Le 30 novembre 2023, Cécile, une habitante de 58 ans du pays libournais, a vu son quotidien basculer lors d’un incident survenu à Bordeaux. Alors qu’elle sortait d’un parking souterrain situé place Pey-Berland avec son Citroën Berlingo, elle a percuté une borne rétractable en position basse, provoquant d’importants dégâts matériels. Selon Le Figaro, cette affaire, qui aurait pu rester anecdotique, s’est transformée en un conflit juridique opposant la conductrice à Bordeaux Métropole. La décision du tribunal administratif de Bordeaux est attendue pour le 19 mai 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 30 novembre 2023, une borne escamotable a endommagé le véhicule d’une automobiliste à la sortie d’un parking souterrain place Pey-Berland à Bordeaux.
  • La conductrice, Cécile, conteste l’accusation de la Métropole selon laquelle elle aurait forcé le passage au feu rouge.
  • Bordeaux Métropole lui réclame 4 457 euros de dommages et intérêts, tandis que la conductrice attaque en justice pour défaut d’entretien de l’ouvrage public.
  • Le tribunal administratif de Bordeaux rendra sa décision le 19 mai 2026.
  • L’affaire repose sur une question de responsabilité administrative : la Métropole doit-elle prouver que la conductrice a grillé le feu rouge ?

Ce matin-là, Cécile rentrait d’un rendez-vous médical au volant de son utilitaire. Elle s’engageait depuis le parking souterrain de la place Pey-Berland, un lieu où l’accès est régulé par des bornes escamotables. Ces dispositifs, installés pour fluidifier la circulation dans le centre-ville, s’abaissent lorsque le feu passe à l’orange clignotant, autorisant ainsi le passage des véhicules. Pourtant, ce jour-là, alors que la borne était en position basse, le feu affichait encore le rouge. Cécile s’est donc arrêtée, comme l’exige le code de la route. C’est seulement lorsque le feu est passé à l’orange clignotant qu’elle a engagé son véhicule.

C’est à ce moment précis que la situation a dérapé. « Je n’ai rien compris, l’embrayage ne fonctionnait pas », a-t-elle confié à Sud Ouest, comme le rapporte Le Figaro. La borne s’est brusquement relevée et a percuté l’avant de son Berlingo, coinçant le compartiment moteur. Les dégâts étaient couverts par son assurance tous risques, mais un malus a été appliqué. Pire : une note de Bordeaux Métropole, jointe à son dossier, l’accusait d’avoir forcé le passage en suivant un autre véhicule et d’avoir grillé le feu rouge. Une accusation qu’elle conteste fermement.

« Il y a l’affirmation, de façon péremptoire, qu’elle serait passée au rouge. Mais il n’y a pas de témoignage en ce sens. »
— Me [Nom de l’avocate], avocate de Cécile

Indignée par cette accusation, Cécile a décidé de saisir la justice. Son argumentaire s’appuie sur le principe du défaut d’entretien normal d’un ouvrage public. En droit administratif, c’est en effet à l’administration de prouver que sa responsabilité n’est pas engagée. Or, selon son avocate, Bordeaux Métropole n’a produit aucune preuve tangible de son passage au feu rouge. Le rapporteur public du tribunal administratif de Bordeaux, convaincu par cet argument, a d’ailleurs orienté sa décision en ce sens. La justice devra trancher lors de l’audience prévue le 19 mai 2026.

Cette affaire soulève une question plus large sur la responsabilité des collectivités en matière d’entretien des infrastructures. Les bornes escamotables, bien que conçues pour réguler la circulation, doivent fonctionner de manière fiable. Dans ce cas précis, leur dysfonctionnement a entraîné des conséquences financières pour une automobiliste, mais aussi des tensions avec l’administration. Bordeaux Métropole n’a pas répondu aux sollicitations de Le Figaro pour commenter cette procédure en cours.

Et maintenant ?

La décision du tribunal administratif de Bordeaux, attendue pour le 19 mai 2026, pourrait faire jurisprudence en matière de responsabilité administrative. Si la cour donne raison à Cécile, cela pourrait inciter d’autres usagers à contester des amendes ou des accusations similaires en s’appuyant sur le défaut d’entretien des infrastructures. À l’inverse, un rejet de sa demande confirmerait la position de Bordeaux Métropole. Dans les deux cas, cette affaire rappelle l’importance de la maintenance des équipements publics, souvent négligée jusqu’à ce qu’un incident survienne.

En attendant, Cécile espère obtenir gain de cause. Pour elle, cette procédure n’est pas seulement une question d’argent. Elle y voit aussi la possibilité de rétablir sa réputation, ternie par l’accusation de Bordeaux Métropole. « On ne me fera pas passer pour une fautive alors que je respectais le code de la route », a-t-elle déclaré. Reste à savoir si la justice lui donnera raison.

Cette affaire intervient dans un contexte où les bornes escamotables se multiplient dans les centres-villes pour limiter l’accès aux véhicules non autorisés. Leur fiabilité technique est régulièrement pointée du doigt, notamment en cas de panne ou de dysfonctionnement. Des incidents similaires ont déjà été signalés dans d’autres métropoles, soulevant des questions sur leur maintenance et leur gestion. Bordeaux pourrait ainsi devenir un cas d’étude pour les autres collectivités.

Une borne escamotable est un plot métallique rétractable utilisé pour réguler l’accès aux zones piétonnes ou aux rues à circulation limitée dans les centres-villes. Elle se relève automatiquement lorsque le feu est rouge, bloquant le passage des véhicules. À l’orange clignotant, elle s’abaisse pour autoriser le passage des voitures autorisées, comme les riverains ou les services d’urgence.

Cécile attend la décision du tribunal administratif de Bordeaux, prévue pour le 19 mai 2026. Si le tribunal lui donne raison, elle pourrait obtenir l’annulation de l’accusation de Bordeaux Métropole et éviter le paiement des 4 457 euros réclamés. Dans le cas contraire, elle pourrait faire appel du jugement.