L’entreprise française Capital B, spécialisée dans la gestion de bitcoins, envisage de lancer un produit financier inspiré du modèle de Strategy, promettant des dividendes à deux chiffres pour financer ses acquisitions de cryptomonnaies. Cette annonce, rapportée par Cryptoast, s’inscrit dans une stratégie ambitieuse visant à accumuler 1 % de l’offre totale de bitcoins d’ici 2033.
Ce qu'il faut retenir
- Capital B détient actuellement 3 139 bitcoins, selon les données disponibles au 16 juin 2026.
- L’entreprise fixe comme objectif d’accumuler 1 % du total des bitcoins en circulation d’ici 2033.
- Elle propose un rendement à deux chiffres pour attirer des investisseurs, une approche similaire à celle de Strategy et de son produit STRC.
- L’action ALCPB de Capital B a chuté de près de 92 % depuis son plus haut historique, enregistré il y a un an.
- L’entreprise a connu plusieurs restructurations depuis 2013, changeant de nom à plusieurs reprises avant de devenir Capital B en 2025.
Une stratégie inspirée de Strategy pour accumuler des bitcoins
Capital B s’inspire directement du modèle adopté par Strategy, une entreprise américaine qui a popularisé l’idée des Bitcoin Treasury Companies. Ces sociétés se distinguent par leur promesse de ne jamais vendre leurs réserves de bitcoins, tout en proposant des rendements attractifs pour financer leurs acquisitions. Selon Cryptoast, Capital B a formalisé cinq principes clés sur son site internet : lever du capital, accumuler du BTC, conserver le BTC indéfiniment, ne pas perdre de BTC et ne pas en vendre. Autant dire que la société mise sur une approche long terme, malgré les défis que cela implique.
Pour y parvenir, Capital B envisage de lancer un produit financier similaire au STRC de Strategy. Alexandre Laizet, directeur de la Strategy Bitcoin chez Capital B, a détaillé cette stratégie lors de l’événement BTC Prague. Il a expliqué que l’entreprise entend proposer un « instrument de crédit numérique adapté à l’Europe », capable de transformer la configuration des marchés financiers traditionnels.
« Dans le monde de la finance traditionnelle, s’engager à verser une performance à deux chiffres impliquerait de promettre de générer des flux de trésorerie à deux chiffres pendant 40 ou 50 ans. Une société de trésorerie spécialisée dans le bitcoin dispose déjà de 40 à 50 ans de flux de trésorerie inscrits à son bilan ; cet actif croît de 30 à 60 % par an. »
Alexandre Laizet, directeur de la Strategy Bitcoin de Capital B
Un parcours semé d’embûches pour Capital B
Malgré l’ambition affichée, Capital B traverse une période difficile. Selon Cryptoast, l’action ALCPB de l’entreprise a perdu près de 92 % de sa valeur depuis son plus haut historique, atteint il y a un an, à près de 6 euros. Cette chute brutale interroge sur la viabilité du modèle économique proposé, alors que les promesses de rendements élevés à long terme restent à démontrer.
Pourtant, Capital B n’est pas une inconnue dans le secteur. L’entreprise a connu plusieurs transformations depuis sa création. En 2013, elle était connue sous le nom de Leadmedia Group, avant de devenir Makazi Group la même année, puis de reprendre son nom initial. En 2018, elle adopte le nom The Blockchain Group, avant de se rebaptiser Capital B en 2025. Ces changements successifs reflètent les adaptations stratégiques d’une société en quête de viabilité dans un écosystème en constante évolution.
Un modèle sous surveillance
Les Bitcoin Treasury Companies, bien que séduisantes sur le papier, ont déjà montré leurs limites. Strategy, souvent citée en exemple, a elle-même connu des revers. Cryptoast rappelle que la promesse de ne jamais vendre de bitcoins s’est révélée relative dans certains cas, tandis que d’autres entreprises spécialisées dans les actifs numériques ont dû revenir sur leurs engagements ces derniers mois. Capital B, en suivant cette voie, s’expose donc à des risques similaires.
L’entreprise française mise sur une croissance annuelle de ses réserves de bitcoins « de 30 à 60 % », un rythme qui justifierait, selon elle, des dividendes à deux chiffres. Cependant, comme le souligne Cryptoast, cette projection repose sur une hypothèse forte : celle d’une appréciation continue du bitcoin. Or, la volatilité de la cryptomonnaie reste un facteur de risque majeur pour les investisseurs.
Cette initiative s’inscrit dans un paysage où les entreprises cherchent à diversifier leurs réserves en actifs numériques. Reste à voir si Capital B parviendra à se différencier dans un secteur déjà marqué par la concurrence et les incertitudes réglementaires. Une chose est sûre : l’entreprise devra rapidement prouver que son modèle peut résister à l’épreuve du temps.
Une Bitcoin Treasury Company est une entreprise qui intègre le bitcoin dans sa trésorerie, l’utilisant comme réserve de valeur ou comme outil de croissance. Ces sociétés promettent généralement de ne pas vendre leurs bitcoins, tout en cherchant à financer leurs acquisitions par d’autres moyens, comme l’émission de dettes ou d’actions. Leur objectif est de profiter de l’appréciation à long terme du bitcoin, tout en offrant des rendements attractifs à leurs actionnaires.
Les changements de nom de Capital B reflètent des adaptations stratégiques au fil des années. Depuis sa création sous le nom de Leadmedia Group en 2013, l’entreprise a évolué pour s’adapter aux transformations du secteur blockchain. Ces rebaptisations peuvent aussi répondre à des réorientations commerciales ou à des repositionnements de marque, comme en témoigne le passage à The Blockchain Group en 2018, puis à Capital B en 2025.