L’Europe centrale et orientale subit une vague de chaleur exceptionnelle ce lundi 9 juillet 2026, où plus de 269 millions d’habitants sont exposés à des températures dépassant les 30°C, selon les dernières analyses du Figaro, relayées par l’AFP. Parmi eux, 130 millions de personnes devraient enregistrer des pointes à plus de 35°C au cours de la journée. Ces chiffres marquent une légère baisse par rapport à dimanche, où plus de 380 millions d’Européens avaient été concernés par des températures supérieures à 30°C. Une situation qui illustre l’ampleur exceptionnelle de cet épisode caniculaire, l’un des plus sévères jamais mesurés sur le continent.
Ce qu'il faut retenir
- 130 millions d’habitants en Europe centrale et orientale concernés par des températures dépassant 35°C ce lundi, selon les prévisions de l’AFP.
- Plus de 269 millions de personnes exposées à des températures supérieures à 30°C en Europe (hors Turquie), contre 380 millions la veille.
- Des records absolus de température ont été battus en Allemagne, Pologne et République tchèque, ainsi qu’en France pour les nuits les plus chaudes jamais enregistrées.
- En Hongrie, le télétravail est généralisé pour le secteur public, tandis qu’en Slovaquie, l’alerte maximale a été déclenchée.
- En Pologne, 56 décès par noyade ont été recensés depuis le 1er juin, dont 17 pour la seule journée de dimanche.
- Les Balkans et l’Ukraine restent en alerte, avec des températures pouvant atteindre 40°C et des risques accrus d’incendies ou de perturbations énergétiques.
Une large partie de l’Europe centrale et des Balkans en surchauffe
Les prévisions du service météorologique allemand, combinées aux projections de population du Joint Research Center, confirment qu’une vaste zone autour des Carpates et dans les Balkans est particulièrement touchée. Selon les données disponibles ce matin, la Hongrie dans son intégralité, ainsi que la Serbie, la Roumanie, la Croatie, l’Autriche, le sud de la Pologne et l’ouest de l’Ukraine devraient dépasser les 35°C. En Italie, ce sont près de 30 millions de personnes, notamment dans la plaine du Po, qui subiront des températures élevées.
En Hongrie, où la Marche des fiertés s’est tenue dimanche malgré la chaleur, le Premier ministre Péter Magyar a appelé au télétravail pour le secteur public. Les entreprises privées sont également invitées à suivre cette recommandation. En Slovaquie, le niveau d’alerte maximal a été déclenché sur presque l’ensemble du territoire, avec des températures prévues jusqu’à 40°C, selon l’institut météorologique national. À Vienne, en Autriche, les autorités ont placé l’est du pays en alerte rouge, avec des pointes à 39°C en journée et des nuits à 23°C.
« J’essaie de rester à l’ombre et de boire beaucoup d’eau, c’est probablement la seule chose qui nous sauve. »
Susanne, habitante de Vienne, interrogée alors que la température de l’Alte Donau atteignait 29°C ce matin.
Les Balkans en alerte maximale face aux risques sanitaires et aux incendies
En Croatie et dans la majeure partie des Balkans, les autorités ont mis en garde contre des conditions dangereuses. En Bosnie, où les températures pourraient atteindre 40°C, les pompiers ont maîtrisé un incendie dans une décharge près de Mostar, qui brûlait depuis plusieurs jours. En Albanie, la même fourchette de températures est attendue, tandis qu’au Kosovo, le service météorologique a annoncé des pointes à 38°C et appelé les personnes vulnérables à rester à l’intérieur.
Contrairement à l’Europe de l’Ouest, où des mesures d’urgence ont été prises – interdiction de vente d’alcool à Paris, annulation de festivals ou fermeture d’écoles –, aucun dispositif similaire n’a été annoncé dans les Balkans. L’année scolaire étant déjà terminée, les syndicats de Macédoine du Nord ont pourtant appelé le gouvernement à prendre des mesures pour protéger les travailleurs.
En Pologne, la chaleur aggrave les risques de noyades et fragilise l’Ukraine
En Pologne, les autorités ont recensé 56 décès par noyade depuis le début du mois de juin, dont 17 pour la seule journée de dimanche. La police a appelé à la « vigilance au bord de l’eau », soulignant l’augmentation des comportements à risque liés à la recherche de fraîcheur. En Ukraine, les températures devraient atteindre 38°C cette semaine, un scénario qui risque de fragiliser davantage un réseau énergétique déjà gravement endommagé par les bombardements russes et en cours de réparation.
Plus à l’ouest, en France hexagonale, la chaleur reflue progressivement, mais 3 millions de personnes restent concernées par la vigilance sanitaire. Les autorités maintiennent une surveillance accrue, sans pour autant déclencher d’alerte rouge comme lors des vagues précédentes.
Un phénomène amplifié par le changement climatique
Selon les experts du World Weather Attribution, les records absolus enregistrés en Allemagne, Pologne et République tchèque, ainsi que les nuits les plus chaudes jamais mesurées en France et en Suisse, illustrent l’impact du réchauffement climatique. Ces températures exceptionnelles pour un mois de juin auraient eu une probabilité quasi nulle sans l’influence humaine sur le climat. Les scientifiques rappellent que ces épisodes risquent de se multiplier et de s’intensifier à l’avenir.
Cette canicule s’inscrit dans un contexte où les records de température s’enchaînent en Europe. En juin 2026, plusieurs pays ont battu des seuils historiques, confirmant une tendance de fond observée depuis plusieurs années. Les prévisions saisonnières suggèrent que cette dynamique pourrait se poursuivre, voire s’aggraver, au cours des prochaines décennies.
L’Europe centrale subit une configuration météorologique particulière, avec une masse d’air chaud en provenance des régions subtropicales bloquée par des anticyclones persistants. En France, bien que touchée, la chaleur est légèrement atténuée par des flux océaniques, explique Météo-France dans ses dernières analyses. Cette différence explique pourquoi des pays comme la Hongrie ou la Slovaquie enregistrent des températures bien plus élevées qu’en France.
Alors que l’Europe centrale étouffe sous la canicule, les habitants des Balkans et de l’Ukraine font face à des défis supplémentaires, entre risques sanitaires, perturbations énergétiques et incendies. Un épisode qui rappelle, une fois de plus, l’urgence d’adapter les sociétés à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes.