La consommation de carburants routiers en France a chuté de **11 %** en avril 2026 par rapport à la même période l’an dernier, selon BFM Business. Cette baisse reflète une « adaptation des comportements » des automobilistes face à la hausse des prix à la pompe, dans un contexte de crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué le ministère de l’Économie.
Ce qu'il faut retenir
- La consommation de carburants routiers en France a reculé de 11 % en avril 2026 par rapport à avril 2025.
- Le SP95-E10 et le SP98 ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avec des prix moyens respectifs de 2,038 € et 2,123 € le litre.
- Cette hausse s’explique par le blocage d’une grande partie des exportations de pétrole brut des pays du Golfe, en raison de la paralysie du détroit d’Ormuz et des frappes sur les infrastructures énergétiques.
- Le gouvernement assure que les distributeurs n’ont pas réalisé de marges abusives, tout en tentant de rassurer le secteur aérien sur l’approvisionnement en kérosène.
Cette baisse intervient après un mois de mars marqué par des achats de précaution de carburant, dans les premières semaines du conflit au Moyen-Orient. Selon les chiffres communiqués par Bercy, sur la base des données des Douanes françaises, la tendance s’est confirmée en avril, confirmant un changement durable des habitudes de consommation.
Côté prix, la situation reste préoccupante. Mercredi 6 mai 2026, l’essence SP95-E10 s’affichait en moyenne à 2,038 € le litre, soit une hausse de **32 centimes** (+18,47 %) par rapport au 27 février 2026, veille des premières frappes israélo-américaines sur l’Iran. Le SP98, quant à lui, atteignait 2,123 € le litre, en progression de près de 30 centimes (+16,29 %), d’après un calcul de l’AFP réalisé sur les prix rapportés par plus de 7 000 stations-service à un site gouvernemental.
Cette flambée des prix s’inscrit dans la continuité d’une crise énergétique déclenchée fin février 2026, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une offensive conjointe contre l’Iran. Depuis, les prix à la pompe n’ont cessé d’augmenter, à l’exception de quelques jours d’accalmie. Une grande partie des exportations de pétrole brut des pays du Golfe reste bloquée en raison de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, un point stratégique pour le transport maritime mondial, et des frappes récurrentes sur les infrastructures pétrolières et gazières de la région.
Une adaptation des comportements face à la hausse des prix
Le recul de la consommation de carburants en France s’explique donc avant tout par la hausse des prix, mais aussi par une modification des habitudes de mobilité. Les automobilistes, confrontés à des coûts records, semblent avoir réduit leurs déplacements ou opté pour des modes de transport alternatifs. « On observe une adaptation des comportements », a souligné un porte-parole du ministère de l’Économie, sans préciser si cette tendance pourrait s’inverser à court terme.
Cette baisse de la consommation pourrait également refléter un ralentissement économique plus large, les ménages et les entreprises cherchant à limiter leurs dépenses dans un contexte inflationniste. Les professionnels du secteur pétrolier et les observateurs s’interrogent désormais sur la durabilité de cette tendance. Certains estiment que la consommation pourrait rebondir si les prix venaient à se stabiliser, tandis que d’autres craignent une persistance des tensions géopolitiques et une nouvelle flambée des cours.
Le gouvernement tente de rassurer, mais les craintes persistent
Face à cette situation, le gouvernement français a cherché à rassurer la population et les professionnels. Dans un communiqué, il a affirmé que les distributeurs de carburants n’avaient pas réalisé de « marges abusives », malgré la hausse des prix. Cette déclaration vise à éviter une crise de confiance envers les stations-service, déjà sous le feu des critiques depuis plusieurs semaines.
Le secteur aérien, lui, reste sous haute tension. Les compagnies aériennes s’inquiètent de l’approvisionnement en kérosène, dont les prix suivent également la tendance haussière. Le gouvernement a indiqué travailler à sécuriser les approvisionnements, sans fournir de détails sur les mesures envisagées. « Nous suivons la situation de près et agissons pour garantir la continuité des approvisionnements », a déclaré un responsable du ministère de la Transition écologique.
« La flambée des prix à la pompe ne se dément pas depuis le début du conflit, et les infrastructures énergétiques de la région restent sous pression. »
Un contexte géopolitique toujours tendu
Le conflit au Moyen-Orient, qui a débuté fin février 2026, reste au cœur de la crise énergétique actuelle. Les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont provoqué une réaction en chaîne, avec des représailles et des perturbations majeures dans la région. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, est particulièrement exposé aux tensions. Plusieurs attaques récentes ont visé des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, aggravant les craintes d’un arrêt total des exportations.
Les pays européens, dont la France, sont directement touchés par cette situation. L’Union européenne, qui dépend à plus de 40 % du pétrole et du gaz en provenance du Moyen-Orient, tente de diversifier ses approvisionnements. Mais la tâche s’annonce complexe, dans un contexte où les stocks stratégiques sont déjà sollicités et où les alternatives (comme le gaz de schiste américain) peinent à compenser la baisse des livraisons.
Reste à savoir si cette baisse de la consommation se confirmera dans les mois à venir, ou si elle ne constitue qu’un contrecoup temporaire face à des prix devenus inaccessibles pour une partie de la population.
La hausse des prix s’explique principalement par le blocage d’une grande partie des exportations de pétrole brut des pays du Golfe, en raison de la paralysie du détroit d’Ormuz et des frappes sur les infrastructures énergétiques. Cette situation a réduit l’offre disponible sur le marché mondial, faisant mécaniquement monter les cours. Les tensions géopolitiques et les risques d’escalade ont également alimenté la spéculation sur les marchés.
Le gouvernement a déjà mis en place des mécanismes pour limiter l’impact de la hausse des prix sur les ménages et les entreprises, comme le bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz. Pour les carburants, il a indiqué suivre la situation de près et a demandé aux distributeurs de ne pas pratiquer de marges abusives. Une baisse des taxes pourrait aussi être envisagée, mais aucune décision n’a encore été annoncée. Les associations de consommateurs réclament des mesures plus fortes.