Alors que les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne (UE) s’intensifient à Bruxelles, la Bulgarie monte au créneau pour défendre une enveloppe dédiée aux politiques de cohésion. Selon Euronews FR, le vice-Premier ministre bulgare, Atanas Pekanov, a appelé ce mardi 2 juillet 2026 à préserver ces fonds, essentiels pour réduire les inégalités entre les régions européennes.
Ce qu'il faut retenir
- La Bulgarie, par la voix de son vice-Premier ministre, insiste pour que les fonds de cohésion soient maintenus dans le budget pluriannuel de l’UE, malgré les pressions budgétaires.
- Ces fonds visent à soutenir les régions les moins développées, notamment en Europe de l’Est, où le PIB par habitant reste inférieur à la moyenne communautaire.
- Les négociations sur le budget 2028-2034 de l’UE doivent aboutir d’ici la fin de l’année, avec un accord attendu sous présidence hongroise au second semestre 2026.
Dans un contexte marqué par des divergences entre États membres sur l’orientation des dépenses européennes, Atanas Pekanov a souligné l’importance de ces mécanismes de solidarité. « L’Union européenne doit préserver des politiques telles que la politique de cohésion », a-t-il déclaré, selon Euronews FR. Pour Sofia, ces fonds ne sont pas une option, mais une nécessité pour garantir une croissance équilibrée au sein du bloc.
Les fonds de cohésion, qui représentent environ 30 % du budget total de l’UE, ciblent principalement les pays d’Europe centrale et orientale, mais aussi certaines régions d’Europe du Sud. Leur réduction risquerait, selon ses défenseurs, d’aggraver les écarts de développement et de fragiliser la convergence économique européenne. « C’est une question de justice sociale et territoriale », a ajouté le responsable bulgare, évoquant des régions encore marquées par des décennies de retard infrastructurel et industriel.
Un enjeu budgétaire sous tension à Bruxelles
Les discussions sur le prochain cadre financier pluriannuel, qui couvrira la période 2028-2034, s’annoncent particulièrement tendues. Plusieurs États membres, dont les Pays-Bas et la Suède, militent pour une baisse des dépenses, jugées trop élevées par rapport aux contributions nationales. À l’inverse, les pays d’Europe de l’Est, soutenus par des États comme l’Italie ou la Grèce, défendent le maintien — voire l’augmentation — des fonds structurels.
La Commission européenne, de son côté, a proposé en mai 2026 un budget global en légère hausse, mais avec des arbitrages complexes entre politiques agricoles, recherche et cohésion. « Le débat n’est pas seulement technique, il est politique », analyse un diplomate européen cité par Euronews FR. La Bulgarie, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE au second semestre 2026, pourrait jouer un rôle clé dans ces négociations, en cherchant à rallier les États réticents.
La Bulgarie en première ligne pour défendre ses intérêts
Avec un PIB par habitant représentant à peine 55 % de la moyenne de l’UE en 2025, selon Eurostat, la Bulgarie figure parmi les principaux bénéficiaires des fonds de cohésion. Depuis son adhésion en 2007, le pays a bénéficié de plus de 15 milliards d’euros au titre de ces dispositifs, destinés notamment à moderniser ses infrastructures et à soutenir son secteur agricole.
Pour Atanas Pekanov, la réduction de ces aides « condamnerait des années de progrès et aggraverait les inégalités ». Il a rappelé que ces fonds avaient permis à des régions bulgares de rattraper partiellement leur retard, notamment dans les domaines de l’éducation et des transports. « On ne peut pas parler de solidarité européenne en vidant ces politiques de leur substance », a-t-il argumenté, lors d’une conférence de presse à Sofia la semaine dernière.
Quoi qu’il en soit, l’issue de ce bras de fer déterminera en grande partie la capacité de l’UE à réduire les fractures économiques internes dans les années à venir. « Le budget n’est pas qu’une question de chiffres, c’est un choix de société », a conclu Pekanov, résumant l’enjeu qui se joue aujourd’hui à Bruxelles.
Les fonds de cohésion sont principalement alloués aux pays d’Europe centrale et orientale, comme la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Bulgarie, ainsi qu’à certaines régions d’Europe du Sud, notamment en Grèce, en Italie du Sud et en Espagne. Ces pays affichent un PIB par habitant inférieur à 75 % de la moyenne de l’UE, seuil fixé pour l’éligibilité à ces aides.