En Bolivie, le mouvement social qui secoue le pays depuis six semaines n’a toujours pas trouvé de solution, alors que les appels au dialogue restent sans réponse de la part du gouvernement. Selon RFI, des commerçants, des plateformes citoyennes et des travailleurs ont manifesté vendredi 12 juin à La Paz, la capitale bolivienne, pour exiger du président Rodrigo Paz qu’il déclare l’état d’exception. Cette mesure permettrait notamment le déploiement de l’armée afin de mettre fin aux blocages qui paralysent une partie du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Sixième semaine du mouvement social en Bolivie, toujours sans issue malgré les appels au dialogue.
  • Rodrigo Paz, président bolivien, fait l’objet de demandes de démission de la part des manifestants.
  • Des commerçants, plateformes citoyennes et travailleurs ont manifesté le 12 juin à La Paz pour réclamer l’état d’exception.
  • L’état d’exception permettrait le déploiement de l’armée pour lever les blocages en cours.

Un mouvement social durable et ses conséquences

Le mouvement, qui dure depuis six semaines, s’est intensifié ces derniers jours, avec des blocages persistants dans plusieurs régions du pays. Selon RFI, les manifestants demandent la démission du président Rodrigo Paz, accusé de ne pas répondre aux revendications sociales et économiques. Les appels au dialogue lancés par le gouvernement n’ont, pour l’instant, pas abouti à une sortie de crise.

Côté population, la lassitude grandit. À La Paz, des commerçants et des travailleurs ont organisé une manifestation vendredi 12 juin pour faire entendre leur voix. Parmi eux, des représentants de plateformes citoyennes ont réclamé des mesures fortes, comme la déclaration de l’état d’exception, afin de rétablir l’ordre et de lever les blocages qui asphyxient l’économie locale.

L’état d’exception : une solution controversée

La demande de déclaration de l’état d’exception divise. Pour ses partisans, dont les commerçants et certains secteurs de la société civile, cette mesure est nécessaire pour mettre fin aux perturbations et permettre aux entreprises de fonctionner à nouveau. «

Le temps du dialogue est révolu. Il faut agir maintenant pour sauver notre économie et nos emplois
», a déclaré un représentant des commerçants de La Paz, cité par RFI.

Cependant, cette proposition suscite également des craintes. Des organisations de défense des droits humains et certains observateurs politiques craignent qu’une telle décision ne durcisse la crise et n’aggrave les tensions. L’état d’exception, qui autorise le déploiement de l’armée, est souvent perçu comme une mesure autoritaire, susceptible d’étouffer les revendications légitimes des manifestants.

Un contexte politique et social tendu

La Bolivie traverse une période de fortes tensions politiques et sociales, aggravées par une crise économique persistante et des inégalités croissantes. Le président Rodrigo Paz, en poste depuis trois ans, est de plus en plus contesté. Ses détracteurs lui reprochent une gestion jugée inefficace de la crise sanitaire, ainsi que des réformes économiques impopulaires. Les manifestations actuelles s’inscrivent dans un cycle de protestations qui secoue régulièrement le pays depuis plusieurs années.

Alors que le gouvernement tente de négocier avec les différents acteurs sociaux, la radicalisation des positions rend toute issue rapide peu probable. Les blocages, qui paralysent notamment les transports et l’approvisionnement dans certaines zones, aggravent la situation économique déjà fragile du pays.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, la pression sur le gouvernement Rodrigo Paz devrait s’intensifier, notamment si les blocages persistent. Une déclaration de l’état d’exception, si elle était adoptée, pourrait permettre de rétablir un minimum d’ordre, mais risquerait d’alimenter davantage les tensions. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour de nouvelles négociations, et la situation reste extrêmement volatile.

Reste à voir si le président parviendra à trouver un compromis acceptable pour les différentes parties prenantes, ou si la crise actuelle ne fera que s’aggraver dans les semaines à venir.

L’état d’exception est une mesure constitutionnelle qui permet au président bolivien de déployer l’armée pour rétablir l’ordre public. Il peut être déclaré en cas de crise majeure, comme des troubles sociaux prolongés ou des catastrophes naturelles. Cette mesure donne aux forces de l’ordre des pouvoirs étendus, mais elle est souvent critiquée pour son caractère autoritaire.