Le cours du bitcoin (BTC) vient de subir un rejet technique décisif à la mi-mai, flirtant avec sa moyenne mobile à 200 jours, un seuil historique souvent synonyme de marché baissier pour la cryptomonnaie phare. Selon Cryptoast, cette dynamique a provoqué une vague de liquidations massives sur les positions longues à effet de levier, alimentant une pression vendeuse qui pourrait encore s’intensifier dans les prochaines semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Le BTC a rejeté sa moyenne mobile à 200 jours mi-mai, confirmant son ancrage dans un marché baissier cyclique.
- Les positions longues à levier dominent actuellement le marché, mais subissent des liquidations en cascade depuis la mi-mai.
- Un canal haussier chartiste est en train de se former depuis février, avec un seuil critique situé entre 70 000 $ et 72 000 $.
- Le prix moyen des investisseurs long terme se situe à 50 000 $, une zone potentiellement atteinte si le marché devait continuer à chuter.
- Le bottom final du bear market cyclique est attendu entre août et octobre 2026, selon l’analyse de Vincent Ganne.
Un rejet technique lourd de conséquences
Mi-mai, le bitcoin a buté sur sa moyenne mobile à 200 jours, un niveau technique souvent considéré comme un marqueur de tendance pour les investisseurs. Selon Cryptoast, cette résistance a joué son rôle de catalyseur baissier, confirmant que le BTC évolue toujours dans un marché baissier cyclique. Ce rejet intervient après une période de consolidation entre février et mai 2026, où le cours a tenté de s’extraire d’une tendance descendante sans y parvenir.
D’après l’analyse de Vincent Ganne, expert en analyse technique et intervenant régulier sur BFM Business, ce type de rejet est « classique » en phase de bear market. « Chaque fois que le BTC revient tester sa moyenne mobile à 200 jours en marché baissier, il subit un rejet baissier », a-t-il rappelé dans ses colonnes. Une dynamique qui pourrait se prolonger dans les prochains mois.
L’effet domino des liquidations sur les positions longues
Depuis la mi-mai, les données de frais de financement sur les contrats à terme (les « funding rates ») montrent une domination écrasante des positions acheteuses à levier. Ces paris spéculatifs, souvent fragilisés par un effet de levier élevé, subissent des liquidations en cascade dès que le marché commence à corriger. L’indicateur BTC SOPR (Spent Output Profit Ratio) illustre cette tendance, confirmant que les pertes réalisées par les investisseurs longs alimentent la baisse actuelle.
La carte des liquidités révèle que la majorité des « stops » (ordres de vente automatiques) des positions longues à levier se situe sous la barre des 71 000 $. Un franchissement vers le bas de ce seuil pourrait déclencher une nouvelle vague de ventes volatiles, avec un risque de plongée vers les 60 000 $, voire les 50 000 $ dans un scénario plus pessimiste. Ces niveaux correspondent respectivement à un premier « double bottom » ou au prix moyen d’achat des investisseurs long terme, une zone où la pression vendeuse pourrait s’atténuer.
Un marché en quête d’un point de bascule
À court terme, le BTC évolue dans un canal haussier chartiste en construction depuis février, mais le cours approche désormais de sa partie basse, située entre 70 000 $ et 72 000 $. « Il faut être prudent car de nombreux stops de protection sont concentrés sous ce canal », souligne Vincent Ganne. Un dépassement à la baisse de cette zone pourrait activer une mécanique de vente en cascade, accélérant la chute du marché.
D’un point de vue macro, le bottom final du bear market cyclique reste attendu pour le second semestre 2026, entre août et octobre. Deux scénarios principaux se dégagent selon l’expert : soit un premier rebond sur les 60 000 $ (double bottom), soit une chute plus profonde vers les 50 000 $, où se situe le prix moyen d’achat des détenteurs long terme. « Ce n’est qu’un dépassement haussier de la moyenne mobile à 200 jours qui permettrait d’envisager la fin du marché baissier cyclique », précise-t-il.
« Chaque fois que le BTC revient tester sa moyenne mobile à 200 jours en marché baissier, il subit un rejet baissier. » — Vincent Ganne, analyste technique et expert en cryptomonnaies
Qui est Vincent Ganne, l’expert derrière l’analyse ?
Vincent Ganne, analyste technique reconnu avec 18 ans d’expérience, intervient régulièrement sur BFM Business et produit des analyses exclusives pour Cryptoast Research. Ancien Senior Market Analyst & Business Development Manager chez TradingView pendant trois ans, il combine analyse graphique et approche macroéconomique pour anticiper les tendances du Bitcoin et des cryptomonnaies. Ses interventions s’appuient sur une méthodologie rigoureuse, mêlant indicateurs techniques et événements macroéconomiques, ce qui lui vaut une crédibilité auprès des investisseurs institutionnels et particuliers.
Alors que le bitcoin peine à sortir de sa tendance baissière, les positions longues à levier continuent de peser sur le cours. Entre liquidations en cascade et recherche d’un nouveau point d’ancrage, le marché reste sous tension. Seul un franchissement technique décisif pourrait inverser la tendance, mais les prochaines semaines s’annoncent décisives pour déterminer si le BTC parviendra à rebondir ou à plonger plus bas.
La moyenne mobile à 200 jours agit comme un indicateur cyclique majeur pour les investisseurs. En marché baissier, le BTC a historiquement tendance à subir un rejet baissier lorsqu’il revient tester ce niveau pour la première fois. À l’inverse, un dépassement haussier de cette moyenne signale souvent un changement de tendance et la fin d’un marché baissier.
Les « funding rates » représentent les frais de financement échangés entre les traders sur les contrats à terme perpétuels. Un taux élevé positif indique une domination des positions longues (acheteuses), souvent synonyme de surchauffe et de risque de liquidations massives. À l’inverse, un taux négatif reflète une majorité de positions vendeuses.