Pour « Bouchra », leur premier long-métrage, les réalisatrices Meriem Bennani et Orian Barki ont opté pour une approche narrative mêlant animation et autofiction, selon Le Monde. Ce choix, expliquent-elles, repose sur l’utilisation d’animaux anthropomorphes pour traduire des conversations réelles entre Meriem Bennani et sa mère, des échanges qui ont inspiré le film.

Ce qu'il faut retenir

  • Un film hybride : « Bouchra » combine animation et autofiction, un mélange rare dans le cinéma contemporain.
  • Des animaux comme personnages : Les réalisatrices ont choisi des animaux anthropomorphes pour représenter des figures humaines, dont la mère de Meriem Bennani.
  • Une inspiration réelle : Le scénario s’appuie sur des échanges authentiques entre Meriem Bennani et sa mère, transformés en récit animé.

Le film « Bouchra » marque une entrée remarquée dans le paysage cinématographique pour ses deux réalisatrices, Meriem Bennani et Orian Barki. Selon leurs propres mots, ce projet est né d’un besoin de donner une forme visuelle à des dialogues intimes et personnels. « Nous voulions raconter une histoire qui nous ressemble, tout en utilisant un langage visuel qui sorte des sentiers battus », a expliqué Meriem Bennani à Le Monde.

L’idée d’utiliser des animaux anthropomorphes n’est pas anodine. Pour les deux autrices, cette décision répondait à un double objectif : d’abord, créer une distance poétique avec la réalité des événements racontés, et ensuite, offrir une liberté créative dans la représentation des personnages. « Les animaux nous ont permis de parler de relations humaines sans tomber dans le piège du réalisme pur », a précisé Orian Barki. Le choix des espèces n’est pas non plus laissé au hasard : chaque animal incarne une caractéristique précise, reflétant la personnalité ou le rôle des personnes réelles dans la vie de Meriem Bennani.

L’autofiction, quant à elle, sert de fil conducteur à ce récit visuel. Le film s’inspire directement de conversations tenues entre Meriem Bennani et sa mère, des échanges qui mêlent affection, tensions et incompréhensions culturelles. « Ces discussions étaient trop riches pour être racontées de manière linéaire », a souligné Meriem Bennani. « L’animation nous a offert l’opportunité de les sublimer, de les transformer en quelque chose de plus universel. » L’approche permet ainsi de toucher un public bien plus large que celui des seuls proches de la réalisatrice.

« Nous voulions raconter une histoire qui nous ressemble, tout en utilisant un langage visuel qui sorte des sentiers battus. »
Meriem Bennani, réalisatrice de « Bouchra »

Ce projet, qui a nécessité plusieurs années de développement, s’inscrit dans une tendance croissante du cinéma à explorer des formats hybrides. Les réalisatrices ne sont d’ailleurs pas les seules à expérimenter ce type de narration. Plusieurs films récents, comme « Flee » ou « Wolfwalkers », ont également recours à l’animation pour aborder des thèmes personnels ou historiques avec une grande liberté formelle. Pour « Bouchra », l’enjeu était double : rendre hommage à ces échanges familiaux tout en créant une œuvre accessible et émouvante pour un public international.

Et maintenant ?

Le film « Bouchra » est actuellement en phase de promotion avant une sortie en salles prévue pour l’automne 2026. Les réalisatrices devraient participer à plusieurs festivals internationaux dans les mois à venir, une étape clé pour faire connaître leur travail. « Nous espérons que le public saura retrouver dans ce film une partie de l’émotion et de la complexité qui ont présidé à sa création », a confié Orian Barki. Une sortie en version numérique et en VOD pourrait suivre quelques mois après la sortie en salles, selon les retours des distributeurs.

Alors que le cinéma d’animation continue de gagner en reconnaissance, « Bouchra » pourrait bien devenir un exemple marquant de cette évolution. Les réalisatrices, toutes deux issues de milieux différents — Meriem Bennani est marocaine et vit entre New York et Casablanca, tandis qu’Orian Barki est française et basée à Paris — apportent avec ce film une perspective unique, à la croisée des cultures et des genres. Leur collaboration, née d’une amitié et d’une complicité artistique, témoigne de l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes prêts à repousser les limites de la narration.

L’autofiction est au cœur du film. Il s’agit d’un récit inspiré de conversations réelles entre Meriem Bennani et sa mère, transformées en une histoire animée où les personnages sont représentés par des animaux anthropomorphes. Ce choix permet aux réalisatrices de traiter de thèmes universels comme la relation mère-fille tout en conservant une distance artistique.