Une salariée française vient d’obtenir la reconnaissance officielle de son cancer du sein comme maladie professionnelle. Une décision qui intervient après des années de démarches et de lutte pour faire valoir ses droits, selon Franceinfo - Santé. Cette reconnaissance, obtenue dans le cadre d’une procédure administrative, marque un tournant pour les victimes de cancers liés à leur activité professionnelle.

Pour cette femme, aujourd’hui en rémission, cette issue représente bien plus qu’une formalité administrative. « C’est un vrai soulagement », confie-t-elle à Franceinfo - Santé. Ce cancer, diagnostiqué il y a plusieurs années, a bouleversé sa vie, mais obtenir cette reconnaissance lui permet désormais de tourner une page.

Ce qu'il faut retenir

  • Une salariée obtient la reconnaissance de son cancer du sein comme maladie professionnelle, une première dans son cas.
  • Cette décision administrative intervient après des années de combat pour faire valoir ses droits.
  • La reconnaissance permet à la patiente d’accéder à des droits sociaux et financiers liés à son statut de victime professionnelle.
  • Le cancer du sein touche près de 60 000 femmes chaque année en France, selon les dernières estimations de Santé publique France.

Une procédure longue et complexe

La reconnaissance d’un cancer comme maladie professionnelle n’a rien d’automatique. Elle nécessite la constitution d’un dossier solide, prouvant le lien entre l’exposition à certains risques professionnels et le développement de la maladie. Dans ce cas précis, la salariée a dû rassembler des éléments médicaux et professionnels sur plusieurs années avant que sa demande ne soit acceptée.

Selon les experts interrogés par Franceinfo - Santé, cette reconnaissance reste rare pour les cancers du sein. La plupart des cas reconnus comme maladies professionnelles concernent des cancers liés à l’amiante, aux solvants ou aux rayonnements ionisants. Pour les cancers du sein, les causes professionnelles sont souvent plus difficiles à établir, en raison de la multiplicité des facteurs de risque (génétiques, environnementaux, hormonaux).

Les secteurs professionnels les plus exposés

Certains métiers exposent plus que d’autres à des risques de cancers, notamment ceux impliquant une manipulation de produits chimiques ou une exposition prolongée à des perturbateurs endocriniens. Les professions de la santé, de la coiffure, de la blanchisserie ou encore de l’agriculture figurent parmi les secteurs les plus concernés. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), près de 10 % des cancers pourraient être liés à des expositions professionnelles.

Dans le cas de cette salariée, les éléments recueillis dans son dossier ont permis d’établir un lien entre son cancer et son exposition à des produits utilisés dans son secteur d’activité. Une reconnaissance qui pourrait, à terme, ouvrir la voie à d’autres demandes similaires pour des femmes travaillant dans des conditions comparables.

Un impact social et financier majeur

Pour les victimes reconnues comme atteintes d’une maladie professionnelle, la reconnaissance administrative permet d’accéder à des droits spécifiques. Elle ouvre notamment la porte à une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie, ainsi qu’à des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail prolongé. Dans les cas les plus graves, une reconnaissance peut également donner droit à une rente viagère, calculée en fonction du taux d’incapacité permanente.

Pour cette patiente, cette reconnaissance signifie aussi une reconnaissance sociale de sa souffrance. « Cela valide des années de doutes et de combats », explique-t-elle. Une victoire qui, bien que personnelle, pourrait inspirer d’autres femmes dans une situation similaire.

Et maintenant ?

Cette décision pourrait encourager d’autres victimes à engager des démarches similaires. Les associations de patients et les syndicats appellent déjà à une simplification des procédures pour faciliter l’accès à la reconnaissance des maladies professionnelles. Une réunion entre les parties prenantes est prévue le 15 septembre 2026 pour discuter des suites à donner à ce cas et des mesures à prendre pour mieux accompagner les victimes.

Vers une meilleure prise en compte des cancers professionnels ?

Cette affaire soulève une question plus large : celle de la prise en charge des cancers liés à l’activité professionnelle en France. Aujourd’hui, moins de 1 % des cancers sont reconnus comme maladies professionnelles, alors que l’OMS estime que près de 5 % des cancers pourraient être évités en réduisant l’exposition aux risques professionnels.

Les experts plaident pour un renforcement des dispositifs de prévention dans les entreprises, ainsi que pour une simplification des procédures de reconnaissance. « Il est urgent d’agir pour protéger les salariés et éviter que d’autres ne passent par les mêmes épreuves », souligne un médecin du travail interrogé par Franceinfo - Santé.

Cette reconnaissance, bien que tardive, offre un espoir à toutes celles et ceux qui luttent pour faire valoir leurs droits face à une maladie souvent dévastatrice. Pour cette salariée, elle marque surtout la fin d’un combat et le début d’une nouvelle étape : celle de la reconstruction.