Selon Cryptoast, la cryptomonnaie et l'intelligence artificielle (IA) générative sont deux technologies innovantes qui sont souvent traitées de manière similaire dans le débat public. Cependant, ces technologies reposent sur des philosophies et des architectures diamétralement opposées. L'une est faite pour la vérité, tandis que l'autre est adaptée au mensonge.
Depuis quelques années, l'IA générative captive l'attention du monde. En particulier, un grand nombre de partisans de Bitcoin se sont avérés également enthousiastes à l'égard de cette avancée technique, y voyant un outil qui leur apporte une puissance individuelle comme le faisait la cryptomonnaie.
Ce qu'il faut retenir
- Bitcoin et l'IA générative ont des philosophies et des architectures opposées
- Bitcoin est conçu pour la vérité, tandis que l'IA générative est adaptée au mensonge
- Les deux technologies sont promues par la nouvelle administration américaine de Donald Trump
- Bitcoin permet l'inscription de données arbitraires, tandis que l'IA générative est utilisée pour générer du contenu inédit
- Les deux technologies sont en concurrence pour l'exploitation de l'énergie électrique et de l'attention des investisseurs
Bitcoin, le registre de vérité
Le concept de Bitcoin, proposé par Satoshi Nakamoto en 2008, est une solution robuste au problème des généraux byzantins, problème d'informatique qui traite de la remise en cause de la fiabilité des transmissions et de l'intégrité des participants dans les systèmes distribués. Ce problème est usuellement énoncé sous la forme d'une métaphore : des généraux assiègent une ville ennemie avec leurs troupes et souhaitent se coordonner pour l'attaquer.
Bitcoin permet l'inscription de données arbitraires, réalisée contre des frais de transaction. Cette utilisation est essentiellement une utilisation notariale au sens large : elle permet de garantir l'authenticité des données dans le temps.
L'architecture de l'IA générative
L'IA générative moderne repose sur un modèle complètement différent de celui de Bitcoin. Elle utilise une nouvelle architecture d'apprentissage profond appelée le transformeur, qui a été proposée le 12 juin 2017 par huit scientifiques et ingénieurs de Google.
Les données en entrées sont découpées en unités lexicales, qui sont converties en vecteurs. Les vecteurs ainsi obtenus passent alors, à de multiples reprises, par un mécanisme d'attention et par un perceptron multicouches. Enfin, la complétion se fait à partir de la dernière unité : l'unité suivante est sélectionnée de manière pseudo-aléatoire selon les probabilités de chaque possibilité.
Les problèmes des hallucinations
Les IA conversationnelles comme ChatGPT ont été entrainées à fournir une réponse vraisemblable à leur interlocuteur. Cependant, ce qui est vraisemblable n'est pas forcément vrai. Les LLM sont malheureusement sujets à des hallucinations, qui sont des réponses plausibles, affirmées avec aplomb, mais qui se révèlent fausses.
Les chercheurs américains Carl Bergstrom et Jevin West ont qualifié les LLM de « machines à baratin », dans le sens où ils débitent « un discours [...] visant à paraitre autoritaire ou persuasif, sans se soucier de sa véracité ou de sa cohérence logique ».
En conclusion, Bitcoin et l'IA générative sont deux technologies qui ont des philosophies et des architectures opposées. Alors que Bitcoin est conçu pour la vérité, l'IA générative est adaptée au mensonge. Il est important de comprendre ces différences pour mieux appréhender les défis et les opportunités que ces technologies présentent.
Bitcoin est une cryptomonnaie qui permet de réaliser des transactions de manière sécurisée et décentralisée.
L'IA générative est une technologie qui permet de générer du contenu inédit, tel que du texte, des images ou des vidéos, en utilisant des algorithmes d'apprentissage profond.