spécialisées dans la cybersécurité, comme Perimeter Lab, pour protéger les plateformes et leurs clients.
Bitcoin et stablecoins : des défis persistants
Le cours du Bitcoin, qui flirtait avec les 62 000 dollars début juillet 2026, reste sous haute surveillance. Les intervenants ont évoqué la possibilité d’un rebond ou d’une nouvelle chute cet été, dans un contexte de forte volatilité. Parallèlement, les stablecoins, souvent critiqués pour leur manque de transparence, ont été au cœur des débats. Nathalie Janson, économiste, a comparé certains stablecoins à de la « mauvaise monnaie », soulignant les risques de « désancrage » en cas de crise. « Leur stabilité repose sur des mécanismes complexes et parfois opaques », a-t-elle expliqué. Le Parlement européen travaille actuellement sur l’euro numérique, qui pourrait apporter une alternative plus sécurisée.
« Avec le MiCA, l’Europe impose un cadre clair, mais cela signifie aussi que les acteurs non conformes seront exclus. C’est une évolution majeure pour le secteur. »
— Jérémy Stevance, expert comptable
Les prochaines échéances et les acteurs à suivre
Plusieurs échéances clés se profilent pour les acteurs du secteur. Les plateformes non encore agréées disposent d’un délai supplémentaire, mais le risque d’exclusion du marché européen se précise. D’ici la fin de l’été 2026, le cours du Bitcoin et l’adoption de l’euro numérique pourraient également influencer la trajectoire des cryptomonnaies. Les utilisateurs sont invités à vérifier la conformité des plateformes avant d’investir, tandis que les acteurs locaux comme Paymium ou Meria pourraient gagner en visibilité. « L’Europe devient un laboratoire réglementaire pour les cryptos », a résumé un intervenant.
Avec l’entrée en vigueur du MiCA, l’Europe impose un tournant majeur aux cryptomonnaies. Les utilisateurs, les plateformes et les régulateurs doivent désormais s’adapter à ce nouveau cadre, qui pourrait redéfinir durablement le secteur. Reste à voir comment Binance et les autres acteurs non encore conformes relèveront ce défi.
Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est une régulation européenne entrée en vigueur le 1er juillet 2026. Il impose aux plateformes de cryptomonnaies des exigences strictes en matière de transparence, de protection des investisseurs et de lutte contre le blanchiment d’argent. Les acteurs doivent obtenir un agrément pour continuer à opérer dans l’UE, remplaçant ainsi le statut PSAN. Les plateformes non conformes risquent une exclusion du marché européen.
Les utilisateurs peuvent consulter la liste officielle des plateformes agréées, qui sera publiée par les régulateurs européens d’ici la fin du mois de juillet 2026. En attendant, il est conseillé de vérifier les mentions légales des plateformes et de privilégier les acteurs locaux, comme Paymium ou Meria, qui ont déjà obtenu leur agrément.