Face à la multiplication des épisodes de canicule et aux difficultés croissantes à maintenir un confort thermique en été comme en hiver, deux économistes appellent à structurer une réponse collective. Dans une tribune publiée par le Monde, Élisabeth Bourgeois et Dorothée Charlier soulignent les risques d’une adaptation improvisée aux vagues de chaleur, souvent coûteuse et inéquitable.
Ce qu'il faut retenir
- Élisabeth Bourgeois et Dorothée Charlier, économistes, publient une tribune dans le Monde sur la gestion des canicules.
- Elles dénoncent les effets pervers d’une adaptation improvisée aux vagues de chaleur.
- Elles proposent l’instauration d’un « droit à la fraîcheur », un confort thermique mesurable été comme hiver.
- Les deux économistes s’appuient sur l’exemple des pays méditerranéens, habitués depuis longtemps aux fortes chaleurs.
Une adaptation improvisée aux conséquences coûteuses
Pour Élisabeth Bourgeois et Dorothée Charlier, les réponses actuelles aux canicules – climatisation massive, fermetures de commerces aux heures chaudes ou encore restrictions hydriques – présentent des effets contre-productifs. Selon elles, ces mesures, souvent prises dans l’urgence, aggravent les inégalités sociales et augmentent la facture énergétique des ménages. « L’adaptation improvisée a des effets pervers », écrivent-elles, soulignant que ces solutions ponctuelles ne permettent pas de garantir un cadre de vie supportable pour tous.
Les deux économistes rappellent que les pays méditerranéens, régulièrement confrontés à des températures élevées, ont depuis longtemps intégré cette problématique dans leur urbanisme et leurs modes de vie. « Nos voisins méditerranéens n’ont pas attendu le réchauffement climatique pour penser la chaleur », affirment-elles dans leur tribune.
Un « droit à la fraîcheur » pour encadrer le confort thermique
Leur proposition phare repose sur la création d’un « droit à la fraîcheur », entendu comme un confort thermique mesurable et garanti tout au long de l’année. Ce droit s’inscrirait dans une logique de planification urbaine et de régulation thermique des logements, afin d’éviter les situations extrêmes observées lors des canicules successives. « Il faut garantir un confort thermique été comme hiver », insistent-elles, précisant que cette approche doit s’accompagner de politiques publiques ambitieuses.
Elles citent en exemple des dispositifs comme la rénovation thermique des bâtiments ou la végétalisation des villes, déjà mis en œuvre dans certaines métropoles européennes. « Ces mesures ne sont pas une option, mais une nécessité », ajoutent-elles, tout en reconnaissant que leur mise en œuvre nécessite des investissements importants.
La tribune d’Élisabeth Bourgeois et Dorothée Charlier, publiée ce 2 septembre 2026 dans le Monde, intervient alors que la France subit une nouvelle vague de chaleur tardive, rappelant l’urgence de repenser la gestion des températures extrêmes. Leurs analyses rejoignent celles d’autres experts, qui plaident pour une approche globale et anticipée plutôt que des réponses à court terme.