En Bulgarie, 3 400 familles ont bénéficié d’un accompagnement inédit depuis 2023, leur permettant à la fois de faire garder leurs jeunes enfants et de retrouver un emploi. Ce dispositif, baptisé « Parents in Employment » et soutenu financièrement par l’Union européenne, illustre une solution pragmatique face au double défi de l’accueil de la petite enfance et du chômage. Selon Euronews FR, ce programme a déjà permis à 3 500 professionnels de la petite enfance d’être recrutés, tout en offrant jusqu’à huit heures de garde gratuite par jour aux parents éligibles.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement 22 % des enfants bulgares de moins de trois ans fréquentent une structure d’accueil, contre 40 % en moyenne dans l’UE.
- Le projet « Parents in Employment », lancé en 2023, a bénéficié à 3 400 familles et créé 3 500 emplois dans la petite enfance.
- Financé à hauteur de 33,5 millions d’euros, dont 28 millions proviennent du Fonds social européen Plus.
- Les parents éligibles bénéficient de huit heures de garde gratuite par jour pour leurs enfants.
- Ce programme s’inscrit dans le cadre du pilier européen des droits sociaux, actualisé le 22 juillet 2026.
Un dispositif qui répond à un besoin criant en Bulgarie
La Bulgarie affiche l’un des taux les plus bas de l’Union européenne en matière d’accueil des jeunes enfants : seulement 22 % des moins de trois ans sont inscrits dans une structure d’éducation et de garde, contre une moyenne de 40 % au niveau européen. Ce retard s’explique en partie par un manque de places disponibles, mais aussi par un coût souvent prohibitif pour les familles. Kristina Ruzhdanova, mère célibataire, en a fait les frais pendant trois mois avant de trouver une solution grâce à « Parents in Employment ». Elle a signé un contrat avec Galina Ilieva, une nounou employée à temps plein pour s’occuper de son fils, lui permettant ainsi de reprendre son poste de comptable.
« Sans ce programme, je n’aurais pas pu travailler, confie-t-elle à Euronews FR. J’ai dû chercher pendant des semaines une solution fiable et abordable. Aujourd’hui, je peux compter sur Galina, et mon emploi me permet de subvenir aux besoins de mon enfant. » Pour Kristina, comme pour des milliers d’autres parents bulgares, l’enjeu n’était pas seulement professionnel, mais aussi social. En facilitant l’accès à la garde d’enfants, le programme a levé un frein majeur à l’emploi, notamment pour les parents isolés ou en situation précaire.
Un financement européen et une mécanique bien huilée
Avec un budget total de 33,5 millions d’euros, dont 28 millions financés par le Fonds social européen Plus, le programme « Parents in Employment » repose sur une logique simple : mettre en relation des demandeurs d’emploi présélectionnés avec des familles ayant besoin de solutions de garde. Les candidats sont rigoureusement évalués avant d’être mis en contact avec les parents, garantissant ainsi un service de qualité et une insertion professionnelle durable. Depuis son lancement en 2023, le dispositif a déjà permis de résoudre les problèmes de garde pour 3 400 familles et d’embaucher 3 500 professionnels de la petite enfance.
Ce modèle présente un double avantage : il réduit le chômage structurel en Bulgarie, où le taux de chômage reste supérieur à la moyenne européenne, et il comble une lacune majeure dans l’accueil des jeunes enfants. « Les structures d’accueil publiques en Bulgarie sont saturées, et les solutions privées sont souvent trop chères pour les familles modestes, explique un responsable du ministère du Travail bulgare. Ce programme offre une alternative réaliste, avec un coût maîtrisé pour l’État et les familles. »
Un alignement avec les priorités sociales de l’UE
Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large de l’agenda social de l’Union européenne, qui s’appuie sur le pilier européen des droits sociaux, révisé pour la dernière fois le 22 juillet 2026. Parmi les principes clés de cet agenda figurent l’accès universel à des services de qualité en matière de petite enfance, ainsi que la lutte contre le chômage, notamment dans les États membres où les taux restent élevés. La Bulgarie, avec un PIB par habitant inférieur à la moyenne de l’UE, est un terrain d’expérimentation idéal pour des politiques combinant inclusion sociale et activation professionnelle.
« Ce programme montre que les fonds européens peuvent être utilisés de manière innovante pour répondre à des enjeux concrets, souligne une analyste de la Commission européenne. En combinant garde d’enfants et emploi, on crée un cercle vertueux : les parents retrouvent du travail, les enfants bénéficient d’un environnement stimulant, et l’économie locale se renforce. » Pour autant, les défis persistent. Si 22 % reste un chiffre faible, il illustre les limites structurelles du système bulgare, où l’offre de garde peine à suivre la demande, malgré les progrès récents.
Pour Kristina Ruzhdanova, l’essentiel est ailleurs. « Aujourd’hui, mon fils est entre de bonnes mains, et je peux travailler l’esprit libre. C’est déjà une victoire. » Une victoire qui, à l’échelle du pays, pourrait en inspirer bien d’autres.
Les familles doivent être éligibles en fonction de leur situation professionnelle et sociale. Le programme cible en priorité les parents en recherche d’emploi ou en situation de précarité, avec une attention particulière pour les familles monoparentales. Les demandeurs d’emploi présélectionnés sont ensuite mis en relation avec les parents, après une évaluation de leurs compétences et de leur motivation.