Alors que la France vient de traverser une vague de chaleur intense, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a tiré un premier bilan des actions menées pour protéger les salariés exposés aux fortes chaleurs. Selon Capital, il a confirmé avoir ordonné la réalisation de 2 600 contrôles en un mois, un volume représentant plus de la moitié des inspections réalisées sur l’ensemble de l’année précédente.

Ce qu'il faut retenir

  • 2 600 contrôles effectués par l’inspection du travail en un mois, soit plus de la moitié du total de 2025.
  • Un décret impose déjà aux employeurs d’adapter les horaires, d’organiser des pauses à l’ombre et de garantir l’hydratation des salariés.
  • Le ministre a demandé aux préfets de suspendre les chantiers l’après-midi dans les zones concernées.
  • Jean-Pierre Farandou souhaite s’inspirer du modèle espagnol, où le travail est interdit aux heures les plus chaudes pendant les épisodes caniculaires.
  • Un agent d’entretien est décédé dans le Nord, soulignant les risques encourus par certains métiers exposés.
  • Le gouvernement reconnaît des difficultés d’anticipation mais insiste sur l’épreuve collective que représente cette canicule.

Des mesures renforcées pour limiter l’impact de la canicule sur le travail

Face aux critiques sur la gestion de la crise, Jean-Pierre Farandou a rappelé l’existence d’un décret encadrant strictement les conditions de travail en période de canicule. « Il oblige à éviter les horaires les plus chauds de travail et à travailler quand il fait plus frais, notamment le matin », a-t-il expliqué ce lundi 29 juin sur Franceinfo. Les employeurs doivent également prévoir des pauses régulières dans des lieux ombragés et veiller à l’hydratation des salariés.

Le ministre a reconnu la difficulté de la situation pour les travailleurs, évoquant « une épreuve collective » à laquelle le pays a été confronté. « Je suis parfaitement conscient de la difficulté dans laquelle les Français et les Françaises se sont retrouvés pendant une très longue semaine », a-t-il déclaré. Pour autant, il a défendu l’action gouvernementale, tout en admettant la nécessité de mieux anticiper les prochaines vagues de chaleur.

Un bilan contrasté : entre contrôles accrus et limites du dispositif actuel

Avec 2 600 contrôles réalisés en un mois, l’inspection du travail a intensifié ses vérifications par rapport à l’année précédente. « La grande majorité des chefs d’entreprise prennent les mesures nécessaires pour leurs salariés », a assuré Jean-Pierre Farandou. Il a cependant reconnu que cette approche ne suffisait pas à couvrir l’ensemble des situations, d’où la demande faite aux préfets de suspendre les chantiers en après-midi dans les zones les plus touchées.

Un drame a rappelé l’urgence de la situation : un agent d’entretien est décédé dans le Nord, mettant en lumière les risques encourus par les travailleurs exposés. Si le ministre n’a pas détaillé les circonstances exactes de cet accident, il a souligné que ce cas illustrait les limites du dispositif actuel. « Certains travailleurs souffrent particulièrement des forts épisodes de chaleur », a-t-il concédé, sans pour autant remettre en cause l’efficacité globale des mesures en place.

L’Espagne comme modèle à suivre pour la France ?

Pour éviter les dérives et clarifier les règles, Jean-Pierre Farandou a exprimé son souhait de s’inspirer du modèle espagnol. « Dans les périodes de canicule, c’est écrit à l’avance : il n’y a pas de travail dans les heures chaudes », a-t-il souligné. Selon lui, une telle mesure permettrait de rendre les obligations parfaitement claires pour les salariés, les entreprises et les donneurs d’ordre.

« Si c’était le cas en France, tout le monde le saurait. Les salariés, les entreprises et les donneurs d’ordre auraient une visibilité totale », a-t-il argumenté. Cette approche, a-t-il ajouté, faciliterait l’organisation de la société pour faire face aux vagues de chaleur, un phénomène qui « va vraisemblablement revenir dans notre pays année après année ». Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été prise, mais le ministre a laissé entendre que cette piste pourrait être étudiée dans les prochains mois.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir l’adoption de mesures plus strictes, notamment si les vagues de chaleur persistent ou s’intensifient. Les préfets pourraient être amenés à généraliser les arrêtés suspendant les chantiers en après-midi, tandis que le gouvernement pourrait étudier sérieusement le modèle espagnol. Une concertation avec les partenaires sociaux est également attendue pour ajuster le décret en vigueur, dont les modalités actuelles ne semblent pas toujours appliquées avec la rigueur nécessaire.

Reste à savoir si ces ajustements suffiront à éviter de nouveaux drames comme celui survenu dans le Nord. La question des travailleurs les plus exposés, souvent en première ligne lors des canicules, reste entière. Une réflexion sur la pénibilité des métiers concernés et leur compensation pourrait être engagée dans les mois à venir.

Selon le décret en vigueur, les employeurs doivent adapter les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes, organiser des pauses dans des lieux ombragés et frais, et garantir une hydratation suffisante des salariés. En cas de canicule extrême, les préfets peuvent suspendre les chantiers en après-midi.