L’indice CAC 40 affichait une progression quasi nulle à la mi-journée du jeudi 7 mai 2026, selon BFM Bourse. Cette stagnation reflète l’attentisme des marchés, toujours en attente d’un éventuel accord entre Washington et Téhéran, susceptible de desserrer les tensions au Moyen-Orient. Après une hausse marquée de 2,94% la veille, le CAC 40 peinait à franchir le cap des 8 304,46 points en milieu de séance, ne gagnant que 0,06%.

Cette paralysie des marchés survient dans un contexte où les investisseurs oscillent entre espoir et prudence. Plusieurs médias avaient évoqué, mercredi 6 mai, l’existence d’un mémorandum d’une page proposé par les États-Unis pour mettre fin au conflit opposant Washington et Téhéran. Donald Trump, interrogé dans la nuit, s’est montré optimiste, estimant qu’un accord était « très possible » au regard des « très bonnes discussions » en cours.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 perdait 1,09% en début de séance, à 8 112,57 points, avant de se stabiliser autour de 8 304,46 points à midi.
  • Un mémorandum américain de 1 page aurait été proposé pour relancer les négociations entre les États-Unis et l’Iran.
  • Donald Trump a qualifié un accord de « très possible » après des discussions qualifiées de « très bonnes ».
  • Le prix du pétrole Brent reculait de 2,9% à 98,34 dollars le baril, tandis que le WTI perdait 2,35% à 92,32 dollars.
  • Le secteur du luxe portait l’indice : Kering (+3,2%), Hermès (+2,7%) et LVMH (+2,2%) en tête.
  • SOITEC (+13,67%) et WORLDLINE (+8,97%) enregistraient les plus fortes hausses du jour hors CAC 40.

Un marché sous haute tension, entre espoirs et craintes

Les marchés financiers restent suspendus aux discussions en cours entre les États-Unis et l’Iran, une issue qui pourrait redessiner l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient. Selon BFM Bourse, l’espoir d’un dénouement favorable alimente l’appétit pour le risque, tandis que la volatilité menace de resurgir à la moindre étincelle. « D’un côté, l’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran continue de soutenir l’appétit pour le risque, notamment grâce au reflux du pétrole et à l’amélioration des anticipations inflationnistes », analyse John Plassard, spécialiste chez Cité Gestion.

Pour autant, la prudence domine. « De l’autre, les marchés restent extrêmement prudents face à une situation géopolitique qui demeure très instable », poursuit-il. Les investisseurs savent qu’aucun accord n’a encore été officiellement validé. Un simple tweet de Donald Trump pourrait suffire à relancer les tensions et raviver la volatilité sur les marchés. Autant dire que la prudence reste de mise.

Le pétrole en chute libre, un soulagement pour l’inflation

Dans ce contexte, le cours du pétrole a connu une baisse marquée. Le contrat Brent pour livraison en juillet a abandonné 2,9% à 98,34 dollars le baril, tandis que le WTI, référence américaine, reculait de 2,35% à 92,32 dollars. Cette tendance s’inscrit dans la lignée d’un apaisement des tensions, susceptible de faire baisser les craintes d’une flambée des prix de l’énergie.

« Le reflux du pétrole est l’un des facteurs qui améliore les anticipations inflationnistes », souligne John Plassard. Une baisse durable des cours du brut pourrait en effet atténuer les pressions sur les coûts de production et, par ricochet, sur les prix à la consommation. Cela expliquerait en partie l’optimisme relatif des marchés, malgré l’incertitude persistante.

Les valeurs du luxe tirent le CAC 40 vers le haut

Sur le plan sectoriel, le luxe se distingue comme le principal moteur de l’indice parisien. Kering affichait une progression de 3,2%, Hermès de 2,7%, et LVMH de 2,2%. Cette performance s’explique par une rotation de portefeuille en faveur de secteurs considérés comme plus résilients en période d’incertitude. Les investisseurs privilégient les entreprises capables de générer des marges stables, même en cas de ralentissement économique.

Côté bonnes nouvelles, Legrand a également séduit les marchés en publiant des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, avec une hausse de 1,5%. À l’inverse, Bouygues (-2,7%) et Engie (-1,8%) ont déçu, leurs performances mitigées étant sanctionnées par les investisseurs. Hors CAC 40, Trigano enregistrait une forte hausse de 5,2% après la publication de l’intégralité de ses résultats semestriels.

L’euro se renforce face au dollar, signe d’un apaisement relatif

Sur le front des changes, l’euro gagnait du terrain face à la devise américaine. La monnaie unique s’échangeait à 1,1776 dollar, en progression de 0,2%. Cette appréciation pourrait refléter une confiance accrue des investisseurs dans la stabilité économique européenne, dans un contexte où les tensions géopolitiques pèsent sur le billet vert. Elle s’inscrit aussi dans la lignée d’un apaisement des craintes liées à une escalade militaire au Moyen-Orient.

Pour autant, cette tendance reste fragile. Tout revirement dans les négociations entre Washington et Téhéran pourrait inverser la vapeur et relancer les pressions sur l’euro, perçu comme une valeur refuge en période de crise.

Et maintenant ?

Les prochains jours s’annoncent décisifs. Si un accord entre les États-Unis et l’Iran venait à être annoncé d’ici la fin de la semaine, les marchés pourraient enregistrer un rebond significatif. À l’inverse, un blocage persistant ou une nouvelle escalade des tensions maintiendrait l’indice parisien dans une zone de faible volatilité, avec des mouvements limités en attendant des signaux plus clairs. Les investisseurs devraient surveiller de près les déclarations officielles de Washington et Téhéran, ainsi que les réactions des cours du pétrole et du dollar.

La semaine prochaine pourrait également apporter son lot de publications économiques et de résultats d’entreprises, qui pourraient amplifier ou tempérer les tendances actuelles. En attendant, le CAC 40 reste prisonnier d’une équation simple : trop de risques pour un rebond franc, mais pas assez pour un effondrement.

La baisse des cours du pétrole s’explique par l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, qui pourrait lever les sanctions et permettre une reprise des exportations iraniennes. Les marchés anticipent ainsi un relâchement des tensions, réduisant les primes de risque intégrées dans les prix du brut.