Alors que la France vient de traverser un épisode caniculaire marqué par un bilan humain lourd et des dysfonctionnements dans la prise en charge des victimes, Hervé Marseille, président de l’UDI et du groupe Union centriste au Sénat, a pris la défense du gouvernement lors d’une intervention sur France 2. « Le gouvernement a réagi et a fait ce qu’il devait faire avec les moyens du bord », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant l’ampleur exceptionnelle de la crise. Selon Franceinfo - Politique, il a également abordé la question des moyens alloués pour anticiper ce type d’événements, pointant du doigt une insuffisance structurelle des investissements.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 1 000 morts supplémentaires ont été enregistrés en France en raison de la canicule, selon les premières estimations disponibles.
- Hervé Marseille, président de l’UDI, estime que le gouvernement a agi « avec les moyens du bord », malgré les critiques des oppositions.
- Les funérariums d’Île-de-France ont été saturés, nécessitant le recours à des solutions temporaires comme des blocs réfrigérés à Rungis.
- L’ancien Premier ministre Édouard Philippe bénéficie du soutien de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, pour l’élection présidentielle de 2027.
- Le Fonds vert, dédié à la transition écologique, a été réduit de deux tiers, limitant les capacités d’investissement face aux crises climatiques.
Un bilan humain lourd et une gestion sous tension
Les derniers jours ont révélé les conséquences directes de la canicule sur le système de santé et les services funéraires. Plus de 1 000 décès supplémentaires ont été recensés en France par rapport à une période normale, un chiffre qui place cet épisode parmi les plus meurtriers des dernières décennies. À l’Assemblée nationale comme dans les collectivités locales, les élus s’interrogent sur les capacités d’adaptation du pays face à des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Hervé Marseille, qui a été maire de Meudon pendant près de deux décennies, a confirmé auprès de Franceinfo - Politique la saturation des funérariums en Île-de-France, où les professionnels ont dû recourir à des solutions exceptionnelles, comme l’installation de blocs réfrigérés à Rungis pour stocker les corps.
Pour le président de l’UDI, cette situation illustre un problème plus large : l’insuffisance des moyens alloués à la santé publique et à la prévention des risques climatiques. « Aujourd’hui, si on veut apporter des solutions, c’est sur la durée. On ne peut pas trouver des solutions en une semaine ou en un mois », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures adaptées.
Le gouvernement sous le feu des critiques, mais aussi des soutiens
Alors que les oppositions reprochent à l’exécutif un manque d’anticipation, Hervé Marseille a défendu une position nuancée. « Quoi qu’il arrive, et quel que soit le gouvernement, on reproche toujours au gouvernement de ne pas en avoir assez fait », a-t-il déclaré. Il a cependant reconnu que les moyens disponibles étaient limités, évoquant les contraintes budgétaires qui pèsent sur les arbitrages gouvernementaux. « Regardez, le Fonds vert a été divisé par trois. La faute au budget, parce qu’on n’a pas d’argent », a-t-il expliqué, rappelant que les priorités budgétaires évoluent en fonction des crises successives — inflation, défense européenne, justice, ou désormais climat.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte politique tendu, alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’amorce. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a apporté son soutien à Édouard Philippe, renforçant ainsi la position de l’ancien Premier ministre au sein du Bloc central. Une annonce qui intervient alors que les débats sur l’unité de la droite et du centre se multiplient, dans un paysage politique où Gabriel Attal et Bruno Retailleau apparaissent également comme des figures majeures.
Anticiper les canicules futures : un enjeu de moyens et de priorités
Hervé Marseille a rappelé que les solutions à long terme passaient nécessairement par des investissements structurels. « Pour investir, il faut des moyens », a-t-il martelé, tout en pointant une contradiction récurrente : les crédits alloués à la transition écologique sont régulièrement revus à la baisse, au profit de dépenses urgentes mais moins stratégiques. L’exemple du Fonds vert, dont le budget a été réduit de deux tiers, est symptomatique de cette difficulté à concilier urgence immédiate et préparation aux défis futurs.
Les propos de l’élu centriste rejoignent ceux d’anciens membres du gouvernement, comme Élisabeth Borne, qui a récemment déclaré : « Après mon départ de Matignon en janvier 2024, je ne suis pas sûre que la planification écologique et énergétique ait été portée avec la même énergie ». Une déclaration qui, selon Franceinfo - Politique, reflète les tensions internes sur la gestion des priorités nationales.
Alors que la France s’apprête à affronter de nouveaux épisodes de chaleur dans les jours à venir, la gestion des moyens alloués à la santé publique et à la prévention climatique reste un sujet de préoccupation majeur. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la capacité du pays à s’adapter à un phénomène dont la récurrence semble désormais acquise.
Le Fonds vert, dédié à la transition écologique, a vu son budget divisé par trois en raison des contraintes budgétaires. Ce fonds aurait pu financer des mesures d’adaptation comme la végétalisation des villes ou le renforcement des réseaux de santé, mais son affaiblissement limite aujourd’hui ces possibilités, selon Hervé Marseille, président de l’UDI.
La canicule a entraîné une hausse brutale des décès, dépassant les capacités de stockage des funérariums. Pour pallier ce problème, des blocs réfrigérés ont été installés à Rungis, une solution déjà utilisée lors de la crise sanitaire de la Covid-19. Cette saturation reflète l’ampleur exceptionnelle de l’épisode climatique.