Le baril de Brent a atteint 98 dollars ce mercredi 27 mai, selon BFM Business. Ce niveau de prix, qui s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, a été au cœur des débats de l’émission Good Morning Business présentée par Laure Closier et Erwan Morice. Pendant deux jours consécutifs, plusieurs invités de premier plan ont analysé les répercussions de cette hausse sur les entreprises, notamment les PME, tout en abordant les défis structurels de l’économie française.

Ce qu'il faut retenir

  • Le baril de Brent s’échange à 98 dollars, un niveau influencé par le blocus pétrolier américain à Cuba et les tensions au Moyen-Orient.
  • Plusieurs dirigeants de PME ont plaidé pour une simplification des règles économiques afin de favoriser leur développement.
  • Le président du Medef, Patrick Martin, a souligné le pessimisme des entrepreneurs face à la situation actuelle et leur position attentiste avant l’élection présidentielle de 2027.
  • Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français, a défendu l’idée d’un Made in France accessible au marché de masse.
  • Bénédicte Durand (Altheora) et Cédric Meston (Groupe Revive) ont évoqué l’impact de la flambée des matières premières sur les PME et les opportunités liées à la reprise d’entreprises.

Le Brent à 98 dollars : un baromètre des tensions géopolitiques

Le prix du baril de Brent, référence mondiale du pétrole, a franchi la barre des 98 dollars mercredi 27 mai, un seuil qui reflète les incertitudes persistantes sur les marchés énergétiques. Selon BFM Business, cette hausse s’explique en partie par le blocus pétrolier imposé par les États-Unis à Cuba, qui aggrave une crise sanitaire déjà inédite sur l’île. Jean-Louis Martin, économiste et chercheur associé à l’Ifri, a analysé cette situation lors de son passage dans l’émission Le monde qui bouge, soulignant que « l’embargo américain prive Cuba d’une partie de ses approvisionnements en carburant », aggravant ainsi les difficultés économiques du pays.

Autre facteur de tension : les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui continue de perturber les chaînes d’approvisionnement et d’alimenter la spéculation sur les prix de l’énergie. Cette conjoncture pèse directement sur les entreprises, en particulier les PME, dont les coûts de production dépendent fortement des matières premières.

PME sous pression : la flambée des coûts et l’appel à la simplification

Plusieurs dirigeants de PME ont partagé leur analyse des défis actuels lors d’une journée spéciale dédiée aux petites et moyennes entreprises. Léonard Prunier, président de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF) et de l’entreprise Prunier, a lancé un plaidoyer pour une réduction des contraintes administratives qui, selon lui, « freinent la compétitivité des PME ». Il a appelé à l’abolition des « règles contraignantes qui empêchent les entreprises de prospérer », un discours repris par Marie Sermadiras, directrice générale de Terre & Ciel Studio.

De son côté, Patrick Martin, président du Medef, a dressé un constat plus large. Dans son intervention, il a évoqué le pessimisme des entrepreneurs face à l’incertitude politique et économique, ainsi que leur position attentiste en vue de l’élection présidentielle de 2027. « Les PME attendent des politiques publiques claires », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que le Medef milite pour le retour de la TVA sociale, une mesure qui, selon lui, pourrait « redonner un avantage compétitif aux entreprises françaises ».

Made in France et reprise d’entreprises : deux leviers de croissance

Dans un registre différent, Guillaume Gibault, président fondateur du Slip Français, a défendu une vision ambitieuse pour le « Made in France ». Pour lui, l’enjeu n’est pas seulement de produire localement, mais de conquérir un marché de masse avec des produits « haut de gamme mais accessibles ». Il a expliqué que son entreprise mise sur cette stratégie pour « élargir sa clientèle sans sacrifier la qualité », un modèle qui semble porter ses fruits, à en croire les résultats affichés par la marque.

De leur côté, Bénédicte Durand (PDG d’Altheora) et Cédric Meston (fondateur et président du Groupe Revive, repreneur de Tupperware) ont abordé un autre angle : les opportunités liées à la reprise d’entreprises. Meston, dont le groupe a récemment racheté la marque Tupperware, a mis en avant le « potentiel inexploité du marché de la reprise », notamment pour les PME touchées par la hausse des coûts. Durand, quant à elle, a souligné que la situation actuelle « crée des opportunités pour les repreneurs capables de restructurer des entreprises en difficulté ».

TVA sociale et attentes des PME : quelles solutions pour l’économie française ?

Lionel Roques, PDG du groupe Franco European, a apporté un éclairage complémentaire sur les attentes des PME envers les pouvoirs publics. Lors de son intervention, il a mis en avant le « retour de la TVA sociale comme un levier pour soutenir les entreprises ». Cette mesure, qui consiste à réduire les cotisations sociales en compensant par une hausse de la TVA, est présentée par ses partisans comme un moyen de « redonner du pouvoir d’achat aux entreprises sans alourdir leur fiscalité directe ».

Autre dossier brûlant : l’initiative de Bercy, confiée à quatre économistes, visant à « objectiver les comptes publics » avant le budget 2027. Lors de leur chronique, Emmanuel Lechypre et Jean-Marc Daniel ont analysé cette démarche, présentée comme une tentative de « clarifier les prévisions de déficit » dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires restent limitées.

Et maintenant ?

La hausse persistante du prix du Brent et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient maintenir la pression sur les coûts des entreprises dans les semaines à venir. Les prochaines étapes politiques, notamment l’élection présidentielle de 2027, devraient également peser sur les décisions des PME, dont beaucoup adoptent une attitude attentiste. La mise en œuvre éventuelle de la TVA sociale, si elle est actée, pourrait en revanche offrir un sursis à certaines entreprises d’ici la fin de l’année.

Côté reprise d’entreprises, les acteurs du secteur tablaient sur une accélération des transactions dans les six prochains mois, à condition que la conjoncture financière ne se dégrade pas davantage. Enfin, la simplification des règles économiques, évoquée à plusieurs reprises, reste un sujet de débat qui pourrait trouver un écho au Parlement d’ici la rentrée.

Le Brent sert de référence mondiale pour le prix du pétrole, une matière première essentielle pour de nombreuses industries. Lorsque son prix augmente, comme c’est le cas aujourd’hui avec 98 dollars le baril, les coûts de production des entreprises – notamment celles dépendantes du transport ou des plastiques – s’envolent. Les PME, moins armées financièrement que les grands groupes pour absorber ces chocs, voient alors leurs marges se réduire et leur compétitivité menacée.