Pratiquer des étirements ou des exercices d’assouplissement est souvent recommandé pour préserver la santé des articulations. Pourtant, comme le rapporte Top Santé, certaines méthodes, lorsqu’elles sont mal exécutées ou excessives, peuvent en réalité aggraver les douleurs plutôt que de les soulager.

Ce qu'il faut retenir

  • Les étirements et les mouvements de mobilité sont des pratiques couramment conseillées pour préserver les articulations, mais leur excès ou leur mauvaise exécution peut avoir l’effet inverse.
  • Plusieurs rhumatologues alertent sur les risques liés à des pratiques inappropriées, notamment en cas d’arthrose ou de tendinites.
  • La modération et la technique adaptée sont essentielles pour éviter d’endommager les tissus articulaires et périarticulaires.
  • Des alternatives, comme le renforcement musculaire doux ou les exercices sous supervision, sont recommandées pour limiter les risques.

Parmi les idées reçues les plus répandues, celle qui consiste à penser que tout mouvement est bénéfique pour les articulations est régulièrement remise en cause par les professionnels de santé. Selon Top Santé, certains exercices, notamment ceux qui sollicitent des amplitudes extrêmes ou qui imposent des contraintes brutales, peuvent en effet fragiliser les structures articulaires. Les rhumatologues interrogés par le magazine soulignent que cette habitude, souvent adoptée avec les meilleures intentions, peut mener à des lésions tendineuses ou à une usure prématurée du cartilage.

Un exemple fréquemment cité concerne les étirements statiques prolongés, qui, s’ils sont répétés à outrance, peuvent entraîner une hyperlaxité articulaire. «

Les étirements doivent être pratiqués avec parcimonie et dans une logique de progression, explique le Dr Martin Lévy, rhumatologue à Paris. Une tension excessive sur une articulation peut, à terme, provoquer des micro-lésions et favoriser l’apparition de douleurs chroniques.
» Autre point d’attention : les mouvements brusques ou les postures extrêmes, souvent recommandés dans certaines méthodes de stretching, sont pointés du doigt. « Ces pratiques sollicitent anormalement les ligaments et les tendons, ce qui augmente le risque de tendinopathies », précise-t-il.

Les personnes souffrant déjà d’arthrose ou de pathologies inflammatoires sont particulièrement exposées. Selon Top Santé, les données récentes montrent que près de 30 % des patients atteints d’arthrose du genou rapportent une aggravation de leurs symptômes après avoir suivi des programmes d’étirements intensifs. « Il ne s’agit pas de diaboliser ces pratiques, mais de rappeler qu’elles doivent être adaptées au profil de chacun », insiste le spécialiste. Pour éviter les écueils, les experts recommandent de privilégier des exercices de renforcement musculaire doux, comme le Pilates ou le yoga adapté, qui renforcent les muscles stabilisateurs sans surcharger les articulations.

Autre piste souvent négligée : l’importance d’une chaleur préalable avant toute séance de mobilité. Les rhumatologues conseillent de débuter par des mouvements lents et de limiter la durée des étirements à quelques minutes, sans jamais forcer sur la résistance. « Le corps a besoin de temps pour s’adapter. Une approche progressive réduit considérablement les risques de blessure », indique le Dr Lévy. Les exercices en charge, comme les squats ou les fentes, doivent également être adaptés, voire évités en cas de douleur aiguë.

Pour les seniors ou les personnes en surpoids, une évaluation personnalisée par un kinésithérapeute ou un médecin du sport est souvent nécessaire avant d’entamer un programme d’activité physique. Top Santé rappelle que les recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS) insistent sur l’importance d’une activité régulière mais mesurée, combinant endurance, renforcement et souplesse. « L’objectif n’est pas de devenir souple à tout prix, mais de maintenir une mobilité fonctionnelle », rappelle le Dr Lévy.

Et maintenant ?

À l’approche de l’automne, période où les douleurs articulaires ont tendance à s’accentuer, les rhumatologues appellent à une prise de conscience collective. Les prochaines recommandations des sociétés savantes, attendues pour le premier trimestre 2027, pourraient intégrer des critères plus stricts sur les pratiques à éviter. En attendant, les professionnels de santé multiplient les campagnes de sensibilisation, notamment via les plateformes en ligne et les associations de patients.

Les alternatives aux étirements classiques, comme les exercices en piscine ou les programmes encadrés par des professionnels, gagnent en popularité. Reste à voir si cette tendance se confirmera dans les années à venir. Une chose est sûre : la modération et l’adaptation restent les maîtres-mots pour préserver ses articulations sur le long terme.

Si des douleurs persistent plus de 48 heures après une séance ou si une articulation devient gonflée ou chaude au toucher, il est conseillé de consulter un professionnel de santé. Ces symptômes peuvent indiquer une lésion ou une inflammation nécessitant une prise en charge spécifique.