Avec l’arrivée des épisodes caniculaires en France, la question de la consommation de café pendant les vagues de chaleur revient sur le devant de la scène. Alors que certains n’imaginent pas leur journée sans leur espresso du matin, d’autres s’interrogent sur ses effets réels sur l’hydratation et la santé cardiovasculaire. Selon Top Santé, les idées reçues et les mises en garde médicales méritent d’être revisitées pour y voir plus clair.
Ce qu'il faut retenir
- Un café ne déshydrate pas davantage qu’un verre d’eau : son effet diurétique est souvent surévalué, d’après les experts.
- Le risque de déshydratation existe, mais il dépend davantage du volume de liquide consommé que de la boisson en elle-même.
- Les effets sur le cœur : une consommation modérée peut être bénéfique, mais un excès pourrait aggraver certains troubles cardiaques.
- Les recommandations officielles préconisent de compenser chaque tasse de café par un verre d’eau pour limiter les risques.
Un café, une déshydratation ? Le mythe à déconstruire
Contrairement à une croyance tenace, boire un café ne déshydrate pas plus que de l’eau plate. Selon une étude citée par Top Santé, l’effet diurétique de la caféine est généralement compensé par l’apport hydrique de la boisson. « Une tasse de café contient environ 95 mg de caféine, mais l’organisme s’adapte en augmentant légèrement la production d’urine sur une période de 24 heures », a précisé le Dr. Martin Laville, néphrologue à l’hôpital Lyon-Sud. Autant dire que, contrairement aux idées reçues, un espresso ne prive pas l’organisme d’eau comme on pourrait le craindre en période de forte chaleur.
Cœur et caféine : un équilibre à trouver
Si le café n’est pas un ennemi de l’hydratation, ses effets sur le système cardiovasculaire restent à surveiller, surtout en cas de canicule. La caféine peut provoquer une augmentation temporaire de la pression artérielle et du rythme cardiaque. « Chez les personnes souffrant d’hypertension ou d’arythmie, une consommation excessive de café peut aggraver leur condition », a souligné le cardiologue Jean-Philippe Empana, directeur de recherche à l’Inserm. Une modération est donc recommandée, avec une limite de 3 à 4 tasses par jour pour les adultes en bonne santé.
En revanche, pour les individus habitués à une consommation régulière, l’arrêt brutal de caféine pourrait entraîner des maux de tête ou de la fatigue, deux effets indésirables en période de stress thermique. Bref, tout est une question d’équilibre et d’adaptation individuelle.
Les recommandations des autorités sanitaires
Pour éviter les désagréments liés à la chaleur, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de maintenir un bon niveau d’hydratation, quelle que soit la boisson consommée. Selon Top Santé, il est conseillé de boire au moins 1,5 litre d’eau par jour en période de canicule, en complément des autres liquides. « Le café peut faire partie de cet apport hydrique, à condition de ne pas en abuser et de compenser avec de l’eau », a rappelé un porte-parole de Santé publique France. Les personnes âgées, les sportifs et les travailleurs en extérieur doivent redoubler de vigilance, leur sensibilité à la déshydratation étant plus élevée.
Alternatives et astuces pour limiter les risques
Pour ceux qui souhaitent réduire leur consommation de café sans sacrifier leur plaisir, plusieurs alternatives existent. Les infusions froides à base de fruits ou de plantes (hibiscus, menthe, fruits rouges) offrent une hydratation rafraîchissante sans caféine. « Ces boissons sont idéales pour varier les plaisirs tout en restant hydraté », a indiqué une diététicienne interrogée par Top Santé. Côté café, opter pour un décaféiné ou un café froid préparé la veille peut aussi limiter les effets indésirables.
Autre conseil pratique : éviter de consommer du café après 16 heures pour ne pas perturber le sommeil, déjà fragilisé par les nuits chaudes. Et surtout, écouter son corps : soif, fatigue ou étourdissements sont des signaux à ne pas ignorer.
En attendant, la clé reste la modération et l’adaptation des habitudes. Entre plaisir et santé, le compromis est possible – à condition de bien s’informer.