L’entreprise spatiale Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, vient de franchir un cap important dans la préparation de son alunisseur Blue Moon, alors que la course pour le retour des États-Unis sur la Lune s’intensifie. Selon Futura Sciences, le prototype Mark 1 – également désigné sous le nom Endurance – a subi avec succès une série de tests critiques dans la chambre A du centre spatial Johnson de la Nasa. Ces essais, menés dans une cuve à vide thermique simulant les conditions extrêmes de l’espace, ont permis de valider l’intégrité structurelle et thermique de l’appareil.
Ce qu'il faut retenir
- Le prototype Mark 1 de Blue Moon a passé avec succès des tests en chambre à vide au centre spatial Johnson pour simuler les conditions lunaires.
- L’alunisseur Endurance doit démontrer sa capacité à effectuer un atterrissage de précision et à transporter des charges scientifiques vers le pôle Sud de la Lune.
- Le lancement du Mark 1 est prévu à bord du lanceur New Glenn, dont le troisième vol, réalisé le mois dernier, s’est soldé par un succès partiel.
- Un second prototype, le Mark 2, plus grand et conçu pour transporter des astronautes, est déjà en développement.
- Blue Origin espère participer à la mission Artemis III prévue pour fin 2027, mais sa sélection n’est pas encore acquise.
Alors que la Nasa accélère son programme Artemis pour un retour sur la Lune d’ici 2028, les entreprises privées jouent un rôle clé dans le développement des alunisseurs. Après le succès de la mission Artemis II en avril 2026, qui a vu quatre astronautes survoler la Lune, l’agence spatiale américaine compte désormais sur des partenaires comme SpaceX avec son Starship HLS et Blue Origin pour assurer le transport vers la surface lunaire. Aucun des deux alunisseurs n’est encore opérationnel, mais les tests récents de Blue Moon laissent entrevoir des avancées significatives.
Blue Moon Mark 1 : un prototype conçu pour valider des technologies critiques
Le prototype Mark 1, aussi appelé Endurance, n’est pas destiné à transporter des humains. Son objectif principal est de tester en conditions réelles plusieurs technologies essentielles pour les futures missions lunaires. « Endurance fera la démonstration de l’atterrissage de précision, de la propulsion cryogénique ainsi que des capacités autonomes de guidage, de navigation et de contrôle, en soutien aux futures opérations à la surface de la Lune », a indiqué la Nasa. Deux charges scientifiques seront également embarquées dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (CLPS). Parmi elles, un ensemble de caméras stéréoscopiques, SCALPSS, chargé d’étudier l’interaction entre le panache du moteur de l’alunisseur et la surface lunaire, et un système de réflecteurs passifs, LRA, qui permettra aux appareils en orbite de se localiser avec une précision accrue.
New Glenn : un lanceur encore en phase de rodage
Le lancement du Mark 1 est prévu à bord du lanceur lourd New Glenn, dont le troisième vol, réalisé en avril 2026, a marqué une étape importante pour Blue Origin. L’entreprise a réussi à réutiliser le premier étage du lanceur, une première pour New Glenn, et à le faire atterrir avec succès. Cependant, la mission s’est terminée par un échec partiel : le lanceur n’a pas placé le satellite BlueBird 7 sur l’orbite prévue, contraignant son propriétaire, AST SpaceMobile, à le détruire. Cet incident rappelle les défis techniques persistants pour Blue Origin, qui devra garantir la fiabilité de New Glenn avant de pouvoir compter sur lui pour des missions aussi exigeantes que le transport d’un alunisseur.
Le Mark 1 servira de base pour le développement du Mark 2, un alunisseur de plus grande taille conçu pour transporter des astronautes jusqu’à la surface lunaire, puis les ramener en orbite. Ce second prototype devra répondre à des exigences encore plus strictes, tant en termes de capacité que de sécurité. Blue Origin n’a donc pas de temps à perdre : si l’entreprise souhaite participer à la mission Artemis III, prévue pour la fin de l’année 2027, elle devra démontrer que son alunisseur est prêt à temps.
Une compétition serrée pour la Nasa, entre SpaceX et Blue Origin
La Nasa a fait le choix de s’appuyer sur le secteur privé pour le développement de ses alunisseurs, une stratégie qui vise à réduire les coûts et à stimuler l’innovation. SpaceX, avec son Starship HLS, et Blue Origin avec son Blue Moon, sont les deux principaux candidats retenus. Aucun des deux projets n’a encore atteint un niveau de maturité suffisant pour être utilisé lors de la mission Artemis III, mais les tests récents de Blue Origin montrent que la concurrence s’intensifie. La Nasa pourrait finalement opter pour l’utilisation des deux alunisseurs, selon leur avancement respectif au moment du lancement.
Le programme Artemis, lancé pour marquer le retour des États-Unis sur la Lune après plus de 50 ans d’absence, s’inscrit dans un contexte de compétition internationale. La Chine, qui vise également le pôle Sud lunaire d’ici 2029, pousse les États-Unis à accélérer leurs préparatifs. En avril 2026, la Nasa a d’ailleurs annoncé une révision de son calendrier pour anticiper le retour des astronautes sur la Lune dès 2028, soit un an avant l’échéance initialement prévue.
En attendant, la Nasa et ses partenaires privés continuent de peaufiner chaque détail technique. Les missions Artemis III et IV, prévues respectivement pour fin 2027 et 2028, devraient marquer un tournant dans l’exploration lunaire. Mais avant cela, des étapes clés restent à franchir, à commencer par la sélection définitive des alunisseurs et la réussite des lancements associés.
La Nasa a fait le choix de s’appuyer sur des entreprises privées comme Blue Origin et SpaceX pour réduire les coûts et stimuler l’innovation. Cette stratégie permet également de mutualiser les risques et de bénéficier de technologies de pointe développées par le secteur privé, tout en accélérant le calendrier des missions lunaires.
Après Artemis III, prévue pour fin 2027, la mission Artemis IV est programmée pour 2028. Celle-ci marquera le retour définitif des astronautes sur la surface lunaire, avec un atterrissage prévu au pôle Sud. Par la suite, les missions Artemis V et suivantes devraient permettre d’étendre la présence humaine sur la Lune et de préparer les futures explorations martiennes.