Le gouvernement s’engage à réduire le déficit public en 2027, un objectif qui passe, selon BFM Business, par la préparation de mesures d’économies dès le budget 2026. Lors de l’émission Les Experts, diffusée ce mardi 21 avril, plusieurs experts ont analysé cette stratégie, tout en évoquant les initiatives du Rassemblement national en faveur des entreprises. L’émission, présentée par Raphaël Legendre, a réuni Olivier Babeau, président de l’Institut Sapiens, Elizabeth Ducottet, PDG de Thuasne, et André Loesekrug-Piétri, président de Jedi (Join European Disruptive Initiative).

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement prépare des économies pour tenir le budget 2026 et réduire le déficit public en 2027, selon BFM Business.
  • L’émission Les Experts sur BFM Business a abordé cette stratégie lors de son édition du 21 avril 2026.
  • Olivier Babeau (Institut Sapiens), Elizabeth Ducottet (Thuasne) et André Loesekrug-Piétri (Jedi) ont participé au débat.
  • L’offensive pro-business du Rassemblement national a également été discutée.

Un budget 2027 sous tension budgétaire

Le ministère de l’Économie et des Finances, dirigé par Bruno Le Maire, mise sur des économies ciblées pour respecter les engagements européens en matière de déficit. D’après BFM Business, ces mesures s’inscrivent dans un contexte de pression accrue sur les finances publiques, aggravé par les dépenses liées à la transition écologique et aux investissements stratégiques. Le gouvernement table sur une croissance modérée pour limiter l’impact des réductions de dépenses, tout en évitant une hausse des prélèvements obligatoires.

Les discussions autour du budget 2027 s’inscrivent dans la continuité des efforts engagés depuis 2024, lorsque l’exécutif avait acté une trajectoire de réduction progressive du déficit, passant de 5,5 % du PIB en 2023 à 3 % en 2027. Cependant, les incertitudes économiques, notamment liées aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés, compliquent l’équation.

Le Rassemblement national et son virage pro-entreprises

Parallèlement, le Rassemblement national a récemment multiplié les initiatives pour séduire le patronat. Lors de l’émission, les intervenants ont souligné la rencontre entre Marine Le Pen et Jordan Bardella avec les représentants du Medef et de la CPME. Selon BFM Business, cette stratégie vise à crédibiliser le parti sur les questions économiques, après des années de critique du libéralisme.

Elizabeth Ducottet, PDG de Thuasne, a rappelé l’importance de la stabilité réglementaire pour les entreprises : «

Les entrepreneurs ont besoin de visibilité. Les changements fréquents de règles du jeu freinent les investissements et la compétitivité.
» André Loesekrug-Piétri, pour sa part, a tempéré l’enthousiasme autour du RN, estimant que «
le discours reste encore en décalage avec certaines propositions concrètes.
»

Des experts divisés sur les solutions à apporter

Olivier Babeau, président de l’Institut Sapiens, a défendu l’idée d’une réduction ciblée des dépenses sociales, notamment dans les niches fiscales inefficaces. Il a aussi appelé à une réforme de l’assurance chômage, un sujet récurrent dans le débat public. «

La France dépense plus que ses voisins pour un résultat mitigé. Il faut oser des choix douloureux pour retrouver de la marge de manœuvre.
»

De son côté, Elizabeth Ducottet a plaidé pour un soutien accru à l’innovation et à la compétitivité des PME. «

Plutôt que de tailler dans les dépenses, il faudrait investir dans la formation et les technologies pour doper la productivité.
» Les deux approches illustrent les tensions entre rigueur budgétaire et relance de l’économie.

Un contexte économique marqué par les alertes du FMI

Les discussions sur le budget 2027 interviennent alors que les Assemblées générales de printemps du FMI et de la Banque mondiale ont mis en garde contre la hausse des dettes publiques. Selon BFM Business, la guerre au Moyen-Orient et les tensions commerciales mondiales aggravent les risques de ralentissement. Le Fonds monétaire international a notamment pointé du doigt les pays dont la dette dépasse 100 % du PIB, une catégorie à laquelle appartient la France.

Dans ce contexte, la réduction du déficit devient un impératif pour éviter une dégradation de la note souveraine par les agences de notation. Les marchés financiers surveillent de près la capacité de la France à tenir ses objectifs, alors que les taux d’intérêt restent élevés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour l’élaboration du budget 2027. Le gouvernement devrait présenter un projet de loi de finances rectificative d’ici l’été, avant une adoption définitive à l’automne. Les négociations avec les partenaires sociaux et les collectivités locales pourraient s’avérer tendues, d’autant que les mesures d’économies risquent de toucher des secteurs sensibles comme la santé ou l’éducation. Par ailleurs, l’offensive du RN en direction des entreprises pourrait s’intensifier, avec des propositions législatives attendues d’ici la fin de l’année.

La capacité du gouvernement à concilier rigueur budgétaire et soutien à l’activité économique sera déterminante pour les prochains mois. Les experts s’accordent à dire que l’enjeu dépasse le simple cadre comptable : il s’agit de préserver la crédibilité de la France sur la scène internationale, tout en évitant un ralentissement durable.

Selon BFM Business, le gouvernement mise sur une réduction ciblée des dépenses publiques, notamment dans les niches fiscales inefficaces et les subventions jugées superflues. Une réforme de l’assurance chômage, évoquée par plusieurs experts, pourrait également figurer parmi les leviers. Cependant, aucun détail précis n’a encore été rendu public, les arbitrages devant intervenir d’ici l’été.