Les investisseurs européens restent en alerte aujourd’hui à l’approche de deux événements majeurs susceptibles de redéfinir la dynamique des marchés. Selon nos confrères de BFM Bourse, la séance s’annonce particulièrement dense avec, d’une part, la publication à 14h30 des chiffres de l’inflation aux États-Unis et, d’autre part, les résultats trimestriels de Nvidia après la clôture de Wall Street. Une journée qui pourrait donner le ton à court terme pour le CAC 40, alors que l’indice parisien a reculé de 0,16 % hier à 8 439 points, tandis que le DAX gagnait 0,61 % et le STOXX 600 0,35 %.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 a cédé 0,16 % hier, contre une progression du DAX (+0,61 %) et du STOXX 600 (+0,35 %).
- Les marchés attendent à 14h30 les chiffres de l’inflation américaine (indice PCE) et la seconde estimation de la croissance du PIB au T2.
- Nvidia publiera ses résultats après la clôture de Wall Street, avec un chiffre d’affaires attendu à 92,2 milliards de dollars pour le trimestre.
- La Réserve fédérale américaine surveille de près l’évolution de l’inflation, avec un scénario de hausse des taux en septembre encore minoritaire.
- En Europe, les données allemandes se sont avérées plus encourageantes, avec un PIB révisé à +0,3 % au T2 et un indice Ifo à 88,8 en août.
Une journée sous le signe des indicateurs américains
L’attention des opérateurs se portera avant tout sur les États-Unis, où la publication de l’indice des prix PCE – mesure phare de l’inflation suivie par la Fed – est prévue à 14h30. Selon le consensus, la hausse mensuelle devrait atteindre 0,1 %, tandis que la progression annuelle est attendue à 3,6 %. Côté sous-jacent, les économistes anticipent une augmentation de 0,2 % sur un mois et de 3,3 % sur un an. Ces données pourraient peser lourdement sur les anticipations de politique monétaire, alors que la possibilité d’une hausse des taux en septembre reste envisagée avec prudence.
À la même heure, la seconde estimation de la croissance américaine pour le deuxième trimestre sera dévoilée. Le PIB devrait afficher une progression de 1,5 %, tandis que les revenus et dépenses des ménages ainsi que les commandes de biens durables compléteront un agenda déjà chargé. Ces publications interviendront dans un contexte où les marchés obligataires américains restent fragiles, après les tensions récentes sur les rendements. Plus tard dans la journée, le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole pourrait également apporter des éclaircissements sur la trajectoire future de la Fed.
L’Europe et l’Allemagne donnent des signes de stabilisation
Côté européen, les dernières données allemandes ont apporté une lueur d’espoir. Le produit intérieur brut du pays a été révisé à la hausse à +0,3 % pour le deuxième trimestre, contre une estimation initiale de +0,2 %. De même, l’indice Ifo du climat des affaires s’est amélioré, passant de 86,7 en juillet à 88,8 en août, dépassant ainsi les attentes des analystes (87,2). Ces chiffres suggèrent une stabilisation progressive de la première économie de la zone euro, après plusieurs trimestres de difficultés.
Sur le front géopolitique, la détente des cours du pétrole apporte un certain répit. Le baril de Brent, après avoir fortement corrigé, évolue désormais autour de 85 dollars, loin des niveaux enregistrés quelques jours plus tôt. Cette baisse, consécutive aux discussions entre l’Iran et Oman autour d’une réouverture partielle du détroit d’Ormuz, réduit temporairement les craintes inflationnistes. Toutefois, les tensions liées à l’Iran persistent et pourraient resurgir à tout moment.
Nvidia, l’événement microéconomique du jour
Si la macroéconomie domine l’agenda, les résultats de Nvidia s’imposent comme l’événement phare pour les investisseurs. Le géant des semi-conducteurs publiera ses comptes après la clôture de Wall Street, dans un contexte d’attentes exceptionnelles. Les analystes anticipent un chiffre d’affaires de 92,2 milliards de dollars pour le trimestre, soit près du double de celui enregistré un an plus tôt, avec un bénéfice net estimé à 51,25 milliards de dollars. Au-delà des chiffres, les commentaires de la direction sur la demande en intelligence artificielle, le déploiement de la puce Blackwell et les perspectives de croissance pour les prochains trimestres seront scrutés avec attention.
Hier, Nvidia a rebondi de 2,19 % après sept séances consécutives de baisse, tandis que le secteur des semi-conducteurs progressait de 1,44 %. Une lueur d’espoir dans un segment qui a connu une volatilité marquée ces dernières semaines.
Les valeurs françaises dans le viseur des investisseurs
En France, plusieurs entreprises feront l’objet d’une attention particulière. Eiffage publiera ses résultats après avoir remporté plusieurs contrats hospitaliers pour un montant cumulé de 132 millions d’euros. ID Logistics dévoilera également ses comptes, tandis que BNP Paribas pourrait être sous les projecteurs après des rumeurs évoquant une prise de participation d’au moins 15 % dans la banque vietnamienne Techcombank, pour un montant pouvant atteindre 2 milliards de dollars.
Parmi les autres annonces notables, Technip Energies a remporté un contrat d’ingénierie significatif aux Émirats arabes unis, et GTT a obtenu une commande portant sur les cuves de quatre nouveaux méthaniers construits en Chine. Klépierre, quant à elle, a placé 500 millions d’euros d’obligations vertes, tandis qu’OVHcloud pourrait réagir après l’annonce du départ de sa directrice financière.
Hier, certaines valeurs ont particulièrement retenu l’attention. Renault a reculé de 3,25 % et Kering de 3,34 %, pesant sur le CAC 40. À l’inverse, Air France-KLM a progressé de 3,78 % après une revalorisation de sa recommandation par Kepler Cheuvreux. Exosens a également gagné 1,50 % grâce à une première commande américaine portant sur 1 600 systèmes de vision nocturne.
Analyse technique : une résistance à franchir
D’un point de vue technique, le CAC 40 a de nouveau tenté hier de franchir la résistance des 8 508 points, sans succès. Cette tentative s’est soldée par la formation d’une « englobante baissière », un signal défavorable à court terme. « Le CAC 40 pourrait néanmoins tenter un rebond en début de séance, mais il s’agit d’une zone charnière : sans réaction rapide des acheteurs, le risque de nouveaux dégagements baissiers devrait s’accentuer », soulignent les analystes de BFM Bourse.
Pour les stratégistes, l’indice parisien reste sous surveillance. Leur scénario haussier à court terme reste valable tant que le CAC 40 évolue au-dessus du support à 8 280 points. Une clôture en dessous de ce seuil pourrait ouvrir la voie à une correction plus marquée.
Alors que les marchés restent guidés par les indicateurs américains, la capacité des investisseurs à digérer les données inflationnistes et les résultats des géants technologiques pourrait bien dicter la tendance des prochaines séances. Une chose est sûre : après des semaines de volatilité, les prochaines heures s’annoncent cruciales pour déterminer si le rebond tant attendu est à portée de main.
L’indice PCE (Personal Consumption Expenditures) est la mesure d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale américaine pour évaluer la santé de l’économie et ajuster sa politique monétaire. Une surprise à la hausse pourrait renforcer les anticipations d’une hausse des taux, ce qui pèse généralement sur les marchés actions et obligataires.
Un nouveau recul du CAC 40 sous le support des 8 280 points pourrait entraîner des dégagements plus larges, avec un risque de correction technique vers les 8 100 points. Les investisseurs surveilleraient alors la réaction des acheteurs autour de ces niveaux.