La deuxième édition de la Biennale des arts visuels de Béthune, dans le Pas-de-Calais, s’est distinguée par une programmation ambitieuse explorant les frontières entre le visible et l’invisible, selon Libération. Organisée dans l’ancien bassin minier, cette manifestation artistique, qui s’est tenue du 10 mai au 12 juin 2026, a proposé une immersion dans des univers aussi variés que les expériences spirites ou les explorations des sous-sols, révélant ainsi une dimension à la fois mystérieuse et profondément ancrée dans l’histoire locale.

Ce qu'il faut retenir

  • Une édition centrée sur l’outre-monde, mêlant arts visuels, spiritualité et exploration des sous-sols miniers.
  • Une programmation répartie sur plus d’un mois, du 10 mai au 12 juin 2026, dans plusieurs sites emblématiques de Béthune et ses alentours.
  • Des œuvres et performances inspirées par l’histoire minière et les légendes locales, comme les expériences de spiritisme.
  • Une initiative portée par des artistes internationaux et des collectifs locaux, avec le soutien de la Ville de Béthune et de la Métropole de Lens-Liévin.

Un festival ancré dans l’histoire du bassin minier

Installée dans une région marquée par plus d’un siècle d’exploitation charbonnière, cette Biennale a choisi de dialoguer avec ce passé industriel souvent méconnu. Les sites de l’ancienne fosse minière n°9 de Béthune, transformés en espaces culturels, ont servi de toile de fond à des installations artistiques explorant des thèmes comme la mémoire, l’ombre ou la lumière artificielle. Libération souligne que cette approche a permis de donner une nouvelle visibilité à ces lieux chargés d’histoire, tout en proposant une réflexion sur leur avenir.

Parmi les projets phares, une œuvre immersive intitulée « Les Ombres de la Houille » a notamment investi les galeries souterraines désaffectées. Cette installation, conçue par un collectif d’artistes belges et français, a recréé une ambiance sonore et visuelle évoquant l’univers des mineurs, tout en intégrant des éléments fantastiques inspirés des récits locaux sur les esprits des galeries.

Des expériences artistiques entre réel et surnaturel

La Biennale a mis l’accent sur des performances et des expositions interrogeant les limites entre le monde tangible et l’invisible. Un atelier intitulé « Dialogues avec l’au-delà », animé par une médium invitée, a attiré un public nombreux, selon les organisateurs. L’événement a également accueilli des conférences sur l’anthropologie des expériences paranormales, animées par des chercheurs en sciences sociales et des artistes.

« Nous voulions créer un espace où l’art, la science et la spiritualité pourraient se rencontrer sans hiérarchie », a expliqué Clémentine Dubois, commissaire générale de la Biennale, lors d’une rencontre avec la presse. « Béthune, avec son passé minier et ses légendes, était le lieu idéal pour explorer ces questions. » Plusieurs artistes internationaux, comme l’Allemand Hans-Peter Feldmann ou la Polonaise Agata Szydłowska, ont participé à cette édition, apportant des perspectives variées sur la thématique.

Un public diversifié et une fréquentation en hausse

D’après les chiffres communiqués par la Ville de Béthune, la Biennale a enregistré une affluence de près de 15 000 visiteurs sur la période, soit une progression de 20 % par rapport à sa première édition en 2024. Les ateliers participatifs, notamment ceux dédiés aux enfants, ont connu un vif succès, avec des files d’attente quotidiennes. Un parcours nocturne, incluant des visites guidées aux flambeaux dans les anciennes cités minières, a également séduit un public familial.

Côté économique, les retombées locales sont estimées à plus de 500 000 euros, grâce à l’afflux de visiteurs et à la collaboration avec des commerçants et hébergeurs de la région. « Cette Biennale montre que l’art peut être un levier de revitalisation territoriale », a commenté Olivier Gacquerre, maire de Béthune, dans un communiqué.

Et maintenant ?

Les organisateurs prévoient déjà de capitaliser sur le succès de cette édition pour préparer une troisième Biennale en 2028, avec une ambition renforcée : étendre la programmation à d’autres villes du bassin minier, comme Lens ou Liévin. Un appel à projets sera lancé dès l’automne 2026 pour sélectionner de nouvelles propositions artistiques. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec le ministère de la Culture pour obtenir un label national, ce qui permettrait d’accroître la visibilité et les financements de l’événement.

Reste à voir si cette dynamique se confirmera dans les années à venir. Une chose est sûre : cette Biennale a réussi à transformer un territoire marqué par son passé industriel en un espace de création et de réflexion, attirant l’attention bien au-delà des frontières régionales.

La Biennale était ouverte du mardi au dimanche, de 10h à 19h, avec des nocturnes jusqu’à 22h certains soirs. Les horaires pouvaient varier selon les sites et les événements spéciaux, comme les performances ou les visites guidées.