Depuis des décennies, l’île de Cuba subit un blocus économique imposé par les États-Unis, renforcé ces dernières années par des sanctions supplémentaires. Selon Libération, la situation sur place se dégrade chaque jour un peu plus : coupures d’électricité, pénuries de carburant et de médicaments, et désaffection des touristes rendent la vie des Cubains de plus en plus précaire. En rencontrant plusieurs habitants, le quotidien français a pu constater l’ampleur des difficultés auxquelles ils font face au quotidien, dans un contexte où l’inflation et le manque d’emplois aggravent encore leur précarité.
Ce qu'il faut retenir
- Cuba subit un blocus économique renforcé par les sanctions américaines, aggravé depuis 2019.
- Les habitants subissent des pénuries d’essence, d’électricité et de médicaments, rendant la vie quotidienne extrêmement difficile.
- Le secteur du tourisme, vital pour l’économie cubaine, est en chute libre, privant le pays de devises étrangères.
- L’inflation et le manque d’emplois stables poussent une partie de la population à survivre avec des moyens de fortune.
Un blocus qui asphyxie l’économie cubaine
Depuis l’entrée en vigueur du renforcement des sanctions américaines en 2019, sous l’administration Trump puis maintenu sous celle de Biden, Cuba voit son économie étouffer. Libération rappelle que ces mesures visent notamment à limiter les échanges commerciaux, les transactions financières et l’accès aux ressources essentielles. Résultat : les Cubains font face à des ruptures de stock récurrentes dans les hôpitaux, où les médicaments manquent cruellement, et dans les stations-service, où l’essence se fait rare. Autant dire que les déplacements, même pour les travailleurs essentiels, deviennent un parcours du combattant.
À La Havane, comme dans les autres grandes villes, les coupures de courant sont fréquentes et imprévisibles. Les autorités locales tentent de limiter les dégâts en rationnant l’électricité, mais ces mesures ne suffisent pas à compenser les effets du blocus. Les entreprises privées, déjà fragilisées par la crise économique, peinent à importer les matières premières nécessaires à leur activité. Bref, le cercle vicieux de la pénurie s’installe durablement.
Le tourisme, un secteur en pleine agonie
Avant la pandémie de Covid-19, le tourisme représentait une manne financière majeure pour Cuba, avec plus de 4 millions de visiteurs par an en 2019. Aujourd’hui, ce chiffre a chuté de plus de 80 %, selon les estimations locales rapportées par Libération. Les raisons ? Outre les restrictions sanitaires, les sanctions américaines ont rendu les voyages vers l’île moins attractifs pour les étrangers. Les compagnies aériennes américaines, par exemple, ont réduit voire supprimé leurs liaisons directes avec Cuba.
Les conséquences sont désastreuses pour les Cubains dépendants de ce secteur. Les guides touristiques, les chauffeurs, les artisans et les petits commerçants voient leurs revenus s’effondrer. « Avant, je gagnais suffisamment pour faire vivre ma famille. Aujourd’hui, je dois me contenter de quelques pesos par jour en vendant des cigarettes à la sauvette », témoigne un habitant de La Havane sous couvert d’anonymat. Les rares touristes encore présents sont souvent des proches de Cubains vivant à l’étranger, venus avec des cadeaux ou des envois d’argent, qui permettent à certains de survivre.
Une population résignée mais en quête de solutions
Face à cette dégradation de leurs conditions de vie, les Cubains adoptent des stratégies de survie. Certains se tournent vers le secteur informel, vendant des produits de première nécessité ou proposant des services à la petite semaine. D’autres tentent leur chance en quittant l’île, malgré les risques encourus. Les transferts d’argent envoyés par la diaspora cubaine depuis les États-Unis ou l’Europe représentent une bouée de sauvetage pour des milliers de familles. Pourtant, ces envois sont eux aussi entravés par les sanctions, qui limitent les montants et alourdissent les frais bancaires.
Malgré tout, une forme de résilience persiste. À Santiago de Cuba, des initiatives locales émergent pour relancer l’agriculture urbaine ou développer des coopératives artisanales. « On n’a pas le choix : il faut s’adapter ou disparaître », confie une employée d’une petite entreprise de recyclage. Pour autant, ces initiatives restent marginales et ne suffisent pas à compenser l’effondrement des structures économiques traditionnelles.
Alors que les Cubains tentent de tenir bon malgré l’adversité, une question persiste : combien de temps encore le pays pourra-t-il résister à l’étau des sanctions et à l’effondrement de ses secteurs clés ? Pour l’instant, la réponse semble se dessiner chaque jour un peu plus dans le quotidien de ses habitants.
Les sanctions américaines contre Cuba remontent à 1960, après la nationalisation des entreprises américaines sur place par le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro. Elles ont été renforcées à plusieurs reprises, notamment après l’effondrement de l’URSS en 1991, qui privait Cuba de son principal soutien économique. L’objectif affiché était de provoquer un changement de régime à La Havane. Aujourd’hui, ces mesures visent à limiter l’accès de Cuba aux dollars, aux technologies et aux échanges commerciaux, tout en isolant le pays sur la scène internationale.