Le groupe cigarettier British American Tobacco (BAT), propriétaire des marques Lucky Strike et Dunhill, a annoncé lundi la suppression de 5 500 postes à l’échelle mondiale dans le cadre d’un vaste plan de transformation. Selon BFM Business, cette restructuration doit permettre à l’entreprise d’économiser 600 millions de livres sterling (environ 695 millions d’euros) d’ici 2028, tout en accélérant sa mutation vers une offre « majoritairement sans fumée ».
Parmi ces suppressions, environ 3 500 emplois devraient être externalisés vers des partenaires stratégiques, notamment dans des centres de services situés au Costa Rica, au Mexique, en Pologne, en Roumanie et en Malaisie. Par ailleurs, certaines activités logistiques au Royaume-Uni et à Singapour seront transférées à Accenture, partenaire historique du groupe. Au Pakistan, une partie des postes sera redirigée vers Systems Ltd, une société locale spécialisée dans les services technologiques et commerciaux. BFM Business précise que ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à moderniser l’entreprise, avec un accent marqué sur l’intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe British American Tobacco va supprimer 5 500 postes dans le monde d’ici la fin de l’année, selon BFM Business.
- Ces suppressions s’inscrivent dans un plan d’économies de 600 millions de livres sterling (695 M€) d’ici 2028.
- 3 500 emplois seront externalisés vers des partenaires comme Accenture et Systems Ltd.
- BAT mise sur l’intelligence artificielle et la digitalisation pour financer sa transition vers les produits sans fumée.
- Le groupe a réalisé 18,2 % de son chiffre d’affaires en 2025 grâce à ses produits sans fumée, comme les cigarettes électroniques Vuse.
- BAT vise une entreprise « majoritairement sans fumée » d’ici 2035, malgré un recul de 1,70 % de son titre en Bourse ce lundi.
Un virage stratégique vers l’innovation et la réduction des coûts
Cette restructuration s’accompagne d’une volonté affichée de transformer BAT en une entreprise « plus numérique et axée sur l’IA ». Dès février 2026, le directeur financier par intérim de BAT, Javed Iqbal, avait indiqué au Financial Times que l’entreprise s’appuierait sur un partenariat avec Microsoft pour intégrer ces nouvelles technologies. L’objectif ? Optimiser les processus internes et réduire les coûts structurels, tout en développant une gamme de produits moins nocifs que les cigarettes traditionnelles.
Dans son communiqué, BAT met en avant les 34 milliards de livres sterling de dividendes redistribués à ses actionnaires depuis 2020, soulignant ainsi sa capacité à concilier transformation et performance financière. Pourtant, ces annonces s’accompagnent d’une baisse immédiate de son cours en Bourse : le titre perdait 1,70 % en milieu de matinée à la Bourse de Londres, reflétant les inquiétudes des investisseurs face à l’ampleur des restructurations.
Une transition accélérée vers les produits sans fumée
La crise des cigarettes traditionnelles pousse BAT à accélérer sa diversification. En 2025, l’entreprise a réalisé 18,2 % de son chiffre d’affaires grâce à ses produits sans fumée, tels que les cigarettes électroniques Vuse ou les sachets de nicotine Velo. Ces alternatives, moins toxiques que la cigarette, répondent à la baisse de la demande et aux régulations toujours plus strictes dans plusieurs pays. Pourtant, malgré ces efforts, le groupe reste sous pression : en 2025, il affichait encore des bénéfices records de 7,6 milliards de livres sterling (8,8 milliards d’euros), mais la transition vers une économie « sans fumée » implique des investissements massifs et des restructurations douloureuses.
Selon Russ Mould, analyste chez AJ Bell, interrogé par l’AFP, « l’ampleur de ces réductions est révélatrice de l’époque et cette tendance est préoccupante pour la santé du marché du travail ». L’expert souligne que BAT n’est pas un cas isolé : de nombreuses entreprises, y compris dans des secteurs traditionnels, misent désormais sur l’automatisation et l’IA pour réduire leurs coûts et rester compétitives. Pour le cigarettier, cette stratégie s’inscrit dans un objectif clair : devenir une entreprise « majoritairement sans fumée » d’ici 2035.
Externalisation et digitalisation : les leviers de la transformation
Le plan de restructuration de BAT repose sur deux piliers : l’externalisation massive de certains services et l’intégration de solutions technologiques avancées. Depuis juillet 2025, le groupe collabore avec Accenture pour externaliser une partie de ses activités, notamment dans les centres de services mondiaux et les opérations logistiques. Des pays comme le Costa Rica, le Mexique, la Pologne, la Roumanie et la Malaisie sont directement concernés, tout comme le Royaume-Uni et Singapour, où les activités d’approvisionnement seront externalisées. Au Pakistan, Systems Ltd prendra le relais pour une partie des postes, selon les détails communiqués par BFM Business.
Parallèlement, BAT mise sur des partenariats technologiques pour moderniser ses outils. Le rapprochement avec Microsoft vise à intégrer l’intelligence artificielle dans la gestion des processus industriels et commerciaux, une démarche que plusieurs analystes qualifient de « nécessaire » pour survivre dans un secteur en pleine mutation. Pour autant, ces transformations soulèvent des questions sur l’impact social : 5 500 emplois supprimés dans un contexte de tensions sur le marché du travail ne sont pas sans conséquences pour les salariés concernés.
Les observateurs s’attendent à ce que d’autres acteurs du secteur tabac adoptent des mesures similaires dans les mois à venir, sous la pression des régulations et des attentes des consommateurs. Pour les salariés concernés, des dispositifs de reclassement ou de reconversion pourraient être mis en place, mais leur efficacité dépendra des accords négociés avec les syndicats et les partenaires sociaux.
Une chose est sûre : la transformation de BAT marque un tournant pour l’industrie du tabac, désormais contrainte de se réinventer pour survivre dans un environnement où la santé publique et l’innovation technologique dictent leur loi.
BAT mise principalement sur les cigarettes électroniques Vuse, ainsi que sur les sachets de nicotine Velo. Ces produits représentent aujourd’hui 18,2 % du chiffre d’affaires du groupe, contre 7,6 milliards de livres sterling de bénéfices en 2025.
Selon le communiqué de BAT, 5 500 postes devraient être supprimés d’ici la fin de l’année 2026. Les premières externalisations vers des partenaires comme Accenture ou Systems Ltd ont déjà commencé dans certains pays.