Les six pays européens qualifiés de « frugaux » ont réaffirmé leur opposition, ce jeudi 2 septembre 2026, à la proposition budgétaire de la Commission européenne pour la période 2028-2034. Selon le Figaro, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède ont appelé à une réduction « de plusieurs centaines de milliards d’euros » de l’enveloppe globale, jugée trop élevée.

Ce qu’il faut retenir

  • Les six États « frugaux » contribuent à hauteur d’environ 40 % du budget européen.
  • Ils rejettent l’enveloppe de 2 000 milliards d’euros proposée par Bruxelles, en hausse de 60 % par rapport au budget actuel.
  • Ces pays exigent une discipline budgétaire renforcée et une réorientation des dépenses vers la défense et la compétitivité.
  • Ils s’opposent frontalement à la France, qui plaide pour un recours à l’emprunt pour financer le budget.
  • Les négociations doivent aboutir d’ici la fin de l’année, avant les élections de 2027 dans plusieurs États membres.

Un front commun contre l’augmentation des dépenses européennes

Portés par l’Allemagne, les six États « frugaux » ont adopté une position commune lors d’une conférence de presse à Berlin, en présence du chancelier allemand Friedrich Merz et de ses homologues finlandais, autrichien et danois. Les dirigeants néerlandais et suédois ont participé en visioconférence. « Nous ne sommes pas radins, mais ces propositions de répartition ne correspondent tout simplement pas à notre époque », a souligné Friedrich Merz, avant d’ajouter : « L’Union européenne doit faire des choix clairs et redéfinir ses priorités budgétaires, comme nous le faisons chez nous. »

Selon nos confrères du Figaro, ces pays, contributeurs nets au budget de l’UE, refusent catégoriquement l’augmentation des dépenses publiques telle que suggérée par la Commission. L’enveloppe de 2 000 milliards d’euros, en progression de 60 % par rapport au budget actuel, est jugée disproportionnée. « Passer de plusieurs centaines de milliards d’euros, de manière équilibrée, serait une solution plus réaliste », ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Priorité à la défense et à la compétitivité face aux États-Unis et à la Chine

Les « frugaux » souhaitent recentrer les dépenses européennes sur deux axes principaux : le renforcement de la défense, dans un contexte de tensions accrues avec la Russie, et l’amélioration de la compétitivité du continent face aux États-Unis et à la Chine. « À l’heure où l’OTAN fait face à une Russie hostile, l’Europe ne peut se permettre de dilapider ses ressources », a rappelé un diplomate européen sous couvert d’anonymat.

Cette position les place en opposition frontale avec des pays comme l’Italie, l’Espagne ou la Pologne, qui défendent une augmentation des fonds alloués aux politiques de cohésion et de transition écologique. Pour Berlin, Copenhague, La Haye ou Stockholm, ces dépenses doivent être revues à la baisse au profit d’investissements stratégiques dans les technologies clés et la résilience industrielle.

Un affrontement politique avec la France et Emmanuel Macron

La tension entre les « frugaux » et Paris s’est cristallisée lors du sommet des 27 en juin 2026. Le président français Emmanuel Macron a défendu l’idée d’un recours à l’emprunt pour financer le budget européen, une proposition fermement rejetée par Berlin. « Les États doivent montrer l’exemple en matière de discipline budgétaire », a rétorqué Friedrich Merz lors d’une intervention publique.

Selon le Figaro, les dirigeants européens espèrent aboutir à une position commune d’ici la fin de l’année, avec trois sommets prévus à Bruxelles en octobre, novembre et décembre. L’objectif est de finaliser un accord avant les élections de 2027 dans plusieurs États membres, dont la France, où l’extrême droite pourrait obtenir des résultats significatifs. « Il y a urgence à agir pour éviter une paralysie institutionnelle », a indiqué une source proche du Conseil européen.

Et maintenant ?

Antonio Costa, président du Conseil européen, a entamé cette semaine une tournée des capitales de l’UE pour tenter de rapprocher les positions. Les prochaines semaines s’annoncent décisives, avec des discussions serrées prévues lors des sommets d’octobre. Reste à voir si les « frugaux » parviendront à imposer leur vision restrictive, ou si un compromis sera trouvé pour éviter une crise institutionnelle. Les élections de 2027 pourraient, en effet, rebattre les cartes politiques en Europe.

Les divergences persistent, mais une chose est sûre : le budget 2028-2034 sera au cœur des débats européens d’ici la fin de l’année. Les « frugaux » entendent bien faire valoir leur poids financier, tandis que leurs détracteurs misent sur une solidarité accrue entre États membres.

Les six États « frugaux » sont l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède. Ce surnom, apparu lors des négociations du budget 2021-2027, reflète leur attachement à une discipline budgétaire stricte et leur réticence à augmenter les dépenses européennes. Ils sont traditionnellement contributeurs nets au budget de l’UE, c’est-à-dire qu’ils versent plus qu’ils ne reçoivent.