« On est inquiets pour le week-end à venir car on sait que l’activité va être soutenue, en lien avec les effets de la canicule », a déclaré vendredi 26 juin au micro de franceinfo - Santé le professeur Louis Soulat, chef du service des urgences du CHU de Rennes et du SAMU d’Ille-et-Vilaine. Alors que l’Ille-et-Vilaine reste en vigilance rouge canicule, comme 60 autres départements en France, les services d’urgence enregistrent une hausse significative de leur activité depuis deux jours. Une situation qui s’explique par l’accumulation des effets d’une semaine de températures élevées, même si une baisse est attendue pour le week-end.

Ce qu'il faut retenir

  • Une hausse de 50 % des appels dans les services d’urgence du CHU de Rennes depuis deux jours, avec un plateau atteint dans la nuit du 25 au 26 juin.
  • L’Ille-et-Vilaine et 60 autres départements restent en alerte rouge canicule, malgré une baisse des températures annoncée.
  • Le professeur Louis Soulat souligne un effet retard de la canicule : les organismes peinent à s’adapter rapidement, même après une baisse des températures extérieures.
  • Les personnes âgées de 50 à 75 ans sont particulièrement touchées, avec un taux d’hospitalisation bien supérieur à la normale.
  • Plusieurs décès de personnes isolées dans leur logement ont été constatés, sans que le médecin ne précise de chiffres exacts.

Une activité soutenue dans les services d’urgence

Le service des urgences du CHU de Rennes, dirigé par le professeur Soulat, fait face à une augmentation de 50 % des appels depuis le début de la semaine. « On a atteint un plateau cette nuit », a-t-il précisé, confirmant que l’activité reste soutenue malgré les prévisions de baisse des températures. L’Ille-et-Vilaine, comme 60 autres départements français, est toujours placée en vigilance rouge canicule, une situation qui pèse sur les structures médicales.

Le médecin rappelle que l’impact d’une canicule ne s’arrête pas avec la baisse des températures extérieures. « Les organismes mettent du temps à s’adapter, et les hospitalisations pour décompensation de maladies chroniques ne vont pas diminuer instantanément », explique-t-il. Autant dire que la pression sur les services de santé reste forte, même si la situation météorologique s’améliore.

Un effet retard préoccupant pour les organismes

Pour le professeur Soulat, la canicule actuelle présente un effet retard particulièrement marqué. « Avec l’accumulation d’une semaine de fortes températures, les organismes ne vont pas retrouver un fonctionnement normal tout de suite », souligne-t-il. Ce phénomène explique pourquoi les services d’urgence continuent de recevoir un nombre élevé de patients, malgré la baisse des températures annoncée pour le week-end.

Le médecin insiste également sur le fait que « dans les habitations, la température ne va pas baisser aussi rapidement ». Résultat : les personnes vulnérables, notamment celles souffrant de maladies chroniques, restent exposées à un risque accru. « On peut penser qu’il y aura moins de malaises, mais les hospitalisations ne vont pas chuter automatiquement », détaille-t-il.

Les personnes âgées et isolées, premières victimes

Le professeur Soulat alerte sur la situation des personnes âgées de 50 à 75 ans, dont le taux d’hospitalisation est « beaucoup plus important que d’habitude ». Il pointe également du doigt les risques encourus par les personnes isolées dans leur logement. « On a retrouvé hier plusieurs personnes décédées depuis plusieurs heures, voire plusieurs jours, chez elles », indique-t-il sans donner de chiffres précis. Une situation qui illustre la vulnérabilité des publics les plus fragiles face aux vagues de chaleur prolongées.

Ces constats s’ajoutent aux alertes lancées par les autorités sanitaires depuis le début de l’épisode caniculaire. Les recommandations de prévention, comme l’hydratation régulière et le maintien à l’abri de la chaleur, restent plus que jamais d’actualité pour les prochains jours.

« On est inquiets pour le week-end à venir car on sait que l’activité va être soutenue, en lien avec les effets de la canicule. »
— Professeur Louis Soulat, chef des urgences du CHU de Rennes et du SAMU d’Ille-et-Vilaine

Et maintenant ?

Malgré la baisse des températures annoncée pour le week-end, les services de santé pourraient encore subir une pression importante en raison des effets retard de la canicule. Les autorités sanitaires appellent à maintenir les gestes de prévention, en particulier pour les personnes âgées et isolées. Une vigilance accrue reste de mise dans les départements encore en alerte rouge.

La situation sera réévaluée dans les prochains jours, alors que Météo-France continue de surveiller l’évolution des températures. En attendant, les consignes de prévention, comme éviter les efforts physiques aux heures chaudes et boire régulièrement de l’eau, restent essentielles pour limiter les risques sanitaires.