Alors que Paris s’apprête à connaître des températures proches de 38°C ce week-end, notamment à l’occasion de la Fête de la musique, les services d’urgence des hôpitaux parisiens ont activé leur protocole anti-canicule. Selon Franceinfo - Santé, certains établissements, comme l’hôpital Cochin, disposent désormais de baignoires à glaçons, un dispositif exceptionnel réservé aux cas de coups de chaleur extrêmes.
Ce qu'il faut retenir
- Les hôpitaux parisiens, dont Cochin, disposent de baignoires à glaçons pour refroidir rapidement les patients en détresse thermique.
- Ce matériel, utilisé lors des Jeux olympiques de 2024, n’est activé qu’en cas de canicule intense et reste peu sollicité à ce jour.
- Les températures pourraient atteindre 38°C à Paris dès le 21 juin 2026, avec un renforcement des effectifs médicaux prévu pour le week-end.
- L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a anticipé l’afflux de patients et préparé des réserves de glaçons pour une utilisation d’urgence.
- La baignoire, composée d’une bâche bleue avec armature, permet un refroidissement plus rapide que les méthodes traditionnelles.
Un dispositif d’urgence déjà testé lors des JO 2024
Dans les couloirs feutrés de l’hôpital Cochin, au cœur de Paris, la cheffe des urgences, la Professeure Florence Dumas, présente fièrement un accessoire pour le moins inattendu en milieu hospitalier : une baignoire à glaçons. Ce bassin, conçu dans une bâche bleue maintenue par une armature métallique, n’a rien à voir avec les baignoires domestiques classiques. Il s’agit d’un outil médical d’urgence, spécialement conçu pour faire face aux canicules extrêmes. « On va mettre les glaçons dans cette baignoire avec le patient pour essayer de le rafraîchir le plus rapidement possible », explique-t-elle. « En tout cas plus rapidement qu’avec les méthodes naturelles où il faut se découvrir ou aller dans une pièce fraîche. »
Ce dispositif, déployé dans les grands services d’urgence de France, reste d’utilisation exceptionnelle. Selon la Professeure Dumas, « ce sont [des cas] de coups de chaleur vraiment extrêmes ». À ce jour, son service n’a encore jamais eu recours à cette méthode en 2026, mais elle souligne que « le matériel est prêt ». Dans une pièce attenante, un congélateur est rempli de sacs de glaçons de grande taille, prêts à être utilisés en cas de besoin.
Une préparation renforcée face à la menace caniculaire
Alors que les températures devraient dépasser les 35°C dès le samedi 20 juin, et frôler les 38°C le lendemain, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a anticipé l’afflux potentiel de patients en détresse thermique. L’établissement a prévu de renforcer ses effectifs dans les services d’urgence dès le dimanche soir, à l’aube de la Fête de la musique, un événement traditionnel qui attire des milliers de personnes dans la capitale. « S’il faut, en urgence, on peut demander à en avoir un réapprovisionnement de glaçons », précise la Professeure Dumas, avant d’ajouter avec une pointe d’humour : « C’est pas pour nos cocktails, c’est vraiment pour les patients. »
Les services d’urgence parisiens restent pour l’instant calmes, malgré la chaleur déjà ressentie. Seuls quelques cas isolés de coups de chaud ont été recensés. Cependant, la crainte d’un pic de fréquentation des urgences en raison de la canicule est bien réelle. Les professionnels de santé savent que les épisodes de canicule peuvent entraîner une augmentation brutale des admissions pour déshydratation, coups de chaleur ou autres complications liées à la chaleur.
Un protocole validé par l’expérience des JO 2024
L’utilisation de baignoires à glaçons n’est pas une première à l’hôpital Cochin. Ce matériel avait été déployé lors des Jeux olympiques de 2024, un événement qui avait mis à l’épreuve les capacités des hôpitaux parisiens à gérer des pics de chaleur en milieu urbain. « L’usage de cette baignoire est bien rodé », indique la cheffe des urgences. Elle rappelle que ce dispositif s’inscrit dans une stratégie globale de lutte contre les effets de la chaleur sur la santé, incluant le renforcement des équipes, la mise à disposition de salles climatisées et la sensibilisation des patients à risque.
À Paris, où les îlots de chaleur urbains amplifient les effets des vagues de chaleur, la préparation des hôpitaux est un enjeu majeur. Les baignoires à glaçons, bien que peu utilisées jusqu’à présent, constituent une solution rapide et efficace pour les cas les plus graves. Leur déploiement reste cependant conditionné à la gravité de la situation.
La canicule de 2026 s’annonce comme un test supplémentaire pour les hôpitaux parisiens, qui doivent composer avec des étés de plus en plus chauds. Alors que les baignoires à glaçons restent un outil d’urgence, leur présence rappelle l’importance de l’anticipation dans la gestion des risques sanitaires liés au climat.