L’indice parisien a terminé le mois d’août sur une note négative, avec un repli de 2,1 %, sa pire performance mensuelle depuis mars 2026. Selon nos confrères de BFM Bourse, cette baisse s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient et de hausse des prix de l’énergie, qui alimentent les craintes d’un regain inflationniste.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 recule de 0,79 % à 8 334,50 points lors de la dernière séance d’août, après une clôture en baisse.
  • Sur l’ensemble du mois, l’indice affiche un repli de 2,1 %, son premier mois négatif depuis mars (-8,9 %).
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran, marquées par des frappes réciproques, ont fait bondir le prix du baril de pétrole de 5,1 % (Brent) et 2,6 % (WTI).
  • TotalEnergies progresse de 1,2 % dans ce contexte, tandis que Viridien et Vallourec enregistrent des hausses significatives sur le SBF 120.
  • Les investisseurs anticipent désormais à plus de 60 % une hausse des taux de la Fed lors de sa réunion des 15 et 16 septembre.
  • Soitec affiche une progression de 6,4 % grâce à l’essor de la demande en composants pour l’IA, tandis qu’Advicenne s’effondre de 36,4 % après l’arrêt de son projet de médicament.

Un mois d’août marqué par la volatilité géopolitique

La Bourse de Paris a connu une fin de mois mouvementée. Après avoir résisté en début d’après-midi, le CAC 40 a finalement cédé 0,79 %, clôturant à 8 334,50 points. Selon BFM Bourse, cette baisse reflète l’inquiétude des investisseurs face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Les frappes américaines dans le détroit d’Ormuz, suivies de représailles iraniennes en Jordanie, ont relancé les craintes d’un conflit ouvert entre les deux pays.

Cette escalade a directement influencé les marchés de l’énergie. Le contrat à terme sur le Brent a bondi de 5,1 % à 90,48 dollars le baril, tandis que le WTI new-yorkais progressait de 2,6 % à 85,55 dollars. Une hausse des cours qui a mécaniquement soutenu les valeurs exposées à l’or noir, comme TotalEnergies, en hausse de 1,2 % sur la séance.

Inflation et politique monétaire : les marchés sous haute tension

Les tensions géopolitiques ne sont pas les seuls facteurs de nervosité. Les investisseurs ont également pris acte de l’accélération de l’inflation en Allemagne, où les prix de l’énergie ont fortement progressé en août. Un signal qui a précédé les chiffres de l’inflation pour l’ensemble de la zone euro, publiés le lendemain.

Dans ce contexte, les déclarations de Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine, ont été particulièrement scrutées. Selon BFM Bourse, il a qualifié l’inflation de « préoccupante » aux États-Unis, estimant que les progrès réalisés ces deux dernières années restent insuffisants. « Contrairement à ses précédentes interventions, ce discours présente une tonalité incontestablement « faucon » (hawkish) », a souligné Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM.

« Alors que son propos laisse assez clairement entendre que la Fed pourrait relever son taux directeur dès septembre, il prend soin de préciser que cela ne constitue en aucun cas une pré-annonce (forward guidance). »
— Christophe Morel, chef économiste de Groupama AM, selon BFM Bourse

Cette prise de position a renforcé les anticipations des marchés. L’outil CME FedWatch estime désormais à plus de 60 % la probabilité d’une hausse des taux lors de la prochaine réunion de la Fed, contre 40 % une semaine plus tôt.

Soitec en tête, Advicenne en chute libre : la volatilité gagne les valeurs individuelles

Au-delà des indices, certaines valeurs ont connu des mouvements spectaculaires. Soitec a enregistré une progression de 6,4 % après l’annonce de son dirigeant, qui a indiqué changer les règles du jeu pour ses clients. La demande en composants utilisés dans les équipements optiques explose, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle, un secteur en pleine expansion.

À l’inverse, Advicenne s’est effondrée de 36,4 % après avoir retiré sa demande d’enregistrement aux États-Unis pour son médicament en développement, destiné à traiter une maladie rénale. Une décision qui a pris de court les investisseurs et illustré la volatilité persistante des valeurs biotech.

L’euro résiste face au dollar

Sur le marché des changes, l’euro a progressé de 0,2 % face au billet vert, s’échangeant à 1,1617 dollar. Une légère appréciation qui contraste avec la volatilité observée sur les marchés actions et obligataires, où les craintes inflationnistes et géopolitiques dominent.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. La réunion de la Fed les 15 et 16 septembre pourrait marquer un tournant, avec une hausse des taux désormais largement anticipée. Par ailleurs, l’évolution de la situation au Moyen-Orient, et son impact sur les prix de l’énergie, continuera de peser sur les marchés. Enfin, les résultats des entreprises du CAC 40 pour le troisième trimestre, attendus à partir de fin octobre, pourraient apporter des éclairages sur la résilience de l’économie française face à ces chocs externes.

En attendant, les investisseurs devront composer avec un environnement marqué par l’incertitude géopolitique et la persistance des pressions inflationnistes. Autant dire que la volatilité pourrait bien rester de mise sur les marchés dans les semaines à venir.

Le repli de 2,1 % du CAC 40 en août s’explique principalement par deux facteurs : la hausse des prix du pétrole, liée aux tensions accrues entre les États-Unis et l’Iran, et les craintes d’un regain inflationniste en Europe et aux États-Unis. Ces éléments ont alimenté la volatilité des marchés et poussé les investisseurs à adopter une attitude plus prudente.

Les marchés auront les yeux rivés sur la réunion de la Réserve fédérale américaine les 15 et 16 septembre, où une hausse des taux est désormais très probable. Par ailleurs, les chiffres de l’inflation en zone euro, attendus début septembre, et les résultats des entreprises du CAC 40 pour le troisième trimestre, à partir de fin octobre, pourraient apporter des éléments clés pour évaluer l’impact de la crise géopolitique sur l’économie réelle.