Treize noyades ont été recensées en France depuis samedi 20 juin 2026, selon les derniers chiffres communiqués par la Sécurité civile. La majorité de ces accidents surviennent dans des zones non adaptées à la baignade, comme le rappelle Christian Poutriquet, président de la Fédération française de sauvetage et de secourisme (FFSS). Celle-ci alerte sur les risques liés aux courants et à l’hydrocution, particulièrement en période de canicule où les écarts de température entre l’air et l’eau peuvent être importants. « Le message à faire passer, c’est 'baignez-vous où c’est aménagé, sinon n’y allez pas', » a-t-il insisté ce lundi 22 juin sur franceinfo.

Ce qu'il faut retenir

  • 13 noyades ont été recensées en France depuis le samedi 20 juin 2026, selon la Sécurité civile.
  • La majorité des accidents surviennent dans des zones non aménagées pour la baignade, selon la FFSS.
  • Les risques principaux incluent les courants dangereux et l’hydrocution due au choc thermique.
  • La FFSS plaide pour une augmentation des sites de baignade sécurisés, malgré des contraintes budgétaires et logistiques.
  • Des initiatives comme la baignade autorisée dans le canal Saint-Martin à Paris sont saluées, mais restent insuffisantes.
  • La FFSS demande un plan d’urgence pour l’apprentissage de la natation, malgré l’existence de dispositifs comme « Aisance aquatique » ou « Savoir nager ».

Des accidents évitables dans des zones non sécurisées

Pour Christian Poutriquet, la plupart des noyades enregistrées ces derniers jours « sont liées à des accidents survenus dans des zones qui ne sont pas adaptées pour la baignade ». Il met en garde contre les courants, souvent sous-estimés, ainsi que contre l’hydrocution, un phénomène qui se produit lorsque le corps entre brutalement dans une eau froide après une exposition prolongée à la chaleur. « En période de canicule, le risque est réel », a-t-il souligné. Selon lui, ces accidents pourraient être évités en respectant une règle simple : se baigner uniquement dans des zones surveillées et aménagées.

Les chiffres de la Sécurité civile confirment cette tendance. Sur les treize noyades recensées depuis le début du week-end, la majorité concernait des baigneurs en milieu naturel non sécurisé. Les lieux les plus dangereux, comme les rivières, les lacs ou certains points de baignade sauvages, sont régulièrement pointés du doigt par les associations de secours. Pourtant, malgré les alertes répétées, les accidents continuent de se produire chaque année, notamment lors des vagues de chaleur.

Un manque criant de sites de baignade aménagés

Face à ce constat, la FFSS réclame une augmentation des sites de baignade sécurisés. Cependant, le président de l’association reconnaît que cette demande se heurte à deux obstacles majeurs : le coût pour les collectivités et la difficulté à recruter du personnel qualifié pour assurer la surveillance. « Ce sont des enjeux politiques, car cela a un coût pour les communes », a-t-il admis. Il note toutefois une prise de conscience progressive des autorités locales, comme en témoigne l’autorisation récente de la baignade dans le canal Saint-Martin à Paris pendant les épisodes de forte chaleur.

Cette initiative parisienne, bien que limitée dans le temps et l’espace, est présentée comme un exemple à suivre. Christian Poutriquet souhaite que ce type de dispositifs soit « démultiplié » sur l’ensemble du territoire. Pour lui, il est urgent d’agir, car la demande sociale est forte en période de canicule. « On constate une véritable attente des citoyens », a-t-il ajouté. Mais la mise en œuvre de ces projets reste conditionnée par des moyens financiers et humains encore insuffisants.

L’apprentissage de la natation, un enjeu de sécurité publique

De son côté, la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs (FFMN) a demandé la mise en place d’un plan d’urgence pour généraliser l’apprentissage de la natation. Christian Poutriquet nuance cependant cette demande, rappelant que des dispositifs existent déjà, comme les programmes « Aisance aquatique » destinés aux non-nageurs ou « Savoir nager » pour les enfants. « Le problème, c’est l’accès aux bassins », a-t-il expliqué. Les piscines publiques, souvent saturées, peinent à offrir suffisamment de créneaux pour former les sauveteurs et initier le grand public à la natation.

Ce manque de places disponibles dans les équipements publics aggrave la situation. La FFSS souligne que la formation des sauveteurs est elle-même entravée par cette pénurie, limitant ainsi la capacité à encadrer les baigneurs dans les zones sécurisées. Pour Christian Poutriquet, la solution passe par un renforcement des moyens alloués aux piscines municipales et une meilleure coordination entre les acteurs locaux. « On a plus de difficultés qu’avant à trouver des créneaux pour former nos sauveteurs », a-t-il regretté.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées dans les prochaines semaines pour réduire le nombre de noyades en période de canicule. La FFSS pourrait demander une réunion avec le ministère des Sports et celui de la Santé afin d’accélérer la mise en place de sites de baignade supplémentaires. Par ailleurs, les collectivités locales pourraient être incitées à réactiver ou créer des plans canicule incluant des mesures spécifiques pour les zones de baignade. Enfin, une campagne de sensibilisation renforcée, ciblant particulièrement les jeunes et les familles, pourrait être lancée avant l’été prochain.

En attendant, les autorités appellent à la prudence. Pour Christian Poutriquet, le message reste clair : la sécurité des baigneurs dépend avant tout du respect des consignes élémentaires. « Baignez-vous où c’est aménagé, sinon n’y allez pas. C’est la règle la plus simple et la plus efficace », a-t-il conclu.

Les risques incluent les courants dangereux, souvent invisibles et sous-estimés, ainsi que l’hydrocution, un choc thermique qui peut provoquer un malaise ou une noyade. Ces phénomènes sont accentués par les écarts de température entre l’air, très chaud en période de canicule, et l’eau, souvent plus froide.