« Je suis devenu la personne que je devais devenir », confie Boy George, figure majeure de la culture pop mondiale, lors d’un entretien accordé à Franceinfo - Culture le 30 juin 2026. À 65 ans, l’auteur-compositeur-interprète britannique, connu pour avoir marqué les années 1980 avec Culture Club, revient sur son parcours, sa relation avec la différence et sa liberté artistique, à quelques jours de son passage sur la scène du Barrière Enghien Festival, prévu le 4 juillet 2026 au bord du lac d’Enghien-les-Bains.
Ce qu'il faut retenir
- Boy George, 65 ans, se produit le 4 juillet 2026 au Barrière Enghien Festival dans le cadre d’un concert où il revisitera probablement son répertoire de manière « jazzy », selon ses propres termes.
- L’artiste évoque pour la première fois son enfance dans une famille ouvrière irlandaise à l’est de Londres, son expulsion de l’école à 15 ans et son destin tracé vers le rock’n’roll.
- Il rappelle l’importance de l’acceptation de sa différence dès l’enfance, notamment grâce à sa mère, qui a su le soutenir malgré ses craintes initiales face à son style vestimentaire et musical.
- Boy George se dit aujourd’hui à l’aise avec son image et sa liberté artistique, un luxe qu’il qualifie d’« extraordinaire » dans un monde où la célébrité impose souvent des normes.
Un festival en bord de lac pour une icône de la pop
Boy George foulera à nouveau la scène française le 4 juillet 2026, cette fois dans le cadre du Barrière Enghien Festival. Le festival, qui se tient chaque année au bord du lac d’Enghien-les-Bains, attire un public varié et fidèle. Pour l’occasion, l’artiste britannique promet une prestation où il puisera dans son répertoire, probablement teinté de nuances jazzy, comme il l’a expérimenté récemment lors de ses concerts aux États-Unis. « Je ne vis pas tellement dans le passé », explique-t-il à Franceinfo, soulignant son approche résolument tournée vers le présent.
Avec Culture Club, Boy George a vendu des millions d’albums à travers le monde et marqué plusieurs générations avec des titres intemporels comme Do You Really Want to Hurt Me, Karma Chameleon ou encore Victims. Depuis ses premières apparitions télévisées en France dans les années 1980 jusqu’à ses récents concerts, son public français lui est resté fidèle, faisant de lui une figure incontournable de la culture musicale internationale.
Une enfance marquée par la différence et le punk rock
Boy George revient sur son enfance dans une famille ouvrière irlandaise à l’est de Londres. Dès son plus jeune âge, il se distingue par son caractère bruyant et son refus des conventions scolaires. À seulement 15 ans, il se fait expulser de l’école, une expérience qu’il considère aujourd’hui comme un tournant vers sa destinée artistique. « Je pense que j’étais destiné au rock’n’roll, c’était mon truc. L’école, ce n’était vraiment pas mon truc », confie-t-il avec franchise.
Sa différence, il la ressentait dès l’enfance, bien avant de pouvoir la nommer. « Lorsque vous êtes enfant, ce sont les autres qui vous font vous sentir différent, on n’en est pas forcément conscient », explique-t-il. Dans les années 1970, alors que l’Angleterre découvre le glam rock avec des artistes comme Marc Bolan ou David Bowie, Boy George grandit avec cette culture qui célèbre l’excentricité. Pourtant, les regards extérieurs, notamment sur son apparence efféminée, ne l’ont pas épargné. « Rien ne vous prépare à cela », admet-il, avant d’ajouter : « Aujourd’hui, à 65 ans, ce que les gens pensent de moi, je m’en fiche. »
Une mère comme premier soutien
Boy George évoque avec émotion le rôle central de sa mère dans son parcours. Lorsqu’il découvre le punk rock à 15 ans, celle-ci est d’abord « horrifiée » par sa musique et ses tenues. Pourtant, elle finit par comprendre que cette voie était la sienne et l’accompagne dans cette liberté. « Ma mère nous a quittés il y a quelques années, mais j’ai toujours l’impression qu’elle est à côté de moi », confie-t-il, imaginant ce qu’elle lui dirait aujourd’hui : « Vas-y, continue ! »
Ce soutien inconditionnel a été déterminant pour Boy George, qui a toujours su transformer les préjugés en force. « Ce qu’elle a compris, c’est que j’avais besoin d’être libre, et à l’époque, ce n’était pas une évidence », souligne-t-il. Aujourd’hui, il considère que le plus beau cadeau qu’un parent puisse offrir à un enfant est de lui permettre d’être lui-même, sans crainte ni jugement.
Une liberté artistique unique
À 65 ans, Boy George se dit plus à l’aise que jamais avec son image et sa liberté créatrice. « Certaines personnes deviennent qui elles doivent devenir, et j’ai l’impression que je suis devenu la personne que je devais devenir », déclare-t-il. Pour lui, la liberté ne se limite pas à la scène : elle s’étend à la vie quotidienne. « Lorsque vous êtes célèbre, vous devez oublier qui vous êtes sur scène, et vous souvenir de qui vous êtes dans la rue », explique-t-il.
Cette liberté, il la revendique comme un privilège rare. « J’ai de la chance, je peux monter dans un bus et, lorsque je m’habille normalement, je disparais », précise-t-il, en référence à son style vestimentaire souvent audacieux. Contrairement à d’autres icônes comme Madonna ou Elton John, il peut ainsi circuler incognito dans les transports en commun, un luxe qu’il qualifie d’« extraordinaire ». Cette autonomie lui permet de continuer à écrire, à performer et à vivre pleinement sa carrière artistique, un luxe qu’il ne tient pas pour acquis.
« Je travaille énormément et je veux être à l’aise là où je suis, que ce soit avec du maquillage ou non, sur scène ou dans la rue. À l’époque, lorsque je n’étais pas habillé comme ça, j’étais très à l’aise, mais aujourd’hui, j’ai plus de mal quand je m’habille comme tout le monde. »
Boy George, à Franceinfo
Son parcours, marqué par la résilience et l’acceptation de soi, continue d’inspirer des générations d’artistes et de fans. À l’ère des réseaux sociaux et des normes sociales exacerbées, son message de liberté et d’authenticité résonne plus que jamais. Boy George reste une figure intemporelle, prouvant que la véritable révolution artistique commence souvent par l’acceptation de qui l’on est.
Pour l’instant, seul le Barrière Enghien Festival le 4 juillet 2026 a été officiellement annoncé. Aucun autre engagement en France n’a été confirmé, mais l’artiste pourrait multiplier les dates à l’international dans les mois à venir, comme en témoignent ses récents concerts aux États-Unis.
Boy George a indiqué qu’il comptait revisiter son répertoire de manière « jazzy », probablement en s’inspirant des expérimentations récentes qu’il a menées lors de ses concerts américains. Le festival d’Enghien, axé sur le jazz, devrait lui offrir un cadre propice à cette évolution artistique.