Alors que les températures grimpent, de nombreux Français découvrent que leur logement devient difficilement supportable. Selon une étude de Pouget Consultants réalisée pour IGNES à partir de près de 9 millions de diagnostics de performance énergétique (DPE), près de neuf logements sur dix en France ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs. Pire encore, près d’un sur deux serait assimilé à une « bouilloire thermique », un terme utilisé pour désigner les habitations qui emmagasinent la chaleur de manière excessive.

Ce qu'il faut retenir

  • 89 % des logements français ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs d’après une étude Pouget Consultants pour IGNES.
  • 45 % des logements pourraient être qualifiés de « bouilloires thermiques », selon la même source.
  • La protection des fenêtres exposées au soleil (volets roulants, stores extérieurs) est la solution la plus efficace pour limiter la surchauffe.
  • L’aération nocturne et l’isolation de la toiture sont des leviers majeurs pour améliorer le confort d’été.
  • Les logements récents ou bien isolés en hiver ne sont pas nécessairement adaptés à la canicule.

D’après Capital, l’une des principales raisons de cette situation réside dans l’absence de protections solaires extérieures. Les experts rappellent que la priorité n’est pas de refroidir l’air, mais d’empêcher la chaleur d’entrer. « Le premier réflexe, ce n’est pas de refroidir l’air à tout prix, mais d’empêcher la chaleur d’entrer », explique Stéphanie Lacaze-H, journaliste spécialisée dans la construction et l’aménagement de l’habitat.

Protéger les fenêtres : la première ligne de défense contre la chaleur

Pour éviter que la chaleur ne s’accumule dans les pièces, les spécialistes recommandent de protéger les ouvertures exposées au soleil, notamment celles orientées au sud, à l’ouest et à l’est. Les volets roulants, les persiennes, les stores extérieurs ou les bannes permettent de bloquer les rayonnements avant qu’ils ne transforment les vitres en capteurs de chaleur. « Une vitre non protégée agit comme un capteur de chaleur », souligne Stéphanie Lacaze-H.

Les experts conseillent de fermer volets et stores en journée sur les façades concernées. Dès que les températures extérieures deviennent plus fraîches, il est préférable de rouvrir les fenêtres pour évacuer la chaleur accumulée. Cette stratégie limite l’utilisation de la climatisation, souvent coûteuse et énergivore, tout en réduisant l’empreinte carbone du logement.

Exploiter la fraîcheur nocturne pour rafraîchir le logement

Une autre méthode efficace consiste à profiter de la fraîcheur nocturne pour évacuer la chaleur emmagasinée dans les pièces. Ouvrir les fenêtres tôt le matin ou tard le soir permet de renouveler l’air et de faire baisser la température intérieure. Un ventilateur ou un brasseur d’air peut ensuite améliorer le confort sans alourdir la facture d’électricité. « Le bon usage de l’aération compte presque autant que l’équipement lui-même », rappelle Stéphanie Lacaze-H. « Ouvrir au mauvais moment revient à faire entrer la chaleur. »

Pour les ventilateurs de plafond, il est recommandé de diriger le flux d’air vers le haut afin d’évacuer la chaleur vers le plafond. Cette astuce permet de créer une circulation d’air plus agréable sans avoir recours à un équipement énergivore.

L’isolation et la ventilation : des critères souvent négligés en été

Contrairement aux idées reçues, un logement performant sur le plan énergétique n’est pas forcément confortable en période de canicule. L’étude de Pouget Consultants montre que les logements récents ou classés A et B sur le DPE peuvent surchauffer s’ils ne sont pas correctement conçus pour l’été. « Un bon confort d’été, ce n’est pas seulement un logement économe en hiver, c’est un habitat pensé pour bloquer et évacuer la chaleur », insiste Stéphanie Lacaze-H.

Avant d’envisager l’installation d’une climatisation, il est donc judicieux de vérifier plusieurs points : la présence de protections solaires extérieures, l’isolation de la toiture (surtout pour les derniers étages ou les maisons), et la capacité du logement à ventiler naturellement. Ces éléments permettent souvent de réduire significativement les températures intérieures sans recourir à des solutions coûteuses.

Et maintenant ?

Avec l’intensification des vagues de chaleur liées au changement climatique, les pouvoirs publics pourraient renforcer les normes de construction pour intégrer davantage de protections solaires et de systèmes de ventilation passive. Une évolution des DPE pour mieux évaluer le confort d’été des logements est également envisagée d’ici 2027. D’ici là, les ménages devront composer avec des températures estivales de plus en plus élevées, en misant sur des solutions adaptées et économes.

Face à l’ampleur du phénomène, les propriétaires et locataires peuvent désormais s’appuyer sur des outils pour identifier les faiblesses de leur logement. Des simulateurs en ligne, comme ceux proposés par l’Ademe ou certains acteurs du secteur, permettent d’évaluer la vulnérabilité thermique d’un habitat et d’envisager des travaux ciblés.

Pour les ménages les plus exposés, une aide financière pourrait être mise en place pour encourager l’installation de protections solaires ou l’amélioration de l’isolation des combles. Une piste qui pourrait être précisée lors du prochain plan canicule, attendu pour le mois de juillet.

En attendant, les gestes simples — fermer stores et volets en journée, aérer la nuit, utiliser des ventilateurs avec parcimonie — restent les solutions les plus accessibles pour traverser les épisodes de forte chaleur sans alourdir sa facture.

Les experts recommandent vivement les protections solaires extérieures, comme les volets roulants, les persiennes ou les stores extérieurs, car elles bloquent les rayons du soleil avant qu’ils n’atteignent les vitres. Les stores intérieurs, bien que utiles, ne suffisent pas à empêcher la chaleur de pénétrer dans le logement.

Parmi les travaux les plus efficaces, on retrouve l’installation de volets roulants ou de stores extérieurs, l’isolation renforcée de la toiture (surtout pour les derniers étages), et l’amélioration de la ventilation naturelle. Ces aménagements réduisent la surchauffe tout en limitant le recours à la climatisation.