Alors que Météo-France place 18 départements en vigilance jaune canicule pour des températures pouvant atteindre 35°C, voire 36°C ponctuellement dans l’ouest et à l’intérieur des terres, les salariés pourraient être tentés de solliciter le télétravail pour échapper aux fortes chaleurs. Cependant, selon BFM Business, cette option reste soumise à des règles strictes encadrées par le Code du travail et les conventions collectives.
Cette vague de chaleur précoce et marquée intervient alors que la France n’est pas encore pleinement entrée dans la saison estivale. Les prévisions météorologiques, communiquées ce lundi 25 mai 2026, soulignent l’ampleur de cet épisode : 23% des salariés travaillaient en télétravail en 2023, mais cette modalité ne peut être exigée sans accord préalable.
Ce qu'il faut retenir
- 18 départements placés en vigilance jaune canicule avec des températures pouvant atteindre 35°C ou plus.
- Le télétravail n’est pas un droit automatique : il dépend des accords collectifs ou de la politique interne de l’entreprise.
- Les employeurs doivent garantir la sécurité et la santé des salariés, notamment en adaptant les horaires et en fournissant de l’eau potable.
- Un décret de juillet 2025 renforce les obligations des employeurs face aux vagues de chaleur, avec des mesures différenciées selon le niveau de vigilance.
- Les salariés en extérieur doivent bénéficier d’équipements de protection adaptés (casquettes, lunettes, brumisateurs).
Une vigilance jaune canicule pour 18 départements
L’épisode de chaleur actuel, qualifié de « précoce et remarquable » par Météo-France, touche principalement l’ouest du pays et les zones intérieures. Dix-huit départements sont concernés par la vigilance jaune, avec des pics attendus autour de 35°C, voire 36°C localement. Ces conditions imposent aux entreprises de prendre des mesures pour protéger leurs salariés, comme l’exige le Code du travail.
Les employeurs doivent ainsi « assurer la sécurité et protéger la santé de leurs salariés », rappelle le ministère de l’Économie sur son site officiel. Cela inclut notamment l’adaptation des conditions de travail, même si le télétravail reste une option encadrée.
Le télétravail, une solution possible… mais pas un droit
En 2023, 23% des salariés français avaient recours au télétravail, selon les dernières données disponibles. Pourtant, cette modalité ne peut être imposée aux employeurs sans base légale ou conventionnelle. Thierry Meillat, avocat associé chez Horgan Lovells, souligne sur BFM Business que « normalement, il faut s’en tenir aux dispositions de l’accord collectif applicable dans l’entreprise ou de la politique en matière de télétravail mise en œuvre par l’employeur ».
Certains accords ou politiques internes prévoient déjà des clauses pour les situations exceptionnelles, comme les vagues de chaleur. Dans ce cas, un salarié pourrait légitimement demander à télétravailler. En revanche, en l’absence de mention claire dans la convention collective, l’employeur est en droit de refuser cette demande.
— « Peut-être que ces accords ou ces politiques internes prévoient des situations exceptionnelles, c’est souvent le cas, et cela peut entrer dans le cadre d’une situation exceptionnelle », explique Thierry Meillat.
Les obligations renforcées des employeurs depuis juillet 2025
Un décret publié en juillet 2025 a durci les obligations des entreprises face aux vagues de chaleur. Ce texte impose des mesures adaptées aux différents niveaux de vigilance météorologique (jaune, orange, rouge) définis par Météo-France. Parmi les dispositions clés : l’adaptation des horaires, la suspension des tâches pénibles aux heures les plus chaudes, ou encore la réduction du rayonnement solaire dans les locaux professionnels.
Les employeurs doivent également mettre à disposition de l’eau fraîche, installer des pare-soleil, des ventilateurs ou des brumisateurs, et former les salariés aux gestes à adopter en cas de forte chaleur. Pour les travailleurs en extérieur, des équipements de protection individuelle (casquettes, lunettes) sont obligatoires.
Des mesures différenciées selon le niveau de vigilance
Le décret de 2025 établit un cadre progressif en fonction de l’intensité de la chaleur. En vigilance jaune, les entreprises sont incitées à ajuster les horaires et à fournir des moyens de rafraîchissement. En vigilance orange ou rouge, les obligations se renforcent : réduction maximale des expositions, pauses plus fréquentes, voire interruption des activités si nécessaire.
Ces mesures visent à limiter les risques d’épuisement ou de déshydratation chez les salariés, notamment dans les secteurs où le travail en intérieur ou en extérieur expose directement aux températures élevées. Les entreprises doivent documenter leur mise en conformité pour se prémunir contre d’éventuelles sanctions.
La question du télétravail en cas de canicule illustre plus largement les défis posés par le changement climatique au monde du travail. Entre obligations légales et adaptation des pratiques, les prochains mois seront déterminants pour les entreprises et les salariés.
Un employeur qui ne met pas en place les mesures de sécurité requises s’expose à des sanctions administratives, voire à des poursuites pénales en cas de manquement grave ayant entraîné des préjudices pour les salariés. Le Code du travail et le décret de 2025 encadrent strictement ces obligations, avec des contrôles possibles par l’inspection du travail.
Le télétravail n’est pas un droit automatique pour des raisons de santé, sauf si un accord collectif ou une politique interne le prévoit. En revanche, un salarié peut demander un aménagement de poste ou un temps partiel thérapeutique, sous réserve d’un certificat médical. Chaque situation est appréciée au cas par cas.